Notation d'état corporel

Quand la minceur est avantageuse

Largement admise comme outil de gestion valable des vaches laitières, l'évaluation de la note d'état corporel (NÉC) a été utilisée pour recommander la quantité de réserves de gras corporel que devraient avoir les vaches aux divers stades de leur cycle de lactation. De récentes recherches indiquent qu'il serait préférable d'abaisser ces recommandations au moment du vêlage et du pic de lactation.

L'échelle nord-américaine d'évaluation en cinq points va de 1, pour une vache très maigre jusqu'à 5, pour une vache excessivement obèse. Dans d'autres parties du monde cette échelle peut varier mais la base reste la même : évaluer les réserves de gras corporel de l'animal.

Il est tentant d'utiliser le poids corporel pour estimer les réserves en gras corporel, mais c'est une mesure qui est insuffisante. D'autres facteurs comme l'âge, le stade de lactation, l'ossature, la gestation et la race peuvent influer sur l'interprétation.

De plus, en début de lactation, le gras corporel est mobilisé à mesure que la prise alimentaire augmente. De plus grandes quantités d'aliments ingérés quand le rumen est plus rempli peuvent parfois masquer la mobilisation réelle des tissus corporels.

En début de lactation, quand les vaches laitières n'obtiennent pas assez d'énergie dans leur ration quotidienne pour soutenir leur production de lait élevée, elles mobilisent leurs réserves de gras corporel pour combler leurs besoins énergétiques. Cette phase dure de 50 à 100 jours après le vêlage.

Le profil de la NÉC est semblable à une courbe de lactation inversée. Le point inférieur de la courbe de la NÉC apparaît généralement au pic de lactation. Les vaches qui ont un profil génétique de production supérieur montrent une courbe de lactation plus élevée et leur profil de NÉC est plutôt déprimé.

Le patrimoine génétique d'une vache tend à dicter le niveau cible de NÉC qu'elle aura tendance à atteindre à un moment donné de lactation. Des recherches ont indiqué que la prise de matière sèche augmente quand la NÉC dévie des cibles spécifiques de la vache. Cette augmentation de l'apport en matière sèche se poursuit jusqu'à ce que la vache ait reconstitué ses réserves en gras corporel. Ces résultats expliquent pourquoi les vaches plus grasses tendent à montrer des prises en matière sèche plus faibles.

Les premiers trente jours après le vêlage, la gestion et la prise alimentaire ont peu d'effet sur la perte de NÉC. C'est principalement dû aux fluctuations hormonales. Après cette période de quatre semaines, selon les recherches, la gestion et la ration jouent un rôle important pour réduire la durée pendant laquelle la vache puise dans ses réserves corporelles. Éventuellement, quand les conditions le permettent, elle reprend ce qu'elle avait perdu.

Cette fluctuation de la NÉC est tout à fait normale, et l'amélioration de l'alimentation ne peut complètement l'éliminer. Auparavant, les nutritionnistes prévoyaient des rations de début de lactation qui pouvaient fournir toute l'énergie dont la vache avait besoin pour éviter le plus possible les pertes de réserves corporelles. Nous savons maintenant que les changements de la NÉC correspondent à un processus de régulation génétique qui est bénéfique du moment qu'il n'est pas draconien (moins d'un point de NÉC).

Comme plusieurs chercheurs ont démontré l'incapacité de la ration d'influer sur le taux de perte de NÉC en début de lactation, il semble que la gestion du vêlage soit la principale façon de contrôler l'amplitude de cette variation de la NÉC et le point le plus bas atteint après le vêlage.

C'est pourquoi le suivi de la NÉC du milieu à la fin de la lactation est aussi primordial. Pendant cette période, La NÉC souhaitée au vêlage peut être gérée plus efficacement pour atteindre l'objectif optimal. Il est moins efficace de gérer la NÉC pendant la période sèche.

Les génisses dont c'est le premier vêlage sont incapables d'atteindre rapidement un gain de NÉC après le point le plus bas atteint après vêlage. C'est pourquoi il faut gérer ces animaux de façon spécifique pour qu'ils puissent atteindre une NÉC optimale au deuxième vêlage. Mentionnons entre autres le recours à un groupe séparé de génisses laitières, l'espace de litière suffisant et l'élimination de situations où les vaches dominantes pourraient adopter des comportements stressants envers les animaux subordonnés. Rappelons que la NÉC au vêlage constitue un facteur important qui influence sur la fiche de fertilité plus tard pendant la lactation.

L'effet de l'état énergétique (la NÉC à un moment spécifique) et de l'équilibre énergétique (faim ou perte de NÉC et vitesse du phénomène) sur les rendements reproductifs est bien documenté. Dans les faits, l'équilibre énergétique est probablement le facteur hors gestion qui influe le plus sur le rendement reproductif.

Les études les plus récentes tendent à démontrer qu'une gestation réussie se produit plus tôt quand le point le plus bas de la NÉC et la reconstitution des réserves sont atteints plus vite durant la lactation. Il semble aussi que la NÉC optimale en début de la période de reproduction devrait se situer entre 3,0 et 3,5. Pour les vaches qui se situent hors de cet intervalle, la détection réussie des chaleurs décline vite.

De même, la recherche signale que les vaches dont la NÉC est élevée au moment du vêlage présentent plus tard des risques beaucoup plus élevés de souffrir de troubles métaboliques. Des études récentes démontrent que même une NÉC légèrement plus élevée au vêlage pouvait substantiellement augmenter les risques d'apparition de troubles métaboliques.

Par exemple, une étude menée en 2006 a rapporté une hausse de 30 pourcent du risque de parésie post-partum quand la NÉC d'une vache au vêlage était supérieure à 3,5. Une autre recherche a également indiqué que les risques d'acétose doublaient chez les vaches laitières dont la note d'état corporel était supérieure à 3,5 comparées à celles dotées d'une note de 3,5 au vêlage.

Il semble que généralement l'engraissement excessif, avec une NÉC supérieure à 3,5 plutôt qu'une NÉC plus faible, augmente les risques de désordres métaboliques au moment du vêlage. La NÉC a aussi été liée à la boiterie.

De récentes découvertes suggèrent que les recommandations précédentes relatives à la NÉC doivent être légèrement inférieures. L'intervalle optimal de la NÉC au vêlage devrait être entre 3,0 et 3,25, et la baisse de la NÉC après la mise bas ne devrait pas dépasser un point, et la note plancher est de 2,25.

Cet article est d'abord paru à la rubrique Ruminations de la revue The Milk Producer Magazine en février 2011.

Après le vlage

Pratique de gestion Résultats positifs
NÉC optimale au vêlage
3,00 à 3,25
  • ↑Ingestion de matière sèche
  • ↓Perte de NÉC après le vêlage
  • ↓Amplitude du solde négatif d'énergie
  • ↑Rendement de lait
  • ↑Retour de l'oestrus réussi
  • ↓Risques d'acétose
  • ↓Risques de parésie post-partum
  • ↓Risques de boiterie
Variation de la NÉC de 0,5 point et point le plus bas supérieur à 2,5
  • ↑Taux de gestation à la première IA
  • ↓Jours ouverts
  • ↓Désordres métaboliques

 

  • La NÉC optimale au vêlage doit se situer entre 3,0 et 3,25.
  • L'amplitude de la NÉC après vêlage ne devrait pas dépasser 1 point de NÉC
  • Le point le plus bas de la NÉC atteint durant la lactation doit être supérieur à 2,25.

 


Auteur : Mario Mongeon - Livestosk Specialist/MAAARO
Date de création : 02 décembre 2011
Dernière révision : 02 décembre 2011

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