La notation d'état corporel (NEC) automatisée


Grâce à une nouvelle technologie d'imagerie associée à l'ordinateur, la notation d'état corporel relève moins de la conjecture

Vous pourrez bientôt ajouter la notation d'état corporel (NEC) automatisée à votre trousse d'outils de gestion de précision. Cet outil précieux vous permet d'anticiper le niveau d'énergie d'une vache laitière, ainsi que les problèmes de santé et de reproduction dont elle pourrait souffrir.

La notation d'état corporel (NEC) qui est apparue au début des années 1980, permet de contrôler les réserves adipeuses d'une vache laitière. En Amérique du Nord, on utilise une échelle de notation de cinq points. La cote 1 est attribuée à un animal très maigre tandis que la cote 5 est attribuée à un animal que l'on considère comme obèse. Les échelles de notation en usage dans d'autres pays s'inspirent du même principe.

Si vous contrôlez l'état corporel d'une vache du début à la fin de sa lactation, puis que vous transposez la notation dans un graphique, vous produirez une courbe inverse à celle de sa courbe lactation. Autrement dit, le creux de la courbe de notation d'état corporel correspondra au pic de lactation. Au fur et à mesure que la production de lait diminue, le corps de la vache reconstitue ses réserves adipeuses, et ce, jusqu'à la fin de sa lactation.

Une baisse de la NEC au début de la lactation est tout à fait normale et ne peut être entièrement évitée par une meilleure alimentation. À conditions égales, certaines vaches ont tendance à perdre plus de réserves adipeuses que d'autres. Leur profil génétique y est peut-être pour quelque chose.

Des études récentes ont observé des fluctuations de la NEC chez des vaches en début de lactation qui vivaient dans un milieu où les facteurs environnementaux, dont l'alimentation, étaient stables.
Contre toute attente, les fluctuations de NEC étaient sans rapport avec une alimentation inadéquate et semblaient plutôt liées à la génétique.

L'une de ces études a révélé que jusqu'à 60 pour cent de la variation de la NEC observée au sein d'un groupe d'animaux gérés de façon semblable est attribuable au profil génétique des vaches. Une autre étude récente de la NEC a démontré une corrélation négative entre l'ingestion de matière sèche et la cote d'état corporel.

Une certaine subjectivité

L'évaluation de la cote d'état corporel est assez subjective et a des limites. Les vaches très maigres ont peu de tissu adipeux sous-cutané. Il peut s'avérer difficile de mesurer avec précision leurs réserves adipeuses. Inversement, une vache grasse qui a beaucoup de tissu adipeux sous-cutané peut disposer de réserves adipeuses plus importantes que prévu puisque ses réserves adipeuses abdominales ne peuvent pas être mesurées.

L'évaluation de la NEC d'un troupeau par plus d'une personne peut aussi entraîner des variations. Celles-ci peuvent s'accentuer selon que la cote est basée uniquement sur une évaluation visuelle ou assortie d'une palpation.

Les études démontrent que l'évaluation visuelle donne lieu à des variations plus importantes entre évaluateurs. Dans une certaine mesure, la formation et la consultation aident à résoudre ce problème.

La grande majorité des études indiquent qu'au moment du vêlage, la cote d'état corporel idéale se situe entre 3,0 et 3,5 chez les vaches Holstein. Plus la NEC au vêlage est élevée, plus la production de lait et de protéine diminue tandis que le pourcentage de matière grasse dans le lait a tendance à augmenter.

La diminution et le taux de diminution de la masse corporelle entre le vêlage et la fécondation semblent avoir une incidence sur le sexe de la progéniture. L'analyse des données indique qu'il est plus probable que les vaches dont la masse corporelle a le moins diminué ou le plus augmenté entre le vêlage et la fécondation donnent naissance à un mâle. Le même phénomène a récemment été observé chez les chevaux et les humains.

En 2006, une analyse de plus de 76 000 NEC prélevées au cours de 3 000 lactations auprès de 1 100 vaches a conclu qu'il est 1,85 fois plus probable qu'une vache donne naissance à un veau si sa NEC s'est maintenue que si elle a reculé d'un point. Cette hausse signifie qu'il est 66 pour cent plus probable que ces vaches donnent naissance à un mâle.

Une méthode simplifiée

Quoique la NEC soit un outil utile, elle est chronovore, surtout si vous souhaitez évaluer tout votre troupeau chaque mois. On appréciera donc toute méthode qui simplifie le contrôle des réserves adipeuses.

Contrôler les fluctuations de la masse corporelle en pesant les vaches comporte une lacune importante en ce qui a trait au suivi de la NEC. En effet, la recherche démontre que la fluctuation de la masse corporelle n'est pas, à elle seule, un indicateur fiable des réserves adipeuses. Quelques semaines après le vêlage, par exemple, la vache consomme chaque jour davantage de nourriture. Ceci peut occulter une baisse des réserves adipeuses. De même, la prise de poids chez la vache en gestation peut dissimuler une baise de ses réserves adipeuses.

Depuis quelques années, on s'est penché sur d'autres façons d'évaluer la NEC. L'imagerie numérique, la réflexion laser et l'imagerie ultrasonore pourraient permettre d'automatiser l'évaluation de la NEC. Le jumelage des technologies d'imagerie à un modèle informatique rehausserait l'efficacité d'un système de NEC automatisé. Ce modèle informatique comporterait des paramètres tels que la parité, la période de lactation et la masse corporelle et les données de NEC antérieures, et permettrait de prévoir avec précision la cote d'état corporel et ses variations.

Un tel système sera bientôt disponible. Pour en savoir davantage sur cet outil, rendez-vous à la conférence sur la gestion de précision (Precision Management Conference) qui aura lieu à Toronto du 2 au 5 mars, et assistez à la présentation de l'un des nombreux spécialistes du domaine, le professeur Jeffrey Bewley de l'université du Kentucky. Ses travaux récents touchent l'évaluation économique des technologies agricoles de précision, la notation d'état corporel et le contrôle de la température.

Bibliographie :

J.M. Bewley et al. Potential for estimation of body condition scores in dairy cattle from digital images. Journal of Dairy Science Vol. 91 No. 9, 2008; J. r. Roche et al.

Communication sollicitée :
Body condition score and its association with dairy cow productivity, health and welfare. Journal of Dairy Science Vol. 92 No. 12, 2009; I. Halachmi et al. Cow Body Shape and Automation of Condition Scoring; Journal of Dairy Science Vol. 91 No. 11,2008

Cet article a été initialement publié dans la chronique « Ruminations » de la revue The Milk Producer Magazine, édition de février 2010.


Auteur : Mario S. Mongeon - spécialiste de l'élevage du bétail/MAAARO
Date de création : 25 mai 2010
Dernière révision : 25 mai 2010

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