L'alimentation des génisses laitières et des veaux d'élevage au lait entier et au lait écrémé


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 411/50
Date de publication : 10/87
Commande no. 87-084
Dernière révision : 10/87
Situation : Nouvelle
Rédacteur : Tom Droppo - spécialiste en production laitière/MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Les génisses laitières
  3. Les veaux d'élevage

Introduction

On retrouve au tableau 1 la composition nutritionnelle du lait entier et du lait écrémé liquide provenant de la race Holstein. Comparativement au lait écrémé, le lait entier a une concentration inférieure en protéines, en lactose et en minéraux mais beaucoup plus élevée en matières grasses, en unités nutritives totales (UNT) et, en vitamines A et E. La teneur énergétique du lait entier est de 39 % plus élevée que celle du lait écrémé (% d'UNT sur une base de MS) principalement à cause de la haute densité énergétique du gras qu'il contient. Cette différence devient encore plus importante avec des races ayant un taux de gras plus élevé telles la Guernsey (4,8 %) et la Jersey (5,2 %). Dans le cas des Jersey par exemple, le lait entier peut contenir jusqu'à 55 % plus d'énergie que son équivalent en lait écrémé. Étant donné que les vitamines A et E sont des composés liposolubles, il va sans dire que le gras du lait en est une bonne source. C'est pour cette raison, qu'on retrouve des quantités plus grandes de vitamines A et E dans le lait entier que dans le lait écrémé. Ces deux sortes de lait sont riches en riboflavine et sont de bonnes sources de vitamine B12 et d'autres vitamines du complexe B. Par contre, ils sont faibles en magnésium, en fer, en sélénium et en vitamine D. Cependant, cette dernière est de moindre importance lorsque le veau est exposé aux rayons directs du soleil.

Tableau 1. Composition du lait entier et du lait écrémé liquide.
 
Matière
sèche
(MS) %
Unités
nutritives
totales
(UNT) %
Protéines
brutes
totales
(PB) %
Gras %
Calcium
(Ca) %
Phosphore
(P) %
Magnésium
(Mg) %
Potassium
(K) %
Fer
(Fe)PPM
Lait entier (tel quel)
12,8
16,3
3,23
3,75
0,12
0,10
0,01
0,15
<1
Lait entier (MS)
100
127,3
25,2
29,3
0,94
0,78
0,08
1,16
<10
Lait écrémé (tel quel)
9,5
8,7
3,3
0,1
0,13
0,10
0,01
0,16
<1
Lait écrémé (MS)
100
91,6
37,9
1,1
1,37
1,05
0,12
1,72
<11

Le manque de quotas, l'augmentation des revenus provenant de la vente de lait et une plus grande disponibilité des substituts de lait de qualité supérieure sont toutes de bonnes raisons pour inciter les producteurs à s'arrêter sur l'aspect économique ainsi qu'aux dernières recommandations quant à l'alimentation des génisses et des veaux d'élevage avec du lait entier et/ou du lait écrémé ou des substituts lactés. Quand devrait-on sevrer les génisses laitières? Quelles seront les conséquences sur les coûts totaux d'alimentation? À quel âge le lait écrémé peut-il remplacer le lait entier? Devrait-on supplémenter la ration lorsqu'on alimente au lait écrémé et si c'est le cas, de combien? Comment ajuster le programme alimentaire d'un veau de grain lorsque la ration dont il est nourri jusqu'au poids d'abattage est constituée de grain sec et d'un supplément lacté (lait entier et/ou écrémé). Ce sont quelques questions auxquelles tentera de répondre la présente fiche technique.

La quantité de lait à servir au veau dépend de son poids corporel, de son environnement immédiat et de l'usage auquel on le destine. Un objectif de base lorsqu'on élève des génisses laitières est de leur assurer un bon départ dès la naissance. Ceci est possible en leur donnant une ration hautement digestible, ayant une haute teneur en protéines et en énergie comme le lait entier ou un substitut lacté à haute teneur en matières grasses. Le sevrage se fait aussitôt que possible, avec un aliment de démarrage à texture grossière et au goût agréable. Le sevrage précoce a l'avantage de réduire les coûts d'alimentation et de main-d'oeuvre ainsi que d'abaisser les risques de diarrhée nutritionnelle. Le but ultime dans l'engraissement des veaux est d'obtenir le meilleur gain moyen quotidien (GMQ) possible et ce, jusqu'au degré de finition et au poids d'abattage requis. On s'assure ainsi du meilleur revenu par veau possible, au coût le plus bas.

Les veaux logés dans un environnement froid, à des températures sous zéro, peuvent souffrir de déficiences en énergie et d'un manque d'alimentation liquide. Les troubles suivants peuvent alors se produire : déshydratation, émaciation, diarrhée et mortalité. On peut prévenir cette situation en augmentant la consommation quotidienne de liquide, d'au moins 25 % par rapport au niveau normal. L'ingestion totale de liquide devrait représenter 10-15 % du poids corporel, selon la température environnante. Le lait entier peut être servi à ces niveaux sans aucune dilution. Il est également préférable de servir ces diètes liquides à la température corporelle (38,5 oC). Le fait d'alimenter 3 fois par jour peut diminuer le stress imposé au système digestif par une grande consommation de liquide. La suralimentation ou l'alimentation irrégulière avec du lait entier ou du colostrum peuvent entraîner la diarrhée et devraient être évitées.

Si les veaux sont logés dans un environnement froid et sont nourris à partir de la naissance avec du lait écrémé en remplacement au lait entier, ils accuseront un faible taux de croissance, seront maigres, deviendront émaciés et pourront même en mourir. La même chose peut se produire, si ces veaux reçoivent du lait écrémé après une alimentation au lait entier durant les 3-4 premières semaines de leur vie. Ces symptômes sont dus à la basse teneur énergétique du lait écrémé comparativement à celle du lait entier (91,6 % versus 127,3 % d'UNT sur une base de matière sèche). Il est donc déconseillé d'alimenter les veaux logés dans un environnement froid avec du lait écrémé; chose qui peut se faire avec succès dans un logement chaud. Il faut cependant s'assurer que la consommation de moulée de démarrage soit suffisante pour combler les besoins énergétiques quotidiens du veau.

Des chercheurs travaillent présentement à la formulation d'un supplément à base de gras animal qui pourrait être facilement mélangé avec du lait écrémé afin d'augmenter sa teneur en énergie.

Génisses laitières

En général, il est recommandé de servir aux jeunes génisses laitières une ration liquide chaude à tous les jours. Cette ration est constituée de lait entier ou de substituts lactés à haute teneur en matière grasse, en quantité correspondant à 8 % de leur poids corporel. Avec des quantités plus élevées, les performances du veau seront légèrement meilleures. Cependant, les risques de désordres digestifs et de diarrhée nutritionnelle s'en trouveront augmentées. Sevrer les veaux le plus tôt possible. Cette pratique a pour effet de réduire les coûts d'alimentation et de main-d'oeuvre tout en stimulant un développement précoce du rumen. Les veaux qui ne sont pas suralimentés vont supplémenter leur ration liquide avec des nutriments provenant d'aliments secs. La clé du sevrage précoce est de limiter la ration liquide afin de stimuler les veaux à consommer de l'aliment solide le plus tôt possible. On atteindra cet objectif en offrant sans restriction, à partir de l'âge d'une semaine, une moulée de démarrage fraîche, de texture grossière et ayant un bon goût. Les veaux en santé et de bonne taille peuvent être sevrés en toute sécurité dès l'âge de 4 semaines pourvu que la régie soit impeccable. En règle générale, le veau est prêt à être sevré lorsque sa consommation quotidienne de moulée de démarrage se situe entre 0,5 et 0,7 kg, pour une durée d'au moins 5 jours consécutifs et qu'il boit de l'eau volontiers. Si le veau ne consomme pas cette quantité à l'âge de 4 semaines, il faut alors attendre qu'il l'atteigne tout en continuant de lui servir une ration liquide. Sur certaines fermes, les veaux peuvent être âgés de 6 à 8 semaines avant d'être sevrés.

Le tableau 2 indique les besoins nutritionnels quotidiens et la prise alimentaire des génisses laitières en croissance. En se basant sur ces données, on présente au tableau 3, un horaire d'alimentation quotidien pour le sevrage des génisses à 4, à 6 ou à 8 semaines. La diète liquide devrait se composer de lait entier ou encore de substitut de lait à haute teneur en matières grasses. Bien que le tableau 3 donne seulement des règles d'alimentation de base, il tente également d'indiquer qu'une consommation de liquide au-delà de 4 semaines d'âge cause un effet dépresseur sur la quantité totale de matière sèche ingérée, y compris la moulée de démarrage. Plus la ration du veau est liquide, moins l'animal consommera des aliments secs.

Traditionnellement, les génisses laitières étaient alimentées uniquement au lait entier de la naissance jusqu'au sevrage. Les veaux nouveau-nés devraient recevoir l kg de colostrum immédiatement après leur naissance (dans les 2 heures) avec des repas additionnels pendant les 24 heures suivantes. Dans quelques fermes où le lait écrémé est disponible, on donne aux veaux du colostrum pendant les 3 premiers jours et du lait entier pour les 4 semaines suivantes, en limitant les quantités quotidiennes à 8 % du poids corporel. Ensuite, on remplace graduellement le lait entier par du lait écrémé avec des quantités équivalentes à 0,5 kg par jour. Ce changement devrait avoir lieu seulement lorsque la consommation quotidienne de moulée de démarrage est suffisante pour compenser la teneur énergétique plus basse du lait écrémé. Les avantages du sevrage hâtif s'appliquent aux méthodes d'alimentation avec du lait écrémé.

Le lait entier et le lait écrémé sont tous deux déficients en magnésium, en fer et en sélénium. Une alimentation prolongée (10 semaines et plus) avec un des deux laits sans supplémentation appropriée peut entraîner des maladies nutritionnelles telles la maladie du muscle blanc, l'anémie et la tétanie d'herbage (hypomagnésiémie). La basse concentration en vitamine E du lait écrémé, en conjonction avec les bas niveaux de sélénium, augmente de beaucoup les risques pour le veau de souffrir de la maladie du muscle blanc. Une assurance peu dispendieuse contre les risques de déficiences en vitamines A, D et E et en sélénium consiste à injecter aux veaux à leur naissance 1 000 000 UI de vitamine A et 150 000 UI de vitamine D et un produit commercial recommandé contenant de la vitamine E et du sélénium (lire les directives avant d'injecter).

Tableau 2. Besoins nutritifs quotidiens des génisses laitières en croissance*
Poids corporel (kg)      
Gain journalier (g)
Aliment MS (kg)
Protéine brute (kg)
UNT (kg)
Minéraux
Vitamines
Ca (g)
P (g)
A (1000 UI)
D (UI)
25
300
0,45
0,11
0,54
6
4
1,1
165
30
350
0,52
0,13
0,63
7
4
1,3
200
40
400
0,62
0,15
0,75
8
5
1,8
280
50
500
0,76
0,18
0,91
9
6
2,1
330
60**
600
1,71
0,25
1,43
12
7
2,5
396
70**
700
1,97
0,30
1,62
15
8
3,0
465

*NRC, 1978 **Calculé à partir des tableaux du NRC, 1978


Tableau 3. Horaire d'alimentation quotidien pour génisses laitières
Âge (sem.)
Poids corporel* (kg)
Quantités d'aliment par jour (lait entier ou substitut de lait à haute teneur en matières grasses et aliment de démarrage) Âge au sevrage (semaines)
4
6
8
Lait (kg)
Moulée démarrage (kg)
Lait (kg)
Moulée démarrage (kg)
Lait (kg)
Moulée démarrage (kg)
1
44
3,5
-
3,5
-
3,5
-
2
44,5
3,7
0,25
3,7
0,25
3,7
0,25
3
51
4,0
0,35
4,0
0,35
4,0
0,35
4
54,5
4,3
0,6
4,3
0,6
4,3
0,6
5
58
-
1,0
4,7
0,7
4,7
0,7
6
62
-
1,4
5,0
0,9
5,0
0,9
7
66
-
1,7
-
1,5
5,3
1,0
8
70
-
2,0
-
1,8
5,6
1,1

*On présume un gain moyen quotidien de 0,5 kg jusqu'à 8 semaines.

Le tableau 4 contient une liste des coûts totaux d'alimentation (liquide et moulée de démarrage) pour différents programmes d'alimentation liquide jusqu'à 2 mois d'âge et selon différents âges de sevrage (4, 6 et 8 semaines). Vérifier les notes au bas du tableau 4 qui expliquent les coûts de même que les hypothèses sur lesquelles sont fondés les calculs. Pour chacun des programmes, on peut réduire au minimum les coûts totaux d'aliment si le sevrage s'effectue à la 4e semaine plutôt qu'à la 6e ou 8e. On a observé pour chaque âge de sevrage étudié qu'il est beaucoup plus coûteux d'alimenter avec le lait produit sous quota ou en surplus qu'avec n'importe quels substituts lactés. La différence absolue dans les coûts totaux d'une alimentation avec du lait entier versus des substituts lactés devient plus grande à mesure que la date de sevrage est retardée. Il semble qu'il y ait un avantage économique à servir du lait entier pendant les 4 premières semaines et ensuite du lait écrémé pour les 4 semaines subséquentes. Par contre, le lait écrémé ne donne pas d'aussi bons résultats en termes de gain moyen quotidien comparativement au lait entier ou aux substituts lactés, qui ont une teneur énergétique plus élevée. En résumé, lorqu'on effectue un sevrage relativement précoce au moyen d'une ration liquide de bonne qualité telle du lait entier, le coût total du programme peut ne pas être

beaucoup plus élevé que dans les cas où l'on pratique un sevrage plus tardif au moyen de substituts.

Veaux d'élevage

Uniquement un petit pourcentage des veaux élevés sur la ferme seront vendus en tant que veau de lait ou veau à chair rosée (160 kg). Les veaux peuvent être allaités au pis ou au seau avec du lait entier, ou encore avec une moulée commerciale de croissance. On peut servir la ration liquide à volonté ou la limiter. Aucun grain ou fourrage n'est servi au veau de lait. La ration du veau à chair rosée peut être supplémentée avec du grain à partir de l'âge d'une semaine. La plupart des veaux vendus en Ontario, le sont en tant que veaux de grain lourds (200 à 225 kg). Du sevrage jusqu'au poids d'abattage, le veau lourd consomme à volonté une ration hautement énergétique, entièrement composée de grains.

Le tableau 5 donne les besoins nutritifs quotidiens et les chiffres sur la prise alimentaire des veaux d'élevage. On retrouve au tableau 6, sept différents programmes d'alimentation liquide. On y voit également les directives alimentaires pour rencontrer les besoins nutritionnels quotidiens du veau de lait, du veau à chair rosée et du veau lourd, et ce jusqu'au poids d'abattage.

Tel que mentionné précédemment, la consommation quotidienne de liquide influencera la consommation de grain. Plus la ration est liquide, et moins la quantité de grain consommée sera importante. C'est ce que le tableau 6 tente de démontrer en donnant les meilleures estimations possibles à ce sujet. Dans chacun des sept programmes d'alimentation, on présume que les veaux sont nourris pour une période de 8 semaines avec un aliment de démarrage appétent et à texture grossière. Ensuite, on introduit graduellement (2 semaines) dans sa diète un aliment composé de maïs-grain entier et un supplément protéique (36 % PB) dans une proportion de 3 pour 1 respectivement. Lorsque les veaux atteignent 115 kg, on change le mélange à 4 parties de maïs pour une partie de supplément. À 180 kg, le mélange est constitué de 5 parties de maïs pour une partie de supplément. Le supplément peut contenir les minéraux et les vitamines adéquats, sinon, un prémélange composé de 2 parties de calcium pour une partie de phosphore peut être incorporé au taux de 10 kg par tonne ou encore offert à libre choix. Les vitamines A, D, E et le sélénium peuvent être injectés au début de la période d'alimentation. Afin de prévenir la météorisation, la fourbure, les abcès sur le foie et les diarrhées nutritionnelles chez les veaux recevant du grain à volonté, environ 0,5 kg de foin par jour peut être donné à chaque veau.

Tableau 4. Coûts totaux d'alimentation (liquide + grain) pour les génisses laitières et les veaux d'élevage selon différents programmes d'alimentation
a) Génisses laitières jusqu'à 8 semaines
 

Coût totaux d'alimentation ($)
Âge au sevrage (semaines)
Programme d'alimentation liquide
4
6
8
Lait entier (sous quota)
54,85
74,40
96,95
Lait entier (en surplus du quota) (au coût de production)
45,50
59,40
75.55
Lait entier (semaines 1-4); Lait écrémé (semaines 5-8)
-
-
47.10
Substitut de lait (20 % protéine, 12 % gras)
36,90
45,20
53,75
Substitut de lait (20 % protéine, 15 % gras)
38,30
47,50
56,90
Aliment de croissance (20 % protéine, 20 % gras)
41,15
52,00
63,10

 

Tableau 4. Coûts totaux d'alimentation (liquide + grain) pour les génisses laitières et les veaux d'élevage selon différents programmes d'alimentation
b) Veaux d'élevage jusqu'au poids d'abattage
Programme d'alimentation liquide
Âge à
l'abattage
(sem.)
Poids à
l'abattage
(kg)
Coût
total des
aliments
($)
Prix du marché vs
seuil de rentabilité
sur le coût total
d'alimentation
($/kg poids corporel)
Moulée de croissance seu.l. (20 % protéine, 20 % gras)
16
160
333,95
2,09
Lait entier seulement (sous quota)
16
160
440,40
2,75
Lait entier seulement (en surplus du quota)
16
160
329,55
2,06
Lait entier (sous quota) jusqu'à la vente + du grain
17
160
418,40
2,62
Lait entier (en surplus du quota) jusqu'à la vente + du grain
17
160
322,40
2,02
Lait entier (sous quota) (8 semaines) + du grain
26
225
254,45
1,13
Lait entier (en surplus du quota) (8 semaines) + du grain
26
225
228,40
1,02
Lait entier (sous quota) (6 semaines) + du grain
27
225
232,40
1,03
Lait entier (en surplus du quota) (6 semaines) + du grain
27
225
215,40
0,96
Lait entier (sous quota) (4 semaines) + du grain
28
225
219,60
0,98
Lait entier (en surplus du quota) (4 semaines) + du grain
28
225
209,70
0,93
Lait entier (4 semaines) puis lait écrémé + du grain
30
225
257,90
1,15

1. Coût/hL du lait de quota industriel (3,6 kg de gras/hL) lait = 34,64 $ (subsides et déductions inclus).

2. Coût/hL du lait en surplus du quota industriel (3,6 kg de gras/hL) lait = 25,92 $ (obtenu d'après la moyenne des coûts directs de production de 104 fermes laitières de l'Ontario, Dairy Farm Summary de 1982).

3. Coût/hL pour le lait écrémé = 5,37 $ (la différence b/n des coûts directs de production pour 1982 et des revenus de ventes de matières grasses/hL de lait (3,6 kg gras/hL) moins les déductions.

4. Les prix moyens de 1983 pour les laits de remplacement et pour les moulées croissance : 32,50 $ pour 20/12, 34,96 $ pour 20/15 et 39,78 pour 20/20.

5. Coûts des grains (au 1er août 1983) :

  • Aliment de démarrage à 20 % de protéine = 14 $/40 kg
  • 3 parties de maïs-grain entier : 1 partie de supplément protéique (36 %) = 244,50 $/tonne
  • 4 parties de maïs-grain entier : 1 partie de supplément protéique (36 %) = 234,60 $/tonne
  • 5 parties de maïs-grain entier : 1 partie de supplément protéique (36 %) = 228 $/tonne

6. Les génisses laitières sont nourries au lait entier en des quantités équivalentes à 8 % de leur poids corporel/jour.

7. Dix kilogrammes de lait entier sont remplacés par un substitut lacté ou une moulée croissance servie au taux de 1,5 - 1,7 kg.

Il faut noter qu'avec chacun des programmes d'alimentation, les poids à la vente sont différents. Les veaux qui consomment plus de grain et moins de lait entier et/ou de substitut lacté à haute teneur en matières grasses sont habituellement vendus à un poids plus élevé afin d'obtenir le degré de finition désiré de la carcasse.

Le tableau 4 contient une liste des coûts totaux d'alimentation (liquide et grain) pour différents programmes d'alimentation jusqu'au poids d'abattage. Ces chiffres indiquent clairement un avantage pécuniaire en faveur de la méthode favorisant une consommation moindre en lait (sous quota ou en surplus) et plus grande de grain jusqu'à la fin de l'élevage. Noter également que les coûts d'alimentation totaux avec une moulée de croissance à 20 % de protéine et à 20 % de matières grasses sont à peu près les mêmes qu'avec uniquement du lait (sous quota ou en surplus). En donnant uniquement du lait produit sous quota, les coûts totaux d'alimentation augmentent d'environ 34 % si on les compare avec ceux du lait produit en surplus. Le fait de donner moins de lait et plus de grain entraîne un gain moyen quotidien moins élevé, de plus longues périodes d'alimentation et un poids plus lourd au moment de la vente. La méthode d'alimentation au lait écrémé semble la moins favorable à cause du fait que les veaux doivent être gardés plus longtemps pour atteindre le poids et le degré de finition désirés. Le coût total d'alimentation est à peu près le même si l'on sert du lait écrémé à partir de 5 semaines ou du lait produit sous quota pendant 8 semaines, pour ensuite finir avec du grain. Il faut aussi remarquer les prix du marché désirés ($/kg de poids vif) pour atteindre le seuil de rentabilité avec les coûts totaux d'alimentation.

Le choix d'alimenter avec du lait entier, du lait écrémé, un substitut lacté, une moulée de croissance ou encore une combinaison de ces derniers demeure une question de préférence, de disponibilité, de la performance recherchée du veau et de la rentabilité du système.

Tableau 5. Besoins nutritifs quotidiens des veaux d'engraissement*
Poids
corporel (kg)
Aliment
(MS) (kg)
Protéine
brute (kg)
UNT
(kg)
Minéraux
Vitamines
Ca (g)
P (g)
A (1000 UI)
D (UI)
**40
0,87
0,22
1,04
8
5
1,7
264
**50
1,13
0,28
1,36
10
6
2,1
330
100
2,80
0,45
2,27
20
10
4,2
660
150
4,00
0,58
3,04
22
13
6,4
990
200
5,20
0,70
3,68
24
16
8,5
1320
**225
5,75
0,74
3,97
25
17
9,6
1485

*NRC, l978 **Calculé à partir des tableaux du NRC, l978

Tableau 6. Horaire quotidien d'alimentation jusqu'au poids d'abattage pour les veaux d'engraissement selon différents programmes d'alimentation.

 
âge
(sem.)
Programme d'alimentation*
A
B
C
D
E
F
G
moulée crois- sance (kg)
lait entier (kg)
lait entier (kg)
grain (kg)
lait entier (kg)
grain ** (kg)
lait entier (kg)
grain
(kg)
lait entier (kg)
grain
(kg)
lait entier (kg)
lait écrémé (kg)
grain
(kg)
1
0,6
3,8
3,8
-
3,8
-
3,8
-
3,8
-
3,8
-
-
2
0,65
4,0
4,0
0,2
4,0
0,2
4,0
0,2
4,0
0,2
4,0
-
0,2
3
0,7
4,3
4,3
0,4
4,3
0,4
4,3
0,4
4,3
0,4
4,3
-
0,4
4
0,75
4,7
4,7
0,6
4,7
0,6
4,7
0,6
4,7
0,6
4,7
-
0,6
5
1,05
6,5
5,6
0,8
5,6
0,8
5,6
0,8
-
1,4
2,8
2,8
0,8
6
1,2
7,4
6,3
0,8
6,3
0,8
6,3
0,8
-
1,8
-
6,3
0,8
7
1,6
9,9
7,3
1,1
7,3
1,1
-
1,8
-
2,0
-
7,3
1,1
8
1,75
11,0
8,1
1,6
8,1
1,6
-
2,3
-
2,3
-
8,1
1,6
9
2,0
12,5
9,7
1,6
-
2,5
-
2,5
-
2,5
-
8,6
1,7
10
2,2
13,7
10,6
1,6
-
2,7
-
2,7
-
2,7
-
9,1
1,8
12
2,65
16,5
12,2
1,6
-
3,3
-
3,3
-
3,3
-
10,0
2,0
14
3,0
18,8
13,9
1,6
-
4,0
-
4,0
-
4,0
-
10,9
2,2
16
3,4
21,0
15,6
1,6
-
4,4
-
4,4
-
4,4
-
11,8
2,4
17

(160)***

(160)

16,4
1,6
-
4,7
-
4,7
-
4,7
-
12,2
2,5
22
 
 

(160)

-
5,6
-
5,6
-
5,6
-
13,2
2,7
26
 
 
 
 
-
6,4
-
6,4
-
6,4
-
14,0
2,9
27
 
 
 
 

(225)

-
6,6
-
6,6
-
14,0
3,0
28
 
 
 
 
 
 

(225)

-
6,8
-
14,5
3,1
30
 
 
 
 
 
 
 
 

(225)

-
14,5
3,3
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

(225)


*Programme d'alimentation :

A = Moulée de croissance à 20 % de protéine et 20 % de gras
B = Lait entier seulement
C = Lait entier jusqu'au poids d'abattage, + du grain
D = Lait entier jusqu'à 8 semaines, puis du grain jusqu'à la vente
E = Lait entier jusqu'à 6 semaines, puis du grain jusqu'à la vente
F = Lait entier jusqu'à 4 semaines, puis du grain jusqu'à la vente
G = Lait entier jusqu'à 4 semaines, puis lait écrémé et du grain jusqu'à la vente

**Grain servi :

moulée de démarrage à 20 % pour les premières 8 semaines
3:1 de maïs : supplément à partir de la 9e semaine jusqu'à 115 kg
4:1 de maïs : supplément à partir de 115 kg jusqu'à 180 kg
5:1 de maïs : supplément à partir de 180 kg jusqu'à la vente

***( ) fait référence au poids moyen d'abattage (kg)

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca