La biosécurité sur les fermes d'élevage - 2: Les risques intérieurs

Publié le jeudi, 15 septembre 2005 dans AGRICOM

Introduction
Maintien d'un troupeau fermé
Les nouveaux venus
Aménager une aire de quarantaine
Procédez à des tests sur les nouveaux venus

Introduction

Dans le contexte actuel de la sécurité des aliments, il faut limiter les visiteurs à la maison et restreindre les escapades inutiles dans les bâtiments d'élevage, mais aussi prendre les précautions requises pour éviter la propagation de maladies à l'intérieur du troupeau.

Quand on parle de biosécurité, nous pensons souvent à limiter les risques provenant de l'extérieur. Il ne faut cependant pas négliger de prévenir la propagation de problèmes potentiels à l'intérieur même du troupeau. Les maladies peuvent se propager d'une ferme à l'autre mais aussi d'une vache à l'autre ou encore indirectement par l'intermédiaire des pièces d'équipement de toute taille.

Pour réduire ce risque, plusieurs points doivent être considérés. Par exemple, utiliser des seringues à usage unique pour administrer les traitements; désinfecter les appareils à décorner, les couteaux à onglons et les pinces avant de les utiliser sur l'animal suivant; utiliser vos propres licous et tondeuses au lieu de les emprunter; laver et désinfecter soigneusement, à l'intérieur et à l'extérieur, les outils, appareils et véhicules que vous partagez avec d'autres éleveurs, ainsi que les pneus; utiliser des pelles et des fourches séparées pour l'alimentation et pour l'évacuation du fumier; désinfecter après chaque veau, les biberons et les seaux d'allaitement; garder propres les auges, les abreuvoirs et les mangeoires.

Maintien d'un troupeau fermé

Le maintien d'un troupeau fermé est l'une des façons de protéger le bétail des maladies infectieuses. Dans un troupeau fermé, aucun bétail n'entre dans l'exploitation, que ce soit par achat ou emprunt, et le bétail résidant n'est mis en contact avec aucune autre bête des exploitations avoisinantes.

Un troupeau n'est pas considéré fermé si une des situations suivantes survient: du bétail est acheté ou hébergé; du bétail revient au troupeau après être allé à des expositions, dans des pâturages collectifs ou dans des centres d'évaluation de la performance; du bétail utilise un pâturage dont la clôture est commune au pâturage de l'exploitation adjacente; des taureaux sont achetés, empruntés ou prêtés; des bovins du troupeau sont transportés par quelqu'un d'autre ou dans le véhicule de quelqu'un d'autre.

C'est une bonne pratique que de maintenir le troupeau le plus fermé possible. Mais le maintien d'un troupeau fermé ne doit pas être la seule protection contre l'introduction de maladies infectieuses. Vous devrez aussi préparer un plan visant à réduire les risques qu'une maladie infectieuse grave ne pénètre dans votre exploitation.

Les nouveaux venus

Un jour ou l'autre, la plupart des propriétaires ajouteront du bétail dans leur troupeau. Lorsque c'est possible, élaborez des plans afin de minimiser les risques qu'une maladie soit introduite par ces nouvelles bêtes.

Trois facteurs sont importants pour réduire les risques d'introduire une maladie infectieuse lorsque vous acquérez des bêtes.

  1. La protection que vous donnez à votre troupeau actuel grâce à une vaccination appropriée.
  2. La source du bétail acheté ainsi que les modalités de transport.
  3. La méthode que vous utiliserez pour introduire le nouveau bétail dans le reste du troupeau.

Veillez à faire vacciner votre bétail avant d'introduire du nouveau bétail dans votre troupeau. Si la vaccination a eu lieu, il vaut la peine de revoir les registres de vaccination pour vérifier si le bétail a été vacciné au moins autant de fois que ne le préconise l'étiquette du vaccin.

Étudiez la possibilité de vacciner les veaux qui ont moins de six mois même s'il faudra les vacciner de nouveau lorsqu'ils atteindront six mois. Il faut éviter d'introduire des animaux provenant de troupeaux dont vous ne connaissez pas l'état sanitaire. Les nouveaux venus ne doivent provenir que de troupeaux dotés d'un programme de vaccination efficace reconnu.

Procurez-vous de l'information sur la vaccination: quels vaccins ont été administrés et quand? Si on a utilisé des vaccins à virus tué, assurez-vous que le mode d'emploi a été respecté. Par exemple, que deux doses ont été administrées à quelques semaines d'intervalle.

Évitez d'acheter des animaux dont vous ne connaissez pas la provenance ou qui ont été mêlés à un grand nombre d'autres bêtes avant la vente. Achetez des génisses lorsque vous achetez un groupe d'animaux. Comme elles ne sont pas en période de lactation, il est plus facile de les placer en quarantaine, et il est moins risqué qu'elles soient atteintes de mammite contagieuse.

Essayez d'acheter des génisses non saillies de façon à ce que vous puissiez vous assurer d'une vaccination adéquate avant la reproduction. Encore une fois, demandez de l'information sur la santé du bétail acheté. Demandez de l'information sur le dénombrement des cellules somatiques des vaches en lactation (programme d'amélioration des troupeaux laitiers). Vérifiez les signes de mammite contagieuse dans les lactations actuelles et antérieures.

Idéalement, transportez les bestiaux achetés ou les animaux de concours dans votre propre véhicule. Partez avec un camion ou une remorque propre et procédez à un nettoyage complet après avoir transporté des animaux nouvellement achetés.

Aménager une aire de quarantaine

A l'arrivé sur la ferme, mettez les nouveaux animaux en quarantaine pendant 30 jours avant de les mettre en contact avec les autres animaux de la ferme. Désignez une zone de quarantaine sur la ferme. Cette zone doit être bien séparée du reste du bétail. Le degré d'isolement est proportionnel à l'efficacité de la protection en matière de transmission des maladies.

Pour éviter la propagation des maladies respiratoires, les animaux en quarantaine ne doivent pas partager le même air que le bétail résidant. Pour éviter la dissémination de la diarrhée virale bovine, les animaux en quarantaine ne doivent pas pouvoir toucher les animaux résidants.

Les nouveaux venus en quarantaine ne doivent pas utiliser les mêmes mangeoires, abreuvoirs ou équipement d'entretien que le bétail résidant. Utilisez un bain désinfectant pour les pattes avant de permettre aux bestiaux achetés d'entrer dans le troupeau. Il est à noter que l'Agence canadienne d'inspection des aliments recommande l'usage du Virton® aux fins de désinfection contre la fièvre aphteuse. Ce produit est déjà disponible dans les magasins de fournitures agricoles.

Pour les animaux en lactation, prévenez la propagation de la mammite contagieuse en utilisant des mesures sanitaires strictes lors de la traite. L'utilisation de serviettes distinctes; la traite des nouvelles vaches à la fin; le nettoyage de l'équipement de traite après avoir trait des nouvelles vaches sont de bons moyens de réduire les risques de problèmes.

De plus prendre la température des animaux isolés tous les jours ou au moins tous les deux jours pour vérifier s'ils n'ont pas de fièvre permet de pouvoir réagir rapidement. Si un animal est fiévreux, demandez à votre vétérinaire de l'examiner. Il est sage de ne pas supposer qu'il s'agit de quelque chose de normal. La fin de la période de quarantaine est un bon moment pour vacciner les bovins et s'assurer ainsi de les intégrer dans le programme de vaccination de votre exploitation.

Procédez à des tests sur les nouveaux venus

Investir quelques dollars pour effectuer des tests de dépistage peut permettre d'économiser potentiellement des milliers de dollars en perte de production et frais divers pour régler un problème de contagion. La vérification de l'état sanitaire des nouveaux venus pour les maladies suivantes est souhaitable:

  • diarrhée virale bovine (DVB)
  • mammite causée par le Staphylococcus aureus et le Streptococcus agalactiae.
  • néosporose (infection par le Neospora caninum)
  • leucose (virus leucémogène bovin)
  • paratuberculose ou maladie de Johne

Il faut parfois compter jusqu'à trois semaines pour obtenir les résultats des tests. Il faut donc prélever les échantillons et les faire analyser aussitôt que l'animal arrive. La quarantaine seule ne peut protéger votre bétail contre la leucose ou la maladie de Johne. Au cours de la quarantaine, vous devez effectuer des tests pour détecter la présence de ces maladies sur le bétail acheté. Il est utile de connaître les antécédents du troupeau d'où proviennent les animaux que vous avez achetés.

Le travail de prévention des maladies n'est jamais fini. Comme le dit le proverbe, 'Prudence est mère de sûreté!' La vigilance de l'éleveur permet la protection de son troupeau mais aussi de son gagne-pain. Il faut aussi garder en tête que la biosécurité, c'est l'affaire de tous!


Auteur : Mario S. Mongeon, collaboration spéciale/MAAARO
Date de création : 22 mars 2006
Dernière révision : 22 mars 2006

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