L'enquête 2013 des fermes équipées de robots de traire : découvertes nutritionnelles

L'enquête 2013 des fermes robotisées menée par le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et l'Université de Guelph comprenait 33 troupeaux de la province équipés d'un système de traite robotisée (STR) et couvrait de nombreux sujets, dont la gestion, la production et la nutrition. Cet article portera sur les résultats nutritionnels de l'enquête, y compris le type de concentrés servi, l'apport énergétique, la teneur en protéines, la taille des particules et la qualité de l'eau.

Le lait corrigé selon l'énergie révèle la quantité d'énergie dans le lait en fonction du poids du lait, ainsi que de la matière grasse, normalisée à 3,5 pour cent, et de la protéine, normalisée à 3,2 pour cent. L'utilisation du lait corrigé (LC) fournit une valeur de production de lait standardisée permettant de comparer le lait avec différents taux de matières grasses et de protéines et d'évaluer l'efficacité alimentaire du troupeau. L'étude a révélé que le lait corrigé moyen était de 36 kilogrammes de LC par vache par jour. Cette valeur est supérieure à la moyenne provinciale de 32,2 kg de LC par vache par jour.

La nutrition et l'alimentation des troupeaux avec un STR diffèrent des troupeaux nourris avec une ration totale mélangée (RTM), puisque la ration partiellement mélangée (RPM) servie à la mangeoire doit être équilibrée avec les aliments servis au robot. L'étude incluait des troupeaux ayant différentes rations alimentaires, dont certains présentaient de nombreuses formulations de concentrés au robot, et d'autres, des rations à base de maïs grain-humide (MGH), des aliments en purée ou plusieurs RPM. Les chercheurs ont envoyé à des fins d'analyse des échantillons de RPM et d'aliments prélevés au robot de chacune des fermes.

La teneur en éléments nutritifs des concentrés servis au robot différait d'une exploitation à l'autre. Parmi les 33 producteurs de l'étude, seulement 11 ont servi uniquement une sorte de concentré au robot. Les autres ont servi plus d'un choix d'aliment au robot. La consommation moyenne de concentrés au robot était de 4,0 kg par jour. Cinq des fermes ont servi des concentrés avec du MGH au robot, et six ont ajouté un autre concentré, comme un aliment de transition au pic de lactation. Trois producteurs ont servi une certaine forme d'aliment en purée, et l'un d'eux a utilisé des stations d'alimentation à commande électronique situées ailleurs dans l'étable, à distance du robot. Un producteur a servi uniquement du MGH au robot.

Bon nombre des producteurs de l'étude souhaitaient servir du MGH au robot avec les concentrés. Les opinions des exploitants qui ont utilisé le MGH au robot étaient partagées, en raison des quelques problèmes rencontrés, dont les suivants : problèmes d'écoulement du MGH dans le bac ou la tarière pour arriver au robot, mauvaise distribution, baisse de la production de lait et détérioration du produit. Toutefois, certains producteurs sont satisfaits des résultats observés dans leurs troupeaux. Ils ont aussi apprécié les économies des coûts d'alimentation avec l'utilisation du MGH, malgré les quelques complications logistiques.

Comme chaque vache est traite indépendamment, les producteurs peuvent adapter les rations au robot. Les groupes d'alimentation peuvent être répartis de différentes manières. Toutefois, l'étude a révélé que le mode d'alimentation le plus fréquent était l'alimentation en deux groupes : taures en lactation et vaches en lactation. Ces groupes étaient ensuite subdivisés en fonction du niveau de production par rapport à la lactation, après 35 à 40 jours de lactation.

Lors de la formulation d'une ration, un facteur important à considérer est la distribution de la taille des particules. La taille appropriée des particules assure que vos vaches reçoivent la bonne quantité de fibre efficace et permet de maintenir l'appétence de la ration. Les chercheurs ont prélevé des échantillons des RPM de chaque ferme pour évaluer la taille des particules à l'aide du tamis Penn State. Les résultats relatifs à la distribution de la taille des particules sont présentés à la figure 1. L'étude a révélé une plus grande proportion de particules sur le plateau supérieur par rapport aux recommandations normales de Penn State. Cependant, ces valeurs étaient semblables aux résultats de recherches antérieures en Ontario avec des données à la ferme. Une taille inadéquate des particules peut entraîner des effets négatifs sur la santé de votre troupeau, comme l'acidose ruminale chronique.

La teneur en protéines du lait est liée à la teneur en protéines de la ration. La teneur en protéines brutes (PB) des concentrés allait de 17,92 pour cent à 45,69 pour cent. La teneur moyenne en PB des concentrés était de 24,5 pour cent. Les vaches ont consommé en moyenne 0,88 kg de PB par jour à partir des concentrés servis au robot, excluant les PB supplémentaires fournies par les additifs servis au robot. Les quatre exploitants ayant servi les concentrés les plus élevés en PB ont également servi du MGH au robot, raison pour laquelle une formulation à teneur élevée en PB était nécessaire. Ces fermes ont servi des quantités moindres de concentrés au robot, avec une consommation moyenne de 2,34 kg de concentré par vache et par jour.

La quantité de fibre au détergent neutre (NDF) qu'une vache consomme influe sur la consommation de matière sèche totale, et doit être surveillée lors de la formulation d'une ration laitière équilibrée. La NDF des concentrés variait de 6,79 pour cent à 36,96 pour cent, avec une valeur moyenne de 24,39 pour cent.

L'énergie de la ration alimentaire, qui est fournie par la RPM, les concentrés et les autres aliments, est importante pour maintenir les vaches en santé et répondre aux besoins de production. La quantité d'énergie fournie par chaque constituant alimentaire varie. Toutefois, l'étude a révélé que l'énergie nette de lactation (ENL, base matière sèche) moyenne de la RPM était de 1,65 méga-calories (Mcal) par kg et l'ENL moyenne des concentrés était de 1,91 Mcal par kg. La figure 2 montre l'énergie nette fournie par les concentrés et la RPM de chaque ferme, ainsi que le lait corrigé selon l'énergie de chaque ferme.

Les chercheurs avaient prélevé des échantillons d'eau de chaque ferme et les avaient envoyés à des fins d'analyse, afin de déterminer la qualité de l'eau d'abreuvement du bétail. En Ontario, certaines situations obligent les producteurs à traiter ou à filtrer l'eau potable de leurs vaches pour éliminer les minéraux en excès et assurer qu'elle soit agréable au goût. Par exemple, les teneurs élevées en fer de l'eau sont un problème assez courant. Parmi les 33 exploitations visitées, seulement trois d'entre elles présentaient des teneurs en fer supérieures à la limite recommandée. Les teneurs élevées en fer peuvent être résolues en utilisant un système de filtration à la ferme.

La nutrition est un facteur important dans tous les troupeaux et représente le poste de dépenses variables le plus élevé dans les fermes laitières. Les renseignements recueillis dans l'étude indiquent que les protocoles d'alimentation dans les exploitations agricoles dotées d'un système de traite robotisé (STR) varient considérablement. Les concentrés sont relativement coûteux, ce qui explique pourquoi les producteurs veulent apprendre de nouvelles façons de réduire leurs coûts globaux d'alimentation. Il est de plus en plus fréquent d'utiliser du MGH et d'autres substituts aux concentrés dans les systèmes d'alimentation robotisés à mesure que les producteurs expérimentent de nouvelles approches d'alimentation. Ce type d'approches est important au moment de formuler les rations d'un troupeau STR, car vous devez tenir compte de toutes les options pour déterminer ce dont votre troupeau a besoin, tout en gardant à l'esprit que la ration doit être rentable.

Michelle Linington et Vanja Djukic étaient toutes deux étudiantes d'été pendant cette étude. Vern Osborne et John Cant sont des professeurs du département des sciences animales et de la volaille de l'Université de Guelph et Tom Wright est nutritionniste en production laitière au MAAARO. Référence : A. D. Sova, S. J. LeBlanc, B. W. McBride, T. J. DeVries. 2014. Accuracy and precision of total mixed rations fed on commercial dairy farms. J. Dairy Sci. 97:562-571.

Cet article a été publié initialement dans l'édition de septembre 2014 de la revue Milk Producer

  % de particules longues % de particules moyennes % de particules courtes % de particules fines
Recommandations du Penn State
2-8
30-50
30-50
20 ou moins
Recherche antérieure de l'Ontario
19,8±6,5
34,3±6,6
35,5±,3
10,5±2,9
Résultats RPM au robot
13,1±6,7
47,1±8,0
32,2±7,0
7,6±3,9

Figure 1. Résultats de la taille des particules de la RPM au robot, comparaisons avec les recommandations la RTM du Penn State et résultats de Sova et coll. 2014.

Figure 2 : Source (concentrés ou RPM) et quantité d'énergie nette de la ration alimentaire et rendement en lait corrigé selon l'énergie des fermes qui utilisaient les services CanWest DHI.

Figure 2. Source (concentrés ou RPM) et quantité d'énergie nette de la ration alimentaire et rendement en lait corrigé selon l'énergie des fermes qui utilisaient les services CanWest DHI.


Auteur : Michelle Linington, Vanja Djukic, Vern Osborne, John Cant and Tom Wright/MAAARO et l'Université de Guelph
Date de création : 18 février 2016
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