Déjouer la stéatose hépatique de la vache

Le fait d'apporter une attention particulière à la note d'état corporel des vaches en période de transition, à la quantité d'aliments qu'elles ingèrent et à leur métabolisme peut contribuer à minimiser le risque qu'elles deviennent la proie d'une maladie connue sous le nom de stéatose hépatique. Même les cas les plus modérés de la maladie peuvent entraîner une diminution de la production laitière, un affaiblissement des capacités de reproduction ainsi qu'une dégradation générale de l'état de santé de l'animal, des facteurs qui peuvent entraîner une diminution de vos profits.

Un état d'engraissement trop élevé durant les quelques semaines qui précèdent et qui suivent le vêlage peut entraîner la stéatose hépatique, mais nous commençons tout juste à comprendre pourquoi.

Une vache laitière réduit souvent son alimentation avant de vêler. Après le vêlage, la production de lait lui demande beaucoup d'énergie. Comme elle n'arrive pas à s'alimenter suffisamment pour répondre à cette demande, elle compense ce déficit, connu sous le nom de bilan énergétique négatif, en utilisant ses propres réserves corporelles.

Ce bilan énergétique négatif se traduit par une dégradation de la note d'état corporel lors des premières lactations. Il s'agit d'une situation normale pour une vache, mais dans certains cas, cela peut mener à la stéatose hépatique qui, selon les estimations, touche la moitié des vaches laitières adultes de façon modérée ou sévère pendant la période de transition.

La majorité de la réserve d'énergie de la vache se trouve dans sa graisse. Lorsque qu'elle a besoin de cette énergie, son corps fractionne le gras en acides gras non estérifiés (AGNE), qui sont libérés dans son sang et sont transformés par son foie.

Toutefois, en quantité excessive, les AGNE peuvent s'avérer toxiques. Une dégradation excessive de la graisse corporelle entraîne un niveau élevé d'AGNE dans le sang. Lorsque ce niveau dépasse la capacité de transformation du foie, les AGNE commencent à s'accumuler dans le foie en tant que gras. Ces dépôts de gras dans le foie nuisent à la fonction de cet organe. Rappelez-vous que ces problèmes sont provoqués par le degré et la durée du bilan énergétique négatif et la quantité de gras corporel métabolisé.

Une nouvelle recherche a démontré que les AGNE n'étaient pas les seuls éléments à être relâchés dans le sang lors de la dégradation de la graisse corporelle. Une variété de substances, incluant des hormones contenues dans les cellules adipeuses, sont également libérées. Ces hormones signalent aux autres parties du corps de la vache qu'elle vit un bilan énergétique négatif.

Les glandes mammaires constituent la partie cruciale du corps pour le métabolisme adipeux d'une vache en lactation, car ce sont ces glandes qui sont impliquées dans la fabrication des matières grasses du lait, du gras hépatique et de la graisse corporelle. Des hormones bien connues telles que l'insuline et l'hormone de croissance aident à coordonner, dans ces glandes, le métabolisme adipeux.

Le Dr Richard Vernon, un chercheur laitier britannique, a identifié le rôle des hormones libérées par la graisse, appelées collectivement les adipocytokines, comme un nouveau facteur important du développement de la stéatose hépatique.

Ces hormones envoient des signaux au cerveau, ce qui entraîne une baisse d'appétit. Ainsi, le bilan énergétique négatif s'alourdit ou se prolonge à mesure que la vache continue à piger dans ses réserves adipeuses. Le rôle des adipocytokines, qui consiste à contrôler l'appétit, constitue un élément relativement nouveau dans les recherches laitières.

Actuellement, les meilleures solutions pour éviter les problèmes de santé reliés à l'énergie pendant la période de transition sont de maintenir les vaches à une note d'état corporel entre 3,5 et 3,75, et non de 4,0. Il faut aussi porter une attention particulière aux deux détails les plus importants lors de l'alimentation des vaches en période de transition, qui sont l'optimisation de la prise alimentaire et l'amélioration du métabolisme énergétique.

Il faut optimiser la prise alimentaire en :

  • utilisant des aliments de qualité supérieure dans un environnement confortable;
  • incluant des sous-produits fibreux dans l'alimentation;
  • fournissant des minéraux afin d'atteindre les niveaux recommandés.

Il est possible d'améliorer le métabolisme énergétique en ajoutant des additifs alimentaires tels que la choline et le Rumensin, qui protègent la panse.

Il n'est pas encore possible de gérer les signaux hormonaux qui peuvent contrôler l'appétit par des moyens nutritionnels. Toutefois, en portant une attention particulière à la nutrition et aux détails de gestion pendant la période de transition, il est possible de déjouer la stéatose hépatique et d'autres problèmes de santé liés à un bilan énergétique négatif excessif.

Référence :

Vernon, R.G., " Lipid metabolism during lactation: a review of adipose tissue-liver interactions and the development of fatty liver ", J. Dairy Res., 72, pages 460-469.


Auteur : Tom Wright - nutritionniste laitier/MAAARO
Date de création : 25 Juillet 2006
Dernière révision : 30 Septembre 2015

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