Gardez les vaches taries au frais pour une production de lait optimale

Avec l'été qui est presque à nos portes, il devient important de protéger les vaches taries de la chaleur. Les lactations subséquentes seront beaucoup plus productives si l'on prend des mesures pour atténuer le stress thermique. Durant la période de tarissement, le système mammaire subit de nombreux changements. Les tissus se développent et le renouvellement cellulaire s'intensifie. Ces transformations sont nécessaires pour compenser la perte cellulaire qui a eu lieu au cours de la lactation précédente.

L'ampleur du processus de régénération détermine le nombre de cellules productrices de lait ainsi que leur capacité de production. Si la vache ne traverse pas une période de tarissement, sa production de lait sera diminuée à la prochaine lactation puisque le processus de régénération de la glande mammaire sera altéré.

Il a été démontré que des facteurs environnementaux, comme la photopériode et la température, ont aussi des répercussions sur la lactation suivante. Ainsi, les vaches exposées à des photopériodes de jours courts durant la période de tarissement produisent plus de lait et ont une meilleure fonction immunitaire que les vaches taries exposées à des photopériodes à jours longs.

Les vaches laitières préfèrent les températures fraîches. Lorsque les températures augmentent, surtout si l'humidité relative est élevée, elles peuvent manifester des signes de stress thermique : baisse de l'ingestion de matière sèche et réduction de la production de lait.

La chaleur et l'humidité affectent aussi les vaches taries. Les vaches taries vont non seulement présenter des signes de stress thermique durant les canicules, mais les effets de ce stress peuvent se faire sentir aussi durant la lactation suivante.

De mai à novembre 2009, une étude sur les vaches taries a été réalisée à l'Université de Floride, à Gainesville. Le projet avait pour objectif d'évaluer l'effet du stress thermique sur le développement de la glande mammaire des vaches laitières. Les vaches en fin de lactation avaient été taries environ 46 jours avant la date prévue du vêlage et séparées en deux groupes statistiquement semblables, exposées à des photopériodes de 10 heures d'obscurité, nourries avec les mêmes rations et logées dans la même étable.

La seule différence entre les deux groupes de vaches taries était l'exposition au stress thermique. Le groupe soumis à un stress thermique n'avait pas accès à des moyens d'atténuer l'effet de la chaleur; par contre, la partie de l'étable où était logé l'autre groupe de vaches taries était dotée de ventilateurs et de gicleurs qui se mettaient automatiquement en marche lorsque la température ambiante dépassait 21,1 ºC. Les gicleurs, une fois déclenchés, ne fonctionnaient que durant 1,5 minute toutes les 6 minutes.

Les chercheurs ont recueilli diverses données durant la période de tarissement ainsi que durant les 40 premières semaines de la lactation suivante.

Au cours de la période de tarissement, la température corporelle des vaches exposées à de l'air plus frais était plus basse et leur rythme respiratoire était plus lent comparativement aux vaches soumises à un stress thermique. De plus, la durée de la gestation et, par conséquent, la période de tarissement étaient plus courtes pour les vaches taries souffrant de la chaleur. Les veaux provenant des vaches ayant pu se rafraichir durant le tarissement étaient plus lourds que ceux des vaches exposées au stress thermique.

Durant les 40 premières semaines de lactation suivant le traitement expérimental, les vaches qui avaient été exposées à un stress thermique durant le tarissement ont produit en moyenne 5 kg de lait de moins par jour que les vaches qui étaient dans la partie rafraichie de l'étable. Pour ces 40 semaines, cela représente un écart de rendement de 1400 litres de lait, soit plus d'un millier de dollars aux prix actuels du lait en Ontario.

L'analyse des tissus du pis prélevés dans le cadre de cette étude montre que le stress thermique durant le tarissement affecte la prolifération des cellules dans le pis, ce qui en retour réduit le potentiel de rendement en lait.

Cette étude met en lumière la nécessité de prendre des mesures pour réduire l'effet du stress thermique chez les vaches. Lorsque les températures s'élèvent au-dessus de la zone de confort des animaux durant le tarissement, le développement du système mammaire peut être compromis, ce qui réduit la production de lait de la lactation suivante.

Mario S. Mongeon est spécialiste de l'élevage du bétail pour le MAAARO, au Centre de ressources d'Alfred, Alfred, Ontario.

Référence : TAO, S., J. W. BUBOLZ, B. C. DO AMARAL, I. M. THOMPSON, M. J. HAYEN, S. E. JOHNSON et G. E. DAHL. " Effect of heat stress during the dry period on mammary gland development", dans J. Dairy Sci. 94 :5976-5986.

Encadré latéral

Effet du stress thermique sur les vaches taries.

  • Diminution de la production de lait au cours de la lactation suivante.
  • Diminution des rendements en solides du lait.
  • Altération des fonctions hépatiques en début de lactation.
  • Baisse des fonctions immunitaires durant la période de transition.

Au cours des mois d'été, on peut avoir recours à plusieurs moyens pour atténuer les conséquences des températures élevées, comme offrir de l'eau à volonté et la rendre facilement accessible aux vaches taries. Il est également important de veiller à ce que les vaches taries aient accès à des coins ombragés et bien ventilés. Il s'agit là de moyens simples pour réduire l'effet de la chaleur sur le troupeau.

On peut aussi rafraichir les animaux avec de l'eau. Des gicleurs ou brumisateurs sont couramment utilisés dans les grosses fermes laitières des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande. Dans la plupart des cas, ces dispositifs sont accrochés aux ventilateurs.

L'évaporation induite par les ventilateurs intensifie l'effet rafraîchissant de l'eau. Ces systèmes sont habituellement installés aux endroits où les vaches se rassemblent ou au-dessus des mangeoires.

figure 1: Graphique illustrant les courbes de lactation qui démontrent un écart de 6 kg/jour dans la production de lait entre les vaches soumises à un stress thermique et celles qui sont dans une zone rafraîchie de l'étable

(Adapté de Tao et al, 2011.)

Cet article a initialement été publié dans la revue The Milk Producer Magazine, mars 2012.


Auteur : Mario S. Mongeon - spécialiste de l'élevage du bétail/MAAARO
Date de création : 01 mars 2012
Dernière révision : 01 mars 2012

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca