Une alimentation visant une production élevée peut être liée à la mammite d'environnement

Les producteurs laitiers pensent souvent que d'inciter les vaches à produire davantage de lait a un effet de stress sur l'animal et se traduirait par une hausse du taux de mammite. Bien qu'il soit vrai de voir le taux des mammites d'environnement grimper dans certains troupeaux lorsque la production de lait augmente, il n'en est pas moins possible que l'augmentation de la maladie puisse être attribuée à un changement dans la diète de l'animal.

En changeant sa diète, la vache produit non seulement plus de lait, mais aussi plus de fumier liquide. Une quantité accrue de déjections liquides augmente les risques d'exposition de l'extrémité des trayons aux bactéries responsables de la mammite. Cette situation va persister tant et aussi longtemps que les pratiques de gestion et de logement ne seront pas modifiées.

Les données théoriques tirées de récentes recherches du Royaume Uni ont été testées dans les conditions de l'Ontario. On a étudié intensivement quatre fermes laitières. La recherche, effectuée pendant deux années, portait principalement sur le logement des vaches taries et des vaches en début de lactation durant la période hivernale de six mois, s'échelonnant du mois d'octobre au mois de mars.

Les troupeaux étudiés étaient majoritairement logés en stabulation libre sur une litière de paille. Même si la plupart des troupeaux de l'Ontario ne sont pas logés de cette façon, plusieurs utilisent la paille comme litière. Ce qui importe de comprendre ici, c'est l'influence de la paille, de l'hygiène, de l'environnement et de la régie de la litière sur les bactéries responsables de la mammite.

La recherche consistait à comparer les résultats des troupeaux étudiés à des données de base établies par les chercheurs. Les données de base étaient les conditions que les chercheurs croyaient nécessaires pour limiter le développement des bactéries dans la litière et la contamination dans le corps et les trayons de la vache. Les données de base étaient les suivantes :

  • Litière avec un taux d'humidité inférieur à 15 pour cent avant son utilisation ;

  • Décompte de coliformes (les familles incluant les esp. E. coli, Klebsiella et autres) inférieur à un million d'unités formatrices de colonies par gramme de litière ;

  • Restreindre au minimum la durée à laquelle la température de la litière est propice au développement des bactéries (entre 15 et 45 degrés Celsius) ;

  • Litière avec un taux d'humidité à la surface inférieur à 75 pour cent ;

  • Litière avec un pH hebdomadaire supérieur à 9,5 (un pH élevé ou des conditions plus alcalines réduisent le développement des bactéries et leur survie).

Les mesures prises immédiatement après le remplacement de la litière ont révélé que l'humidité relative à la surface de la paille était supérieure à la donnée de base visée de 15 pour cent, environ 75 pour cent de plus. Bien qu'on était en hiver, l'humidité relative de l'air ambiant dans l'étable excédait souvent 75 pour cent. Par conséquent, la litière ne pouvait sécher adéquatement à la surface.

La bactérie E. coli et la bactérie d'environnement à streptocoques ont toutes les deux bien survécu dans la couche supérieure de la litière. Le nombre d'organismes par gramme de litière n'a jamais chuté en dessous de la norme établie d'un million d'unités formatrices de colonies par gramme. Comparée à la litière des vaches taries, celle des vaches en début de lactation contenait environ deux fois plus de E. coli et de streptocoques d'environnement.

La fermentation de la litière entassée procure à la vache un milieu confortable et chaud où il fait bon se reposer. Cette chaleur est toutefois un environnement idéal pour le développement des bactéries. Après avoir remplacé la litière au complet, il a fallu environ une semaine pour que la température revienne au stade favorisant le développement des bactéries, soit entre 15 et 45 degrés Celsius. La température de la litière a rarement descendu sous les 15 degrés, même si on était en hiver.

Le pH de la litière a rarement excédé 9,5. On a augmenté le pH sur une des fermes en ajoutant 30 kilogrammes de chaux. Le pH a excédé 9,5 pendant seulement une journée.

Dans trois des quatre fermes étudiées, la fiche de propreté des vaches en début de lactation était médiocre, alors que les vaches taries étaient propres. Les chercheurs ont trouvé une relation significative entre le degré de consistance du fumier et la propreté des flancs, du pis et des jambes de la vache. Le fumier plus liquide était associé à une propreté moindre.

Le comptage des cellules somatiques des quatre fermes s'est maintenu de façon constante en dessous de 250 000 cellules par millilitre, et malgré cela 10 à 39 cas de mammite clinique par 100 vaches ont été enregistrés durant la période de 6 mois. Le décompte BactoScan s'est situé entre 10 et 24. Il a été prouvé que le fumier a été la principale source de bactéries responsables de la mammite. Sur 78 cas de mammite, 30 ont été causés par E. coli et 14 par les streptocoques d'environnement.

Dans l'ensemble, les chercheurs ont trouvé que la litière était trop humide et qu'elle demeurait à une température et à un pH trop favorables au développement des bactéries. On n'a pas réussi à réduire le nombre de bactéries en ajoutant de la chaux ou en nettoyant complètement le parc puis en renouvelant la litière. Il ne fut guère possible de garder les vaches en début de lactation propres, elles étaient donc vulnérables à la mammite. Bien que le CCS du troupeau fut à un niveau acceptable, on a enregistré un trop grand nombre de mammites d'environnement.

Les chercheurs ont étudié les facteurs responsables des faibles performances identifiées dans les quatre fermes. Ils ont conclu que le type de ration alimentaire avait une influence sur le degré de consistance du fumier et sur l'humidité relative de l'air ambiant et de la litière. Les fortes productrices nourries avec une ration moins fibreuse, plus humide et à plus haute teneur énergétique produisaient des déjections plus liquides. Ils ont estimé que ces vaches produisaient au moins 30 litres d'urine additionnels par jour et environ la même quantité d'eau par le biais des déjections liquides.

Cette humidité additionnelle a contribué à augmenter les taux d'humidité relative de la litière et de l'air ambiant. De plus, en raison d'une ventilation inadéquate, la température de l'air demeurait trop élevée, aggravant ainsi les problèmes d'humidité.

Revue Ontario Milk Producer , Novembre 2002


Auteur : Ann Godkin - DMV/MAAARO
Date de création : Novembre 2002
Dernière révision : Novembre 2002

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