Recommandations pour l'installation d'un lactoduc


Fiche technique - ISSN 1198-7138  -  Imprimeur de la Reine pour l'Ontario
Agdex : 410/725
Date de publication : 12/90
Commande no. 90-243
Dernière révision : 08/2012
Situation : Nouvelle
Rédacteur : G.A. Garland - Ressources et planification/MAAARO

Table des matières

  1. Recommandations pour un lactoduc
  2. Longueur des tuyaux à lait
  3. Griffe de la trayeuse
  4. Manchons-trayeurs
  5. Pulsateurs
  6. Chambre de réception
  7. Recommandations de vide
  8. Bouchon de détournement de l'eau de rinçage
  9. Nettoyage automatique
  10. Compteurs à lait
  11. Filtres à lait
  12. Retrait automatique
  13. Mise en service du lactoduc

Recommandations pour un lactoduc

Les producteurs laitiers qui envisagent l'installation d'un lactoduc devraient tenir compte des recommandations suivantes:

Type de matériau

Le verre et l'acier inoxydable conviennent aussi bien l'un que l'autre. Les lactoducs, surtout ceux en verre, doivent être protégés là où ils croisent une allée.

Diamètre du lactoduc

Le tableau suivant indique le diamètre minimal qu'il convient de donner à un lactoduc:

Diamètre minimal mm (po) Nbre maximal d'unités sur un lactoducà pente unique Nbre maximal d'unités sur unl actoduc à pente double
51 (2) 4 * 8
64 (2,5) 6 12
76 (3) 9 18
* Remarque:
  1. On ne devrait pas utiliser plus de trois unités avec un lactoduc de 51 mm (2 po) de diamètre à pente unique lorsque la production laitière du troupeau est élevée.
  2. Le diamètre correspond à la mesure inténeure du lactoduc dans le cas du verre, et à la mesure exterieure dans le cas de l'acier inorydable.
  3. Les salles de traite doivent etre dotées de tuyaux de très grands diamètres: 64 mm (2,5 po) ou 76 mm (3 po). Il est préféable d'installer le lactoduc en ligne basse, c'est-à-dire plus bas que le pis de la vache.
Orifices d'admission du lait

Les orifices d'admission du lait doivent se situer dans le tiers supérieur de la canalisation. Ils doivent pouvoir se drainer et se refermer d'eux-mêmes. L'orifice doit être conçu de façon à empêcher toute fuite d'air lorsqu'on branche et qu'on débranche l'unité de traite. Le diamètre de l'orifice doit être égal à celui du tuyau à lait.

Joints et raccords

Les joints et raccords doivent être propres et étanches. Ils doivent joindre fermement les tuyaux et n'exiger qu'un entretien minimal. Le lactoduc doit être suspendu par des supports additionnels près de chaque joint ou raccord de plastique ou de nylon, en particulier dans les angles. Les canalisations en acier inoxydable sont acceptables, pour autant que les techniques de soudage utilisées produisent une surface lisse à l'intérieur du lactoduc. Il est préférable que ce type de canalisation soit muni de sections amovibles permettant l'inspection facile des parois internes.

Supports du lactoduc

Les supports doivent maintenir le lactoduc fermement en place tout en laissant un jeu pour la dilatation et le retrait des tuyaux de verre ou d'acier inoxydable dus aux variations de température. Les supports doivent être fixés au plancher ou sur l'armature de la stalle et non pas au plafond, particulièrement dans les étables à deux étages où les charges entreposées à l'étage supérieur varient au cours de l'année.

Pente du lactoduc

Le lactoduc doit former une boucle autour de l'étable ou de la salle de traite. Il doit avoir une pente minimale de 25 mm sur 3 m (1 po sur 10 pi), depuis son plus haut point jusqu'à la chambre de réception, s'il est fait d'acier inoxydable soudé, et une pente de 40 mm sur 3 m (1,5 po sur 10 pi) s'il s'agit d'un lactoduc en verre ou en acier inoxydable muni de raccords. La pente du lactoduc doit être vérifiée régulièrement et ajustée au besoin.

Hauteur du lactoduc

La distance séparant le lactoduc du plancher de la stalle ne doit pas excéder 2,13 m (7 pi). Les étables à stabulation entravée ou libre devraient être inclinées vers la laiterie dès leur construction. Dans la mesure du possible, il est préférable d'installer les lactoducs en ligne basse.

Longueur des tuyaux à lait

Les tuyaux à lait, étant aussi courts que possible, ne doivent pas excéder 2,74 m (9 pi). Pendant la traite, éviter la formation de boucles dans les tuyaux à lait, car le va-et-vient du lait accumulé au fond de ces boucles ferait varier l'intensité du vide au bout des trayons. Les tuyaux de 16 mm (5/8 po) de diamètre sont préférables spécialement dans le cas des troupeaux à forte production. Les tuyaux doivent être munis d'un support adéquat pour que l'unité de traite soit facile à installer sur le pis. Le support ne doit ni pincer ni plier le tuyau à lait.

Griffe de la trayeuse

Voici les caractéristiques d'une bonne griffe:

  1. volume suffisant pour éviter l'engorgement;
  2. valve permettant de couper le vide au bout du trayon;
  3. orifice de sortie de même diamètre que celui du tuyau à lait;
  4. reniflard laissant pénétrer dans l'unité de traite une quantité d'air réglée d'avance pour faciliter l'expulsion du lait vers le lactoduc.

Manchons-trayeurs

On recommande l'utilisation de manchons de petit diamètre. Quant au matériau, il s'agit d'en essayer plusieurs types afin d'adopter celui qui convient le mieux au troupeau. Les manchons doivent être remplacés conformément aux recommandations du fabricant si l'on veut obtenir les meilleurs résultats. Les manchons munis d'un reniflard (lequel remplace celui situé sur la griffe) peuvent réduire le refoulement du lait vers les trayons.

Pulsateurs

Il existe diverses combinaisons de fréquences et de rapports de pulsation. Les taux de 50 à 60 pulsations par minute et les rapports de l'ordre 65: 35 sont les maximums recommandés. On ne devrait jamais utiliser un rapport inférieur à 50:50. Une pulsation alternative (gauche-droite ou avant-arrière) est préférable à une pulsation simultanée, car l'alternance réduit au minimum les fluctuations cycliques du vide à l'extrémité des trayons. Le rapport des pulsateurs alternatifs ne doit pas se situer exactement à 50:50 car il risquerait de provoquer le refoulement du lait provenant de la paire de gobelets fermés vers celui venant des gobelets ouverts. La pulsation alternative antérieure-postérieure présente l'avantage d'extraire pratiquement tout le lait du pis simultanément, en raison de son plus grand rapport sur les quartiers arrière.

Chambre de réception

Il est préférable d'utiliser un récipient de verre, mais l'acier inoxydable convient également. Une chambre munie de plusieurs entrées à lait s'avère nécessaire dans la plupart des cas. Par exemple, il doit y avoir deux entrées de 51 mm (2 po) de diamètre si le lactoduc, d'un diamètre de 51 mm (2 po), comporte une double pente avant d'atteindre la chambre de réception. Les entrées à lait de la chambre de réception peuvent être plus larges que le tuyau qui y aboutit mais jamais plus étroites. Le tuyau d'alimentation du vide doit avoir un accès distinct sur la chambre de réception, et son diamètre doit être supérieur ou égal à celui des entrées à lait du lactoduc, c'est-à-dire au moins 51 mm (2 po).

Recommandations de vide

Canalisations de vide principales

Les canalisations de vide reliées à la chambre de réception et aux tuyaux du pulsateur doivent satisfaire aux exigences figurant au tableau suivant:

Capacité de la pompe à vide Diamètre des canalisations
L/min pi3/min(ASME) mm po
849 30 51 2
1 415 50 51 2
2 547 90 76 3
2 830 100 102 4
4 245 150 102 4
5 660 200 102 4

La canalisation de vide aboutissant à la chambre de réception peut être faite de verre ou d'acier inoxydable. Elle doit passer à travers un piège sanitaire à drainage indépendant doté d'orifices dont le diamètre répond aux exigences relatives aux canalisations de vide principales. La conduite de vide située entre le piège sanitaire et le réservoir à vide peut être en acier galvanisé ou en PVC. Les dimensions doivent toutefois être conformes aux données du tableau ci-dessus. Il faut installer la pompe à vide le plus près possible de la chambre de réception et réduire au minimum le nombre de coudes dans le réseau.

Régulateur de vide

Le régulateur doit être en mesure de résister à la dépression maximale de la pompe à vide. On doit se conformer aux directives du fabricant étant donné que la capacité des régulateurs varie considérablement. Ceux du type Servo Diaphgram sont les meilleurs.

Le régulateur doit être réglable afin qu'on puisse adapter l'intensité du vide en fonction du troupeau. En outre, le régulateur doit comporter un ou plusieurs dispositifs de filtration qui soient faciles à réparer et à nettoyer. Par mesure de sécurité, il est conseillé d'utiliser une soupape de sûreté contre les fortes intensités du vide et de la régler à environ 53 kPa (16 po de mercure). Cependant, à défaut d'une telle soupape, le système devrait comporter un dispositif d'alarme signalant les excès ou les chutes extrêmes de vide dus à une défectuosité du régulateur.

Le régulateur de vide doit être situé soit dans une conduite séparée menant au réservoir à vide, soit dans la canalisation principale de vide, entre le réservoir à vide et le piège sanitaire qui crée la dépression dans la chambre de réception. Les deux emplacements sont acceptables, mais il faut s'assurer que ces endroits sont plutôt secs et exempts de poussière.

Réservoir à vide ou intercepteur

Le réservoir-intercepteur, à vidange automatique, doit avoir une capacité d'au moins 23 litres (5 gal.) pour chaque unité de traite utilisée. Le réservoir doit être fait d'un matériau résistant pouvant supporter des solutions à forte concentration de détergents et d'agents d'assainissement. Quelle que soit l'installation, la capacité du réservoir ne saurait être inférieure à 91 litres (20 gal.), ni supérieure à 275 litres (60 gal.) .

Canalisation à vide du pulsateur

La canalisation doit former une boucle autour de la machine à traire, chacune de ses extrémités étant reliée au réservoir à vide soit par une ligne individuelle, soit au moyen d'une boucle parvenant à une conduite principale de taille convenable. Il est préférable d'utiliser un tuyau galvanisé d'au moins 51 mm (2 po) de diamètre. Les machines à traire munies de 12 unités de traite ou plus doivent avoir un tuyau de 76 mm (3 po) de diamètre. Limiter le plus possible le nombre de coudes et de tés. N'utiliser de colonnes montantes qu'en cas de nécessité absolue; dans le cas échéant, il faut fixer un purgeur automatique sur chaque section abaissée du lactoduc. Les canalisations de PVC nécessitent plus de supports que les lactoducs galvanisés.

Pompe à vide

Le tableau suivant devrait servir de guide dans le choix de la capacité de la pompe à vide:

Nbre d'unités de traite Capacité de pompe à vide recommandée Puissance approx. de la pompe HP
L/min pi3/min (ASME)
1 990 35 3
2 990 35 3
3 990 35 3
4 1 020 36 3-5
6 1 475 52 5
8 1 870 66 5-7,5
10 2 265 80 7,5

Bouchon de détournement de l'eau de rinçage

Le type de bouchon ne doit pas entraver le passage du lait lorsque le système est en position «traite». Certains bouchons réduisent du tiers la capacité du lactoduc.

Nettoyage automatique

Avant l'achat, il faut comprendre le fonctionnement du système de nettoyage. Les principales étapes du nettoyage sont:

  1. rinçage après la traite;
  2. lavage à l'eau chaude;
  3. rinçage à l'acide;
  4. rinçage avec un désinfectant avant la traite.

Les éléments déterminants du nettoyage, mis à part les produits chimiques, sont la température et la durée. Par conséquent, il est conseillé de vérifier chaque mois ces éléments à l'aide d'un thermomètre et d'une montre.

Le rinçage après la traite doit débuter à environ 38° C (100°· F). Selon le produit chimique utilisé, l'étape du nettoyage doit commencer à environ 71° C (160° F). Cependant, c'est la température de la solution à la fin du cycle de nettoyage qui est la plus importante. Celle-ci ne doit pas être inférieure à 43° C (110° F) après 8 à 10 minutes de recirculation.

Au début du rinçage à l'acide et du rinçage au désinfectant, la température de l'eau doit atteindre environ 38° C (100° F).

Dans certains cas, les adoucisseurs d'eau permettent de réduire la quantité des produits de nettoyage nécessaires. Dans d'autres, l'utilisation d'un filtre, tel un filtre de matières ferreuses, pourrait être bénéfique. Par conséquent, il est conseillé de faire analyser l'eau de la ferme quant à certaines propriétés, comme sa dureté et sa teneur en minéraux.

Compteurs à lait

La plupart des compteurs à lait vendus sur le marché nuisent au passage du lait et au maintien du vide. Leur utilisation entraîne immanquablement une baisse de l'intensité du vide ainsi que des fluctuations du vide à l'extrémité des trayons.

Cette constatation ne vise pas à décourager l'utilisation des compteurs à lait, car les données qu'ils permettent de recueillir sont un outil important de gestion. Cependant, elle doit inciter le producteur qui se sert de ces appareils à une vigilance de tous les instants: il doit observer de bonnes techniques de traite et s'assurer que les tuyaux d'alimentation et d'évacuation des compteurs sont les plus courts possible et exempts de boucles.

Filtres à lait

Aucun filtre à lait ne doit être placé dans le lactoduc ni dans le tuyau servant à la fois au lait et au vide. Ces filtres sont installés seulement en aval de la pompe à lait et, en général, sur la canalisation située entre la pompe à lait et le refroidisseur.

Retrait automatique

Les systèmes de retrait automatique sont de plus en plus utilisés dans les salles de traite et dans les étables à stabulation entravée en raison du coût élevé de la main-d'oeuvre. Le système enlève la trayeuse de la vache dès que le débit de lait s'abaisse sous une certaine valeur. Le mécanisme de détection du débit de lait va de simples flotteurs jusqu'à des dispositifs électroniques complexes.

Règle générale, les systèmes de retrait automatique doivent remplir les conditions suivantes:

  1. détecter la fin de l'écoulement de lait en évitant la surtraite;
  2. être conçus pour interrompre l'arrivée du vide dans la griffe avant d'amorcer le retrait;
  3. restreindre le moins possible le passage du lait de la griffe au lactoduc;
  4. être nettoyés facilement sur place;
  5. être vérifiés régulièrement quant à leur efficacité.

Voici quelques points de régie de la traite à considérer quand on utilise des systèmes de retrait automatique:

  1. Il est nécessaire que le tuyau à lait soit supporté pour qu'on ait une traite égale des quartiers avant et arrière.
  2. La traite risque d'être incomplète dans le cas des vaches qui ont seulement trois quartiers ou dont les quartiers ont un faible débit de lait ou posent certaines difficultés.
  3. Les vaches doivent être convenablement stimulées pour qu'elles donnent leur lait facilement.

Mise en service du lactoduc

Avant de mettre en service un lactoduc nouvellement installé, il faut s'assurer de connaître tous les aspects de son fonctionnement. Demander au concessionnaire d'assister à au moins deux traites complètes.

Les mesures telles que la capacité de la pompe vide, les fuites du lactoduc, les pertes dues au fonctionnement des unités de traite et la réserve de vide effectivement disponible dans le système doivent être notées et gardées comme références.

Pendant la traite, il faut prendre note des niveaux de vide au bout des trayons et prélever cette mesure sur plusieurs vaches. Il est souhaitable que ce niveau de vide se situe entre 33 à 40 kPa (10 à 12 pouces de mercure). Les fluctuations du vide à cet endroit doivent être inférieures à 7 kPa (2 pouces de mercure).

Pour parvenir à ce niveau recommandé à l'extrémité des trayons, la plupart des lactoducs en ligne haute sont réglés à un maximum de 47 kPa (14 po de Hg), et les lactoducs en ligne basse entre 40 et 42 kPa (12 à 12,5 po de Hg). En aucun cas, le niveau de vide ne doit être réglé à plus de 50 kPa (15 po de Hg).

Conclusion

Il est à noter que les recommandations figurant dans la présente fiche portent essentiellement sur l'installation des lactoducs traditionnels comportant des unités de traite munies de reniflards. Quelques-unes des recommandations ne concernent pas les machines à traire qui utilisent des sources de vide séparées pour la traite et pour le transfert du lait. Pour obtenir plus de renseignements à ce sujet, s'adresser à l'auteur de la présente fiche ou à l'agent régional de la Commission ontarienne de commercialisation du lait qui fera appel à l'un de ses spécialistes dans ce domaine.

Remerciements

Nous tenons à remercier le Secrétariat d'État pour sa contribution financière à la réalisation de ce document.

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca