La biosécurité sur les fermes d'élevage: c'est l'affaire de tous!

Publié le mercredi, 20 juillet 2005 dans AGRICOM

Introduction
Bien connaître les menaces extérieures
Les professionnels doivent aussi faire attention
Comment empêcher l'introduction et la propagation des maladies infectieuses?

Introduction

Les producteurs agricoles sont des gens "recevant", c'est connu. Dans le contexte actuel de sécurité des aliments, il faudrait limiter les visiteurs à la maison et restreindre les escapades inutiles dans les bâtiments d'élevage. Une série de deux articles traitera des précautions à prendre vis-à-vis les risques extérieurs et aussi pour éviter la propagation de maladie à l'intérieur du troupeau.

La biosécurité est devenue une inquiétude majeure dans le secteur agricole en raison de l'apparition de maladies nouvelles et exotiques, de la mondialisation de l'agriculture, et des préoccupations croissantes du public à l'égard de la salubrité des aliments.

Aucune ferme n'est isolée comme autrefois, et les intrants proviennent de lieux toujours plus éloignés, souvent même de pays étrangers. Des problèmes comme l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la fièvre aphteuse, la grippe aviaire et la maladie de Newcastle ont dirigé les inquiétudes vers la ferme locale.

Bien connaître les menaces extérieures

Tous les visiteurs à la ferme devraient bien saisir le risque possible qu'ils représentent en entrant sur une exploitation agricole, les attentes du producteur à leur égard, et les précautions à prendre entre chaque ferme visitée.

Le problème, c'est que les visiteurs peuvent apporter à leur insu des organismes nuisibles sur une ferme par l'intermédiaire de vêtements, bottes, matériels ou véhicules contaminés. L'équipement utilisé pour la réparation de bâtiments ou de machines, pour le soin ou la manutention des animaux, et pour la réalisation de tests ou autres traitements sont autant de sources possibles de contamination.

Ces précautions s'adressent à toute personne qui arrive dans les installations ou qui les quitte, et qui est susceptible de visiter d'autres exploitations, même si ces exploitations produisent une denrée différente ou élèvent des animaux d'une autre espèce.

Sont visées les personnes suivantes: voisins et amis, représentants de sociétés agroalimentaires et de services, vétérinaires, inspecteurs et employés d'une municipalité ou d'un organisme de réglementation, ramasseurs de cadavres d'animaux, personnes qui font le transport ou l'épandage de fumiers ou de biosolides, etc.

Les professionnels doivent aussi faire attention

Le risque s'accroît encore davantage dans le cas des personnes qui passent régulièrement d'une ferme à l'autre dans le cadre de leurs activités professionnelles. Ces personnes ou, le cas échéant, les organismes ou les sociétés qui les embauchent, devraient élaborer un plan de biosécurité et veiller à sa mise en application.

Tous les visiteurs, les propriétaires d'exploitations agricoles et leurs employés ont une responsabilité à l'égard de la biosécurité. Les visiteurs doivent être mis au courant du niveau de biosécurité adopté sur une ferme et se soumettre aux règles préconisées. Dans bien des fermes porcines, par exemple, la douche est obligatoire dès l'arrivée du visiteur et avant son départ.

De leur côté, les agriculteurs et leurs employés sont aussi responsables de prévenir la contagion d'autres installations à partir de leur propre ferme. Ils doivent porter des vêtements et des chaussures propres en quittant la ferme, en particulier s'ils comptent visiter d'autres exploitations, un commerce d'aliments pour animaux, les bureaux d'un vétérinaire ou un marché de vente aux enchères.

Comment empêcher l'introduction et la propagation des maladies infectieuses?

Les bactéries, les virus ou autres organismes pathogènes sont dits infectieux lorsqu'ils peuvent infecter les animaux exposés. Les visiteurs qui portent des bottes ou des vêtements fraîchement contaminés par un organisme infectieux peuvent propager des maladies bovines d'un point à un autre d'une même ferme ou d'une ferme à l'autre.

Les oiseaux, les rongeurs, les animaux d'agrément, les personnes, le matériel et les véhicules contaminés par du fumier (ou toute autre déjection) doivent être considérés comme des vecteurs possibles de maladies.

Les pigeons, les moineaux, les étourneaux et les hirondelles sont les oiseaux que l'on retrouve le plus souvent à l'intérieur et autour des bâtiments d'élevage. Leurs pattes ou leurs déjections sont des vecteurs possibles d'organismes infectieux.

Dans l'étable, il faut boucher tous les orifices et supprimer tous les recoins où les oiseaux peuvent nicher ou se percher. On devrait avoir des moustiquaires devant toutes les ouvertures de ventilation naturelle des étables abritant les vaches laitières.

Il suffit de quelques petits rongeurs, rats et souris, pour contaminer gravement les réserves d'aliments du bétail. En outre, ces animaux transportent, collés à leurs pattes ou à leurs poils, des pathogènes et occasionnent chaque année pour des millions de dollars de dégâts au niveau des aliments, des fournitures agricoles et des bâtiments.

Pour tenir en échec les rats et les souris, on doit supprimer toutes les voies d'accès aux bâtiments, éliminer les cachettes, supprimer leurs sources d'eau et de nourriture et détruire les populations existantes.

Le travail de prévention des maladies n'est jamais fini. Les éleveurs ont l'ultime responsabilité de la protection de leur troupeau. Les visiteurs ont le devoir de respecter les protocoles de biosécurité mis en place par les éleveurs.

Dans un prochain article, nous parlerons de la prévention de la propagation des maladies à l'intérieur du troupeau.

Suggestion d'un plan de biosécurité pour votre ferme

Votre plan de biosécurité à la ferme pourrait inclure, entre autres les points suivants:

  • Placer à la barrière de la propriété un écriteau indiquant les mesures de biosécurité en usage sur la ferme. Fixer des avis d'admission réglementée sur la porte de tous les bâtiments d'élevage.
  • Garder les véhicules de service aussi loin que possible de tout bâtiment d'élevage. Marquer un stationnement réservé aux visiteurs, à bonne distance des véhicules et des machines de la ferme, du fumier et des aliments pour les animaux d'élevage. Les véhicules des visiteurs devraient ne montrer aucune souillure de fumier ou de matière organique.
  • Au besoin, établir un point d'accès obligatoire pour les visiteurs. Une sonnerie pourrait avertir de l'arrivée d'un visiteur.
  • Garder un registre des visites à la ferme (nom, date et véhicule).
  • Essayer de découvrir si d'autres exploitations ont été visitées avant la vôtre. Préciser le moment de la visite et le genre d'exploitation. Par mesure de sécurité, 48 heures devraient s'écouler depuis la visite d'une autre ferme - une semaine dans le cas de visiteurs venant de l'étranger.
  • Restreindre l'accès aux bâtiments d'élevage de façon à n'admettre que les visiteurs indispensables. Garder les visiteurs à l'écart des enclos et des couloirs d'alimentation, et empêcher tout contact direct avec les animaux d'élevage, sauf en cas de nécessité absolue.
  • Exiger que tous portent des vêtements propres ou fournir des vêtements et des bottes propres sur la ferme.
  • Interdire l'entrée de tout aliment d'origine animale sur la ferme.
  • Fournir un contenant ou sac de plastique propre pour la collecte des vêtements souillés et des articles jetables utilisés par les visiteurs.
  • Demander aux visiteurs de se laver les mains avant de quitter les lieux, particulièrement s'ils sont entrés en contact avec des animaux d'élevage. Les personnes faisant partie d'un tour guidé devraient avoir accès à un poste de lavage des mains ou à tout le moins à un produit nettoyant pour les mains. Si vous servez des repas, veiller à le faire loin des installations d'élevage, et après le lavage des mains.
  • Placer un pédiluve (bain de pieds) contenant un désinfectant approprié ainsi qu'une brosse pour faciliter le nettoyage à l'entrée de chaque bâtiment. Garder les pédiluves propres tous les jours en enlevant les matières organiques déposées et renouveler le produit au besoin. Il est certain que les pédiluves sont incapables à eux seuls d'assurer la désinfection des chaussures.
  • Vérifier que tout le matériel utilisé par les visiteurs est soigneusement nettoyé et désinfecté et, le cas échéant, entreposé de façon convenable avant d'être utilisé sur les lieux. Vous devez aussi nettoyer le matériel et les outils empruntés avant de les utiliser et avant de les remettre.
  • Limiter les allées et venues des chiens et des chats entre fermes voisines;
  • Réduire au minimum le contact des chiens et des chats avec les animaux et les aires d'alimentation;
  • Vacciner les chiens et les chats de la ferme.

Les visiteurs doivent être mis au courant du niveau de biosécurité adopté sur une ferme et se soumettre aux règles préconisées


Auteur : Mario S. Mongeon, collaboration spéciale/MAAARO
Date de création : 22 mars 2006
Dernière révision : 22 mars 2006

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca