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Maladies fongiques des crucifères cultivées
Table des matières
IntroductionIl est essentiel de combattre les maladies si l'on veut produire des crucifères (chou, chou-fleur, canola, rutabaga et autres) de qualité pour le marché frais, la transformation ou l'entreposage, tout en obtenant de bons rendements. En Ontario, on retrouve chez les crucifères des maladies causées par les virus, les bactéries et les champignons, ainsi que des désordres physiologiques. Cette fiche technique traite de la biologie, du diagnostic et de la lutte contre les maladies des crucifères causées par des champignons. | Haut de la page | Fonte des semis et tige noireLa fonte des semis affecte les plantules de crucifères produites en caissettes, en planche de semis ou au champ. Habituellement, la fonte des semis est causée par des champignons du sol, tels que Pythium et Rhizoctonia, qui attaquent les semences et les plantules. En cas d'infection, il peut y avoir pourriture de la semence avant la levée ou affaissement de la plantule quelques jours après. Sur les plantules plus âgées attaquées par Rhizoctonia, il se produit un resserrement de la partie inférieure de la tige qui brunit près de la surface du sol; ce symptôme est appelé tige noire (figure 1). Les jeunes plantes ainsi affectées peuvent mourir lorsqu'elles sont soumises à un stress, s'affaisser par vent fort ou produire un légume rabougri, non commercialisable. | Haut de la page | Lutte contre la maladie
| Haut de la page | Jambe noireLa jambe noire, occasionnée par le champignon Phoma lingam (Leptosphaeria maculans), est un problème sérieux des crucifères cultivées. Le champignon se propage à partir des semences infestées, d'adventices ou mauvaises herbes de la famille des crucifères et des déchets de culture des crucifères enfouis ou jonchant le sol. Ce champignon tue souvent les plantules ou produit à la base des tiges des chancres noirs et creux qui freinent la croissance des plants ayant survécu (figure 2). Des taches circulaires jaunes à brunes, au centre gris, apparaissent sur les feuilles. La présence de petits nodules noirs (pycnides) sur les chancres ou les taches foliaires est caractéristique à la jambe noire (figure 3). Ces nodules noirs contiennent des millions de spores du champignon de la jambe noire; ces derniers s'échappent et sont disséminés par temps humide. Les moyens de lutte contre la jambe noire, semblables à ceux de la nervation noire, comprennent le traitement des semences à l'eau chaude ou avec des fongicides, et la suspension des travaux dans les champs infectés lorsque le feuillage est mouillé. Cependant, si le problème de jambe noire est grave, on recommande la rotation avec une culture autre que des crucifères et la lutte totale contre les hôtes adventices de la famille des crucifères durant une période de quatre ans. Du fait que la maladie progresse rapidement en conditions humides, il est important de planter les crucifères dans des sols bien drainés qui s'assèchent sans tarder. Figure 1. Tige noire sur un jeune plant de chou rouge. Noter la tige resserrée et effilée à la base, semblable à un fil de fer (flèche blanche; grandeur nature). Figure 2. Plages nécrotiques de Phoma (jambe noire) sur tiges de chou pommé. Noter la ressemblance avec la tige noire (flèche blanche; 0,3 x grandeur réelle). Figure 3. Pycnides (nodules noirs) de Phoma sur une feuille de chou pommé (3 x grandeur réelle). | Haut de la page | HernieLa hernie, causée par Plasmodiophora brassicae, est une maladie du sol très dommageable qui affecte à peu près toutes les crucifères cultivées, ainsi que la plupart des mauvaises herbes et des plantes sauvages de cette famille. Le champignon pénètre par les poils absorbants et les blessures des racines; il se multiplie très vite, provoquant la formation d'excroissances anormales sur la partie souterraine de la tige, de la racine pivotante ou des racines secondaires (figures 4 et 5). Ces racines se décomposent souvent avant que la culture ne parvienne à maturité et libèrent de nombreuses spores dormantes capables de survivre jusqu'à dix ans dans le sol en l'absence de plantes-hôtes.
Figure 4. Hernie du chou (0,6 x grandeur réelle).
Figure 5. Hernie du rutabaga (0,4 x grandeur réelle). L'évolution de l'infection et de la maladie est favorisée par les sols froids et humides, de nature acide ou neutre, et la propagation se fait par la terre, l'eau, le fumier ou le matériel contaminés. Cependant, la hernie peut apparaître dans les sols alcalins, lorsque leurs taux d'inoculum sont élevés, que leur humidité est supérieure à 70 % de la capacité au champ et que leur température se situe entre 17 et 23 oC. En raison du nombre de races ou souches du champignon de la hernie, les crucifères améliorées pour la résistance donnent souvent des résultats variables selon le milieu de culture. Comme le champignon persiste longtemps dans le sol, il est difficile à déjouer par la rotation culturale. L'emploi de sols bien drainés, suffisamment réchauffés et exempts d'adventices-hôtes de la même famille, le détrempage du sol avec des fongicides et l'épandage de chaux constituent globalement la meilleure méthode de lutte. L'apport de chaux est toutefois la plus efficace de ces pratiques, puisqu'elle permet d'élever à 7,2 ou plus le pH du sol. Il faut au moins un an pour modifier le pH avec de la chaux vive agricole. On obtient des résultats plus rapides en épandant au moins 1700 kg ou plus de chaux hydratée par hectare au moins six semaines avant la transplantation quel que soit le pH du sol. Toutefois, la chaux hydratée ne modifie le pH du sol que de façon provisoire, tandis que la chaux agricole agit durant plusieurs années. Il importe cependant de disposer les planches de semis sur un emplacement exempt de hernie pour la production de plants à l'extérieur. Ne pas ajouter de chaux hydratée sur la planche de semis, car cela pourrait masquer la présence du champignon; ce dernier s'introduirait au champ, lors du repiquage, et entraînerait des infections subséquentes si le pH du sol le permettait. Au moment de la transplantation, rejeter tous les plants d'un lot dès que la hernie est détectée sur un plant. Les autres plants pourraient être infectés sans que les symptômes n'aient encore apparus; ils risqueraient d'infecter le reste du champ après la transplantation. | Haut de la page | Jaunisse fusarienneLes symptômes de la jaunisse fusarienne, maladie causée par le champignon Fusarium oxysporum f. sp. conglutinans, ressemblent à ceux de la nervation noire. Les plantes affectées sont rabougries, déséquilibrées et jaunies; elles perdent la majorité de leurs feuilles inférieures et présentent des nervures et des vaisseaux dont la couleur va du brun au noir (figures 6 et 7). Toutefois, la jaunisse se distingue par le dépérissement des feuilles, depuis le pétiole ou de la nervure centrale vers l'extérieur, par l'enroulement latéral des feuilles, par la couleur violacée possible de la bordure des feuilles et par le fait que les zones de coloration foncée n'affectent pas le système vasculaire. La jaunisse fusarienne est une maladie de temps chaud; on la retrouve donc rarement dans les cultures hâtives de crucifères. Figure 6. Plant et feuille de chou atteints de jaunisse fusarienne. Noter le plant rabougri et déséquilibré, l'absence des feuilles inférieures, les nervures brunies, la feuille jaunie, et la courbure du pétiole et de la nervure centrale (0,2 x grandeur réelle).
Figure 7. Section d'un champ du chou atteinte de jaunisse fusarienne. Noter les plantes jaunies au centre et à droite de la photo, et les plantes saines en bordure.
En raison de sa persistance dans le sol, ce champignon est très difficile à combattre par la rotation des cultures ou par d'autres méthodes. Une résistance monogénique dominante a été introduite chez plusieurs variétés de choux et chez quelques variétés de radis et choux de Bruxelles, mais on ne trouve pas de chou-fleur ou de brocoli résistant sur le marché. De nombreux cultivars résistants à la jaunisse fusarienne sont mentionnés dans la publication 363F du MAAO, Recommandations pour les cultures légumières.(commander cette publication) | Haut de la page | Pourriture sclérotiqueCette maladie, aussi connue sous le nom sclérotiniose, est causée par le champignon Sclerotinia sclerotiorum. Ce champignon attaque non seulement les crucifères, mais aussi de nombreuses autres cultures, au champ ou en entrepôt. Les plantes peuvent être infectées du stade plantule jusqu'à la maturité, par des spores transportées par le vent ou par contact avec des filaments du champignon issus de nodules durs et noirs appelés sclérotes. Des lésions vraisemblablement imbibées d'eau peuvent apparaître n'importe où sur la plante, mais plus particulièrement sur les feuilles voisines du sol, sur la pomme ou sur les bouquets. Souvent, au champ comme en entrepôt, le tissu affecté prend une teinte grise et produit, dans des conditions humides un duvet blanc cotonneux qui, à la longue, devient parsemé de sclérotes noirs (figures 8 et 9). Dans les champs de canola, surtout dans ceux densément peuplés, on note dès la floraison l'apparition de taches d'un gris pâle délavé, la pourriture de la tige, le rabougrissement et la mort prématurée des plantes.
Figure 8. Pourriture sclérotique sur un chou de Milan. Noter la couleur grise du tissu foliaire desséché (0,3 x grandeur réelle).
Figure 9. Sclérotes de Sclerotinia enchâssés dans la moisissure blanche duveteuse et dans le feuille en décomposition (flèches blanches; grandeur nature).
De brèves rotations ne constituent pas une méthode efficace de lutte car les sclérotes persistent dans le sol et le choix de cultures résistantes est restreint. Il faut une rotation d'au moins trois ans, constituée de cultures ne pouvant servir d'hôtes (céréales, maïs, graminées, oignons) pour réduire les risques de dommage par ce champignon. Ne pas planter de canola à proximité d'un champ de canola, de haricots, de pois, de soya, de tournesol ou d'autres cultures, où l'on a déjà signalé la pourriture sclérotique. Il faut utiliser des semences exemptes de petits sclérotes, que seul un trieur à rampe en spirale peut séparer des graines contaminées. | Haut de la page | MildiouLe mildiou, causé par Peronospora parasitica, peut entraîner de graves maladies foliaires chez toutes les crucifères cultivées. Les hôtes sensibles comprennent le canola, le chou pommé, le brocoli, le chou de Bruxelles, le chou frisé, le chou-fleur, le rutabaga, le radis, le raifort, le chou chinois, les moutardes, certaines plantes ornementales, telles que certaines giroflées et l'aubriétie, et enfin plusieurs mauvaises herbes de la famille des crucifères. Cependant, il y a plusieurs variétés pathogéniques (races physiologiques) du champignon; chacune de ces variétés attaque différents groupes, mais non la totalité, des crucifères mentionnées ci-dessus. Le champignon du mildiou hiverne surtout dans les résidus de culture, sur les crucifères adventices et parfois sur les semences. Ses attaques se font tôt au printemps, à la fin de l'été et à l'automne, quand le temps est frais et humide. De petites taches jaune brun (figure 10), qui apparaissent d'abord sur les feuilles inférieures, s'étendent ensuite et finissent par être marbrées d'un grand nombre de points noir grisâtre disposés en dentelle (figure 11). Un duvet blanc bleuâtre apparaît à l'endos des taches par temps humide (figure 12). Il y a sporulation abondante et propagation rapide de la maladie à une humidité relative supérieure à 98 %, lorsque les feuilles sont mouillées, et à une température située entre 8 et 16 oC. Le mildiou s'aggrave en quelques jours à peine sous ces conditions, surtout quand les plantes restent mouillées jusqu'au milieu de la matinée. Chez le chou-fleur et le brocoli, les symptômes possibles sont des plages grisâtres ou brun pâle sur la pomme ou les bouquets (pousses florales) ou des taches et des stries grises à noires sur les tiges, sous les pousses florales. En entrepôt, les choux pommés peuvent être envahis par des lésions noir grisâtre et montrer une prédisposition aux agents responsables de pourritures secondaires.
Il existe certaines variétés de brocoli et de canola résistantes au mildiou. Les méthodes de lutte recommandées sont : l'arrosage fréquent des cultures légumières avec un fongicide, le traitement des semences, la rotation culturale et l'élimination des moutardes ou autres crucifères adventices. En outre, à moins que tous les résidus de cultures malades ne soient enfouis rapidement après la récolte, le mildiou (et d'autres maladies) continueront de se répandre dans les champs de crucifères avoisinants par l'entremise des spores transportées par le vent. Par ailleurs, on doit détruire les repousses accidentelles de culture comme celles du rutabaga, car elles peuvent abriter et propager le mildiou et d'autres maladies année après année. | Haut de la page | Tache grise ou noireContrairement au mildiou, les taches grises et noires, causées respectivement par Alternaria brassicae et Alternaria brassicicola, se manifestent habituellement par temps chaud et humide. Des taches brun jaune faites d'anneaux concentriques apparaissent alors sur les feuilles extérieures de cultures (figure 13), en même temps que se forment des taches enfoncées et brun foncé sur les pommes du chou de Bruxelles (figure 14) et sur les inflorescences du brocoli et du chou-fleur (figure 15). Ces lésions renferment beaucoup de spores qui seront disséminées par le vent, la pluie, le matériel et les travailleurs agricoles. Les spores requièrent au moins neuf heures d'humidité pour germer et infecter la plante. Les parties sénescentes (plus vieilles) de la plante sont plus sensibles à l'infection.
Éviter d'irriguer par aspersion durant le développement de la tête, éliminer les crucifères adventices et pratiquer de longues rotations avec des cultures autres que les crucifères. Le champignon persiste sur les résidus de culture, les crucifères indigènes et, sur ou dans la semence. Le traitement de la semence à l'eau chaude élimine à la fois l'infection interne et l'infestation externe, alors que le traitement avec un fongicide ne supprime que les spores situées à la surface des semences. Il faut répéter régulièrement le traitement aux fongicides, de l'été jusqu'à la récolte, surtout si le temps pluvieux se prolonge. | Haut de la page | Lutte contre les maladies des crucifèresDans l'ensemble, le programme de lutte contre les maladies des crucifères comprend les mesures suivantes : A) Production de plants ou semis direct :
B) De plus, transplanter ou semer directement dans des champs :
C) Lors de l'achat des plants, prévoir les clauses suivantes au contrat :
L'emploi judicieux des méthodes mentionnées plus haut permettra de réduire au minimum le risque de maladie dans les cultures de crucifères. Nous remercions le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de la présente fiche technique. | Haut de la page | Pour plus de renseignements : Sans frais : 1 877 424-1300 Local : 519 826-4047 Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca |
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