L'influenza aviaire: suis-je concerné?

Publié le mardi, 29 novembre 2005 dans AGRICOM

Introduction
L'influenza?
Prévenir!
Et la vaccination?

Introduction

Comme à chaque année, l'automne apporte avec lui des signes indéniables: les feuilles qui rougissent et tombent, le premier givre et les grandes migrations de nos bernaches et canards. Cette année cependant, certaines personnes voient ces importants mouvements de sauvagine avec un regard différent…

L'influenza?

L'influenza aviaire ou grippe aviaire défraie la manchette depuis un bout de temps déjà. L'influenza aviaire est une infection virale causée par des membres de la famille des orthomyxovirus. Sans entrer dans les détails, les membres de cette famille de virus sont classés selon la présence de certains antigènes à leurs surfaces. Un antigène est une substance qui peut engendrer la production d'anticorps par le système immunitaire, chez les animaux et les humains, par exemple, l'antigène H (hémaglutinine) ou encore N (neuraminidase).

Selon les types d'antigènes que présente un virus donné, on le nommera H5N1 ou encore H5N2. Tous les virus d'influenza n'ont pas le même degré pathogénique. Certains types se rencontrent sur des oiseaux qui ne présentent pas de symptômes alors que d'autres causent un niveau élevé de mortalité.
Les virus sont en mesure d'évoluer rapidement au niveau génétique. C'est entre autres pour cette raison qu'un vaccin annuel est requis pour se prémunir contre des virus comme l'influenza.

La capacité des virus à évoluer et se modifier vient du fait qu'ils utilisent un processus connu sous le nom de recombinaison. La recombinaison permet l'échange de matériel génétique propre à certains gènes et à la formation de combinaisons de gènes qui n'étaient pas présentes dans les parents d'origine. Ces 'parents' sont par exemple deux virus distincts qui infectent une même cellule et qui vont échanger du matériel génétique durant leur reproduction.

C'est aussi cette propriété qui inquiète puisque la possibilité qu'une souche peu pathogène le devienne existe, de même que la capacité d'un virus à sauter la barrière des espèces. Cette barrière entre les espèces réside par exemple dans les différences qui existent entre l'organisme humain par rapport à ceux des oiseaux.

Par exemple, la capacité du virus H5N1 d'infecter l'humain a été démontrée en Asie depuis 2003. Il semble que des contacts étroits entre l'humain et les oiseaux infectés soient requis pour que la transmission ait lieu. Cette souche du virus n'a pas été détectée au Canada. De plus, il n'y a pas eu de cas jusqu'à date où le virus s'est transmis d'un humain infecté à un autre.

Prévenir!

L'influenza aviaire n'a rien de nouveau. Cette maladie est présente depuis longtemps déjà.

Il y a plusieurs types de virus d'influenza aviaire et ce ne sont pas tous les types qui causent des symptômes sévères chez les oiseaux ou l'humain. Certains oiseaux sauvages, principalement les oiseaux appartenant aux Anatidae (canards, oies et cygnes) agissent comme réservoir naturel.

La propagation du virus se fait via les sécrétions et les fientes. Dans le cas où des oiseaux domestiques, tels que les poulets et les dindes, seraient exposés au virus, les probabilités de symptômes sévères et de mortalités sont plus élevées que pour les oiseaux sauvages.

C'est pour cette raison que les élevages de volailles doivent être protégés au maximum par les éleveurs de façon à minimiser les risques d'infection. Les possibilités de contacts avec les oiseaux sauvages doivent être éliminées en prévenant l'entrée d'oiseaux dans les bâtiments d'élevage. Les entrées d'air frais, les ventilateurs d'extraction et ainsi de suite, devraient être munis de grillage.

Les élevages extérieurs ne sont pas souhaitables. Il ne faut pas négliger non plus de vérifier l'innocuité de tous les intrants sur la ferme avicole, nourriture, litière, équipement, etc. Les aliments, en particulier, doivent être à l'abri de tout contact avec des oiseaux sauvages. On doit limiter au strict minimum les allers et venus dans, et à proximité, des bâtiments d'élevage de volailles.

S'il se doute qu'un problème de santé est présent dans son élevage, le producteur de volaille doit contacter son vétérinaire de façon à pouvoir agir rapidement. L'observation des oiseaux d'élevage et la connaissance des symptômes de la maladie peuvent grandement aider à circonscrire le problème, le cas échéant.

Le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO) travaille en étroite collaboration avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA), Santé Canada, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario et les partenaires de l'industrie sur différents aspects qui ont trait à l'influenza aviaire. Par exemple, la production de matériel d'information destiné aux producteurs, des plans de biosécurité et un programme de détection hâtive.

La présence de virus de type H5 et H7 chez les oiseaux domestiques sont des maladies à déclaration obligatoire selon la Loi sur la santé animale. Ainsi, tout cas suspect doit être immédiatement rapporté à l'ACIA. Tous les cas soumis seront immédiatement sous enquête par des agents de l'agence.

Et la vaccination?

Depuis quelques années, les Ontariens peuvent recevoir gratuitement le vaccin anti-grippal. Dans une lettre datée du 4 novembre dernier, le Dr David C. Williams, directeur de la direction de la lutte contre les maladies infectieuses au ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario recommande à tous les Ontariens de se faire vacciner contre la grippe (influenza). De plus, le Dr Williams recommande particulièrement aux travailleurs de l'industrie avicole et porcine de recourir au vaccin. Ces recommandations sont aussi endossées par Santé Canada et l'Organisation mondiale de la santé.

Les travailleurs de l'industrie avicole qui reçoivent le vaccin anti-grippal vont aider à réduire le potentiel de risque de recombinaison entre la grippe aviaire et la grippe humaine.

Même si la vaccination n'offre pas de protection contre l'influenza aviaire ou une souche de grippe pandémique, elle permet toutefois de se prémunir contre les souches régulières de la grippe. Cette protection préviendrait donc un affaiblissement du système immunitaire et par le fait même, une plus grande vulnérabilité à une infection plus sérieuse de grippe pandémique.


Auteur : Mario S. Mongeon, collaboration spéciale/MAAARO
Date de création : 22 mars 2006
Dernière révision : 22 mars 2006

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