Comptage des cellules somatiques : Interprétation individuelle pour les vaches


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 410/662
Date de publication : 03/85
Commande no. 85-087
Dernière révision :

08/2012

 

Situation : Fiche technique originale
Rédacteur : K.E. Leslie - Collège de médecine vétérinaire/Université de Guelph

Table des matières

  1. Introduction
  2. Facteurs influencant les comptages des cellules somatiques
  3. Interprétation des CCS individuels des vaches
  4. Utilisations du CCS de chaque vache pour les décisions en matière de régie

Introduction

Le Service du comptage des cellules somatiques de la Corporation ontarienne pour l'amélioration des troupeaux laitiers (ODHIC - Ontario Dairy Herd Improvement Corporation) existe depuis près de deux ans. Environ 40% de tous les troupeaux inscrits aux DHI et 11% de ceux inscrits au contrôle de performance (ROP) recourent actuellement à ce service. Les comptages des cellules somatiques (CCS) dans les réservoirs à lait sont devenus très largement utilisés pour connaître la qualité du lait, telle qu'elle figure sur le rapport mensuel de la Direction de l'inspection des produits laitiers. Tous les producteurs devraient comprendre les facteurs qui influencent le CCS et savoir comment utiliser le programme de CCS comme instrument de gestion du troupeau.

Le CCS dans les réservoirs à lait, ou les moyennes pour l'ensemble du troupeau des résultats des CCS de chaque vache, constitue un indicateur fiable de l'état de santé des pis. En règle générale, les comptages dans les réservoirs à lait, ou les moyennes de troupeau inférieurs à 200 000, reflètent une excellente santé du pis, tandis que des comptages supérieurs à 500 000 révèlent un problème certain de mammites subcliniques. Le présent feuillet de renseignements a pour but de commenter l'interprétation individuelle des CCS pour les vaches.

Facteurs influencant les comptages des cellules somatiques

Les facteurs qui influencent les CCS sont les suivants :

  1. la mammite (infection du pis),
  2. une blessure à un trayon ou au pis,
  3. le nombre de quartiers atteints de mammite,
  4. l'âge de la vache,
  5. le stade de lactation,
  6. la saison,
  7. le stress,
  8. les variations du CCS d'un jour à l'autre,
  9. les facteurs techniques,
  10. les facteurs de régie.

Les tableaux ci-dessous ont été établis à partir d'un échantillon de résultats réels obtenus dans le cadre du Programme de comptages individuels de cellules somatiques en effectué dans des troupeaux ontariens. Ces sujets ont été choisis pour illustrer les divers facteurs influençant les CCS et pour montrer les interprétations ainsi que l'utilisation qui en ont été faites.

Corporation Ontarienne de l'amélioration des troupeaux laitiers
Rapport sure le comptage des cellules somatiques

Nom:
Monsieur Producteur laitier
R.R. 33
Localité (Ontario)

Vétérinaire:
Service vétérinaire de . . .
C.P. 100
Localité (Ontario)

Numéro du troupeau Numéro du comptage Numéro de l'assoc. Numéro du lot
9999
99
9999
99

 

 

 

Épreuve 1
J/M/A
25/09/81

No. d'inv. de la vache

Numéro ou nom de la vache

CCS

Indice

001

Annie

44,000

4

002

Patty

6,000

1

003

Helen

59,000

6

004

Mamie

2,834,000

283

005

Dawn

294,000

29

006

Toni

464,000

46

007

Belle

30,000

3

008

Beauty

144,000

14

009

Flashie

92,000

9

010

Mary

34,000

3

011

Toots

82,000

8

012

Babs

Sèche

 

013

Victoria

2,834,000

283

014

Sue

1,628,000

163

015

Rosa

1,828,000

183

016

Joan

Sèche

 

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Épreuve 2
J/M/A
19/08/81

No. d'inv. de la vache

Numéro ou nom de la vache

CCS

Indice

001

Annie

41,000

4

002

Patty

11,000

1

003

Helen

693,000

69

004

Mamie

2,608,000

261

005

Dawn

256,000

26

006

Toni

793,000

79

007

Belle

41,000

4

008

Beauty

178,000

18

009

Flashie

Sèche

010

Mary

31,000

3

011

Toots

313,000

31

012

Babs

1,627,000

163

013

Victoria

2,608,000

261

014

Sue

3,843,000

380

015

Rosa

1,742,000

174

016

Joan

1,019,000

102

 

Épreuve 3
J/M/A
15/07/81

No. d'inv. de la vache

Numéro ou nom de la vache

CCS Indice

001

Annie

16,000

2

002

Patty

21,000

2

003

Helen

Sèche

 

004

Mamie

3,500,000

350

005

Dawn

163,000

16

006

Toni

34,000

3

007

Belle

28,000

3

008

Beauty

130,000

13

009

Flashie

Sèche

 

010

Mary

529,000

53

011

Toots

32,000

3

012

Babs

1,317,000

132

013

Victoria

3,500,000

350

014

Sue

712,000

71

015

Rosa

1,516,000

152

016

Joan

1,614,000

161

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Épreuve 4
J/M/A
10/06/81

No. d'inv. de la vache

Numéro ou nom de la vache

CCS

Indice

001

Annie

10,000

1

002

Patty

Sèche

 

003

Helen

Sèche

 

004

Mamie

Sèche

 

005

Dawn

165,000

17

006

Toni

23,000

2

007

Belle

50,000

5

008

Beauty

289,000

29

009

Flashie

279,000

28

010

Mary

Sèche

 

011

Toots

53,000

5

012

Babs

630,000

63

013

Victoria

2,509,000

251

014

Sue

1,360,000

136

015

Rosa

Sèche

 

016

Joan

790,000

79

 

Épreuve 5
J/M/A
08/05/81

No. d'inv. de la vache

Numéro ou nom de la vache

CCS

Indice

001

Annie

20,000

2

002

Patty

Sèche

 

003

Helen

72,000

7

004

Mamie

Sèche

 

005

Dawn

329,000

33

006

Toni

31,000

3

007

Belle

2,611,000

261

008

Beauty

4,520,000

452

009

Flashie

127,000

13

010

Mary

Sèche

 

011

Toots

47,000

5

012

Babs

391,000

39

013

Victoria

1,299,000

130

014

Sue

382,000

38

015

Rosa

Sèche

 

016

Joan

1,542,000

154

Figure 1a. Exemple du rapport mensuel sur le comptage des cellules somatiques envoyé aux producteurs de la Corporation ontarienne de l'amélioration des troupeaux laitiers ODHIC (Se reporter au texte pour l'interprétation des résultats.)

Corporation Ontarienne de l'amélioration des troupeaux laitiers
Rapport sure le comptage des cellules somatiques

Nom:
Monsieur Producteur laitier
R.R. 33
Localité (Ontario)

Vétérinaire:
Service vétérinaire de . . .
C.P. 100
Localité (Ontario)

Numéro du troupeau Numéro du comptage Numéro de l'assoc. Numéro du lot
9999 99 9999 99

 

 

 

Épreuve 6
J/M/A
08/04/81

 

Moyenne pendant la lactation

Moyenne cumulative
CCS Indice CCS Indice CCS Indice
14,000 1 25,896 3 25,896 3
74,000 7 12,646 1 18,865 2
64,000 6 596,230 60 224,451 22
143,000 14 2,908,360 291 721,382 72
279,000 28 222,883 22 178,929 18
Sèche   528,212 53 374,463 35
48,000 5 768,139 77 768,139 77
123,000 12 1,029,803 103 189,902 19
149,000 15 92,000 9 128,996 13
101,000 10 97,280 10 71,058 7
Sèche   105,804 11 99,634 10
52,000 5     535,115 54
Sèche   2,489,169 249 1,563,911 156
Sèche   1,692,000 107 438,000 44
1,814,000 181 1,667,000 167 1,782,099

178

848,000 85 753,911 75 328,191 33

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Récapitulatif du troupeau:

Épreuve
J/M/A
Comptage des cellules Indice de mammite % du troupeau dépassant l'indice 50
1. 25/09/81 914,000 91 38%
2. 19/08/81 408,017 41 13%
3. 15/07/81 413,212 41 25%
4. 10/06/81 399,247 40 33%
5. 08/05/81 322,987 32 40%
6. 08/04/81 319,233 32 14%

Figure 1b. Exemple du rapport mensuel sur le comptage des cellules somatiques envoyé aux producteurs de la Corporation ontarienne de l'amélioration des troupeaux laitiers ODHIC (Se reporter au texte pour l'interprétation des résultats.)

1. La mammite

Le plus important facteur influençant le CCS d'une vache est le degré d'infection de son pis. On est, en général, d'accord sur le fait que des valeurs inférieures à 100 000 cellules/mL indiquent des vaches saines et, que des chiffres supérieurs à 300 000 indiquent des vaches contaminées par d'importants agents pathogènes comme Staph. aureus ou Strep. agalactiae. Les vaches dont les CCS se situent entre ces valeurs sont peut-être guéries d'une infection, ont peut-être subi une blessure ou peuvent être contaminées par un organisme moins important tel que C. bovis.

Le figure 1 présente des exemples. Les cinq premières vaches représentent des états de santé du pis potentiellement différents comme le montre le comptage des cellules somatiques. Le sujet 001 présente des CCS faibles chaque mois, ainsi que pour la moyenne de la lactation, et il n'était donc pas contaminé pendant la première lactation. Le sujet 002 présente des comptages faibles pour chaque mois, pour la moyenne de la lactation et pour l'ensemble de sa vie, il n'était pas contaminé pendant toute la première lactation ainsi qu'après le deuxième vêlage. Le sujet 003 présente un comptage faible pendant la première lactation et n'a pas été traité en période de tarissement. Elle a vêlé avec une mammite subclinique dans un quartier, et une culture a permis de découvrir une infection par Streptococcus agalactiae; le traitement a réussi, et elle est revenue à un comptage faible. Le sujet 004 n'a pas été traité en période de tarissement, a vêlé avec une mammite clinique dans deux quartiers, et une culture a montré une infection due à Staphylococcus aureus; elle n'a pas réagi au traitement et a conservé un comptage élevé des cellules somatiques. Le sujet 005 a eu un comptage moyennement élevé pendant toute la lactation en raison d'une infection persistante du canal du trayon causée par C. bovis.

2. Une blessure à un trayon ou au pis

Les cellules somatiques sont composées principalement de leucocytes (globules blancs) qui sont présents dans le pis à la suite d'une infection et pour réparer les tissus endommagés. Les cellules somatiques comprennent également des cellules épithéliales qui constituent le revêtement intérieur du tissu de la glande mammaire, lesquelles, sont normalement remplacées pendant la lactation. Lorsque le pis ou un trayon est gravement blessé, on assiste à une augmentation considérable du CCS. Une partie de l'augmentation est due à une réaction contre la présence accrue de mammite qui accompagne la blessure. Le sujet 006 représente une vache ayant une blessure stable du pis. Les CCS sont revenus à la normale sans traitement aux antibiotiques.

3. Le nombre de quartiers atteints de mammite

La dilution du lait contenant beaucoup de cellules somatiques et provenant des quartiers contaminés avec du lait contenant peu de cellules somatiques et provenant des quartiers non contaminés constitue un facteur important à prendre en considération lors de l'interprétation des CCS d'une vache. Le sujet 003 a un quartier contaminé et une forte production laitière, alors que le sujet 004 a deux quartiers contaminés et une faible production laitière et donc un comptage plus élevé des cellules somatiques.

4. L'âge

On a trouvé des CCS plus élevés dans le lait produit par les vaches les plus vieilles. Ceci est due surtout à une augmentation de l'incidence de mammite avec l'âge. Il peut également s'agir du résultat d'une réaction plus forte au niveau cellulaire contre une infection ou à une plus grande étendue des lésions permanentes du pis faisant suite à une infection chez les vaches âgées. Par exemple, regardons deux vaches du même troupeau contaminées par Strep. ag. et traitées au cours du même mois. La vache 007, génisse en première lactation, présente un CCS élevé et une bonne réaction après le traitement de l'infection. La vache 008, sujet en quatrième lactation avec un CCS très élevé, présente une réduction plus lente du comptage des cellules somatiques après le traitement.

5. Le stade de lactation

Les comptages des cellules somatiques sont élevés immédiatement après le vêlage et le demeurent pendant une période allant jusqu'à deux semaines. Il faut interpréter avec prudence les augmentations des CCS au début de la lactation avant d'y voir une preuve évidente de mammite. Les comptages chez les vaches en fin de lactation, sont plus élevés que la moyenne pendant la lactation mais cette situation est imputable à des cas plus nombreux d'infection subclinique à la fin de cette période. Lorsque les vaches ne sont pas contaminées, on ne remarque aucun changement des CCS imputable au stade de lactation ou à la production laitière journalière. Certaines vaches présenteront une augmentation des cellules somatiques en fin de lactation, même sans avoir une mammite, mais cette situation n'apparaît qu'immédiatement avant le tarissement ou qu'après que la production de lait soit tombé au dessous de 4 kg/jour. Par exemple, un échantillon a été prélevé sur la vache 009 trois jours avant d'être tarie, après une longue lactation. Un échantillon a aussi été prélevé chez la vache 010 sept jours après le vêlage. Celle-ci donnait un lait teinté de sang et présentait un oedème considérable au pis. Les augmentations modérées des CCS de ces vaches n'ont aucune signification.

6. La saison

Après la première année complète du Programme de comptage des cellules somatiques de l'ODHIC, les résultats présentent des variations saisonnières semblables à celles constatées dans les programmes de CCS aux États-Unis. Les comptages sont inférieurs en hiver et supérieurs pendant les mois de juillet et août. Jusqu'à présent, les raisons de ces variations saisonnieres ne sont pas connues et on peut seulement supposer qu'il s'agit des répercussions des changements des conditions de logement et de température sur le degré d'infection.

7. Le stress

En l'absence de mammite, on a constaté que des changements comme l'isolement d'un sujet, le mélange des groupes de vaches ou la présence d'un chien qui poursuit les animaux font augmenter les CCS. Toutefois, on n'a signalé aucune augmentation des CCS en liaison avec les chaleurs.

8. La variation journalière

D'une analyse à l'autre, on peut constater des différences considérables dans les CCS de certaines vaches, même si les échantillons sont prélevés lors de journées consécutives. On émis l'hypothèse qu'il s'agit d'une variation physiologique normale. Toutefois, selon d'autres hypothèses ces fortes augmentations des comptages des cellules somatiques seraient dues au stress ou à des infections causées par des blessures et qui se seraient éliminées avant d'avoir été détectées. Quelles que soient les raisons de ces variations, il est bon d'étudier au moins les cinq derniers comptages et la moyenne de la lactation pour interpréter les chiffres relatifs à une vache donnée. Certains vétérinaires demandent à leurs clients de tracer un graphique montrant les résultats des CCS d'une vache péndant toute la lactation avant de prendre d'importantes décisions en matière de régie. La vache 011, en troisième lactation, avait toujours des CCS faibles et ne présentait aucun problème de santé du pis. Toutefois, lors d'une analyse, son CCS a connu une augmentation modérée. Les cultures et les tests de sensibilité ont été négatifs au point de vue croissance des organismes provoquant la mammite, si bien que l'on a attribué l'augmentation du CCS à une variation normale. Aucun traitement n'a été prescrit et les comptages normaux sont réapparus.

9. Les facteurs techniques

Les méthodes de transport, d'entreposage et de comptage électronique de l'échantillon de lait peuvent tous avoir une influence sur les valeurs finales. En Ontario, les divers laboratoires utilisent des appareils d'analyse légèrement différents, et peuvent donc trouver des valeurs différentes pour le même échantillon de lait, surtout lorsque les comptages sont très faibles. Toutefois, ces différences mineures ont relativement peu d'importance tant que la manutention et le traitement des échantillons soient uniformes.

10. Les facteurs de gestion

Les méthodes de lutte contre la mammite, comme les bains de trayons, le traitement des vaches taries, l'entretien du matériel de traite et l'utilisation de serviettes en papier individuelles se sont tous avérées utiles pour faire baisser les CCS. Il s'agit d'effets secondaires qui se manifestent par l'élimination de cas existants de mammite et par la prévention de nouvelles infections du pis.

Interprétation des CCS individuels des vaches

Le programme d'interprétation des CCS individuels des vaches a pour but de déceler celles qui sont atteintes de mammite subclinique et de le faire avec une précision raisonnable, même quand un seul quartier est contaminé. Quel que soit le seuil utilisé pour classer une vache comme ayant une réaction positive ou négative à la mammite, certaines seront toujours mal classées. Il importe de se rappeler que le CCS donne plus d'indications sur l'état général de santé du pis que sur la simple présence ou absence de mammite.

Les vaches qui n'ont pas de mammite devraient avoir des CCS inférieurs à 100 000. Les vaches contaminées par des organismes peu importants ont des comptages situés entre 100 000 et 300 000 cellules/ mL. Les vaches ayant un CCS supérieur à 300 000 sont très probablement contaminées. Toutefois, la plupart des experts sont d'accord sur le fait que le seuil approprié pour séparer les vaches contaminées des autres se situerait aux environs de 200 000 cellules/mL. Du moment que l'on a tenu compte, du stade de lactation, de l'âge, de la saison et des comptages successifs, il semble qu'un niveau de 200 000 cellules/mL donnera un taux de succès raisonnable au point de vue classification par rapport à la présence ou non de mammite.

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Utilisations du CCS de chaque vache pour les décisions en matière de régie

Plusieurs décisions de gestion peuvent être influencées par l'interprétation du CCS de chaque vache. Tous les facteurs influencant les CCS et énumérés précédemment, devraient être pris en considération dans ces décisions. Si ces décisions sont prises avec sagesse, on réalisera des améliorations considérables au point de vue lutte contre la mammite dans le troupeau et rentabilité de la production laitière. Votre vétérinaire peut vous aider à prendre ces décisions dans le cadre du programme d'amélioration de la santé des troupeaux. Avec votre autorisation, le rapport des CCS de l'ODHIC peut être envoyé directement à votre vétérinaire.

1. Culture de lait et test de sensibilité

Les CCS de chaque vache fournissent une base permettant de décider s'il faudrait prélever des échantillons de lait et en faire des cultures pour déceler la présence d'organismes provoquant la mammite. Il est recommandé d'envisager une culture de lait et des tests de sensibilité pour les vaches ayant un CCS élevé (supérieur à 500 000 cellules/mL). Si les comptages élevés persistent pendant deux tests ou même en l'absence d'une mammite clinique, et si la vache se trouve au début de la lactation, les résultats d'une culture et d'un test de sensibilité peuvent s'avérer très utiles. Toutefois, ceci n'est avantageux que si la culture fournit des renseignements qui aboutront à la guérison de la vache, à une diminution du risque de transmission de l'infection ou à une amélioration de la production. Il faut comparer ces avantages aux coûts encourus pour prélever les échantillons de lait, les envoyer au laboratoire, payer les analyses, les médicaments et le lait rejeté. Le CCS est utile pour choisir les vaches dont le lait fera l'objet d'une culture, laquelle constituera la base d'une décision future.

2. Traitement pendant la lactation

Un programme qui choisirait les vaches en lactation devant subir un traitement uniquement en fonction d'un CCS élevé comporterait plusieurs inconvénients. En effet, si on ne se base que sur le comptage des cellules pour décider si le traitement s'impose, de nombreuses vaches non contaminées risquent d'être traitées. On aurait de nombreuses infections traitées avec des antibiotiques auxquels l'organisme est résistant. Le dosage et la durée du traitement pourraient se révéler inappropriés. Ainsi, le Strep. ag. provoque une importante mammite subclinique avec un CCS élevé et une perte de production. Cet organisme est sensible à la pénicilline, et il est recommandé de traiter ces cas en début de lactation. Des recherches effectuées récemment en Pennsylvanie sur la rentabilité du traitement de la mammite pendant la lactation ont démontré qu'il existe très peu de cas de mammite subclinique dans lesquels, après 120 jours de lactation, un traitement augmenterait la rentabilité de la vache. Ces recherches ont tenu compte de tous les coûts impliqués, de tous les gains possibles et de la probabilité d'une guérison. En résumé, des CCS élevés associés à des cultures de lait et à des épreuves de sensibilité peuvent s'avérer utiles pour déceler les vaches contaminées par Strep. ag., et permettre de pouvoir les traiter en début de lactation. Toutefois, il faudrait étudier avec soin les aspects économiques de cette approche pour d'autres types de mammite et pour les vaches en fin de lactation.

3. Tarissement précoce des vaches

Il ne fait aucun doute que la meilleure méthode d'élimination des infections du pis est le traitement avec un antibiotique approprié à action prolongée au début de la période de tarissement. La plupart des experts suggèrent que dans les conditions actuelles de régie et d'environnement en Ontario un programme de traitement supplémentaire des vaches en période de tarissement est très efficace. Toutefois, si l'on veut pratiquer un traitement sélectif, un succès considérable est assuré si on choisit les vaches à traiter d'après les CCS élevés. Si l'on traite systématiquement en période de tarissement, il existe des situations dans lesquelles des vaches ayant des CCS constamment élevés et une production relativement faible gagneraient à être taries très tôt et traitées. Il existe des preuves qu'un traitement en période de tarissement répété trois semaines après la première thérapie pourrait accroître le taux de succès. La décision de tarir les vaches précocement ou de recourir à des traitements multiples en période de tarissement peut être effectivement fondée sur les CCS. Les bains de trayons pendant 10 jours après la dernière traite et pendant 10 jours avant le vêlage diminueront les risques de nouvelles infections.

4. Réforme des vaches

La décision la plus importante qui peut être influencée par le CCS est la mise à la réforme des vaches. Il faudrait envisager de réformer celles qui présentent constamment des comptages élevés des cellules d'une lactation à l'autre, même si l'on a eu recours à un traitement en période de tarissement et aux bains de trayons. Cette décision peut être renforcée lorsque les résultats d'une culture sont positifs pour des organismes comme Staphylococeus aureus ou Myeoplasma sp. Même sans avoir les résultats d'une telle culture, pour décider de réformer une vache, il faudrait tenir compte d'un CCS élevé d'une lactation à l'autre, ainsi que d'autres renseignements comme les registres de production, le taux de matière grasse, la classification de conformation et son potentiel de vache-souche. Une réforme, décidée d'après le CCS, élimine à la fois un sujet non rentable et une source éventuelle de nouvelles infections

5. Traite

Dans certaines situations de régie, il est possible de modifier les procédures de traite et les mesures d'hygiène appliquées aux vaches à CCS élevé afin de minimiser la prolifération des organismes. Par exemple, on pourrait traire à la fin les vaches présentant une mammite subclinique décelée par un CCS régulièrement élevé, ou bien désinfecter les machines à traire après la traite de ces vaches.

Exemples de décisions

Une prise d'échantillon du lait en vue de faire une culture et des tests de sensibilité est indiquée pour bon nombre des vaches énumérées au tableau 1: 003, 004, 007, 008, 012, 013, 014, 015, et 016.

Pour les sujets 003, 007 et 008, l'isolement de Strep. agalactiae au début de la lactation laisse penser qu'un traitement provoquera une bonne guérison et sera rentable. Chez le sujet 004, l'isolement de Staph. aureus laisse penser que le traitement pendant la lactation a peu de chance de réussir. Le sujet 013 présente une mammite clinique grave et un comptage constamment élevé des cellules somatiques; la culture du lait a révélé la présence de Corynebaeterium pyogenes et permet donc un pronostic réservé de guérison. Il faudrait envisager de réformer le sujet. Un comptage élevé des cellules somatiques en fin de lactation chez le sujet 012 révèle une mammite subclinique. La meilleure méthode consiste à pratiquer un traitement approprié en période de tarissement. Le sujet 014 a été traité en se basant sur un comptage élevé des cellules somatiques et on a obtenu une légère diminution du comptage. La vache a eu une rechute, et on n'a constaté aucune modification importante du comptage. Le sujet 015 donnait un comptage toujours élevé des cellules somatiques d'une lactation à l'autre, même en utilisant de bonnes méthodes de lutte contre la mammite du troupeau. Cette vache est assurément bonne pour la réforme. Le sujet 016 pourrait être candidat à un tarissement précoce ou à des traitements répétés en période de tarissement.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca