Regrouper les vaches selon leur agressivité
peut réduire le niveau de stress

Dans un troupeau de vaches laitières, on a des individus dominants et d'autres de nature plus soumise. Il est donc raisonnable de penser que les vaches qui vivent dans un milieu social avec un minimum de dérangements sont plus confortables, plus saines et produisent plus de lait.

Deux études menées en Grande Bretagne par les chercheurs C.J.C. Phillips et M. I. Rind peuvent nous aider à mieux comprendre les vaches.

Dans l'une des études, on a attribué une valeur de domination à 66 vaches en se basant sur le nombre d'interactions gagnées ou perdues en raison de leur agressivité. Les résultats démontrent qu'en général, les vaches de grande stature étaient plus dominatrices et que les vaches plus âgées avaient une cote d'agressivité plus élevée que les plus jeunes. Les vaches dominatrices étaient les premières arrivées au salon de traite. Dans le pâturage, ce sont elles qui mangeaient le plus rapidement, sans nécessairement être les premières à commencer. La production de lait des dominatrices était légèrement supérieure à celles de caractère plus soumis.

La moitié du groupe composée des individus plus dominateurs ont été logés et envoyés au pâturage séparément des individus plus soumis. Suite à cette division, on a alloué une période de repos additionnelle de 45 minutes par jour pour une dynamique de groupe moins stressante.

Le rendement en lait pour le groupe dominant est resté le même. Les vaches plus soumises ont produit 0,5 litre de lait additionnel en étant séparées de leurs consťurs dominatrices. Toutes les vaches ont pris du poids.

La seconde étude visait à voir comment des vaches de groupes d'âges différents réagiraient, si on les regroupait ensemble. Deux groupes de 24 vaches ont été impliqués, l'un comprenait des vaches de deuxième lactation et plus et le second comprenait des taures de 24 mois à leur premier vêlage. Pour former le nouveau groupe, on a regroupé 8 vaches et 8 taures.

Dans la semaine qui a suivi le regroupement, la production de lait a chuté de 3 pour cent. Après 6 semaines, la production est demeurée inférieure de un pour cent comparativement à celle des deux groupes de base. Le comportement agressif au sein du nouveau groupe n'était guère plus important comparé aux groupes de base. Toutefois, les vaches des groupes séparés ont passé 50 minutes de plus à pâturer et à ruminer. Dans le nouveau groupe toutefois, toutes les vaches ont passé moins de temps à se reposer. Il semble que dans un groupe nouvellement établi, les vaches plus soumises passent plus de temps à surveiller le patron et les vaches dominatrices cherchent à démontrer qu'elles sont en charge, et ni les unes ni les autres n'ont de temps pour se nourrir, se reposer ou produire du lait.

Dans la première étude, lorsque les chercheurs ont atténué la dominance sociale, les vaches ont pris du poids et augmenté leur temps de repos. Gérer des pâturages séparés pour les taures de premier vêlage et les vaches plus âgées, comme dans l'étude, n'est aucunement économique, puisque les résultats étaient guère différents. Lorsque la gestion du troupeau demande un certain regroupement, il est préférable de regrouper par degré de domination.

Par exemple, dans une installation à stabulation libre, les vaches en lactation ne devraient pas être privées de nourriture pendant plus de deux à trois heures par jour. À cette fin, le temps de traite de chacun des groupes de vaches ne devrait pas dépasser une heure. Pour traire un troupeau de 240 vaches dans un salon de traite de 2 par 10 pouvant traire 80 vaches à l'heure, il faudra former trois groupes de 80 vaches.

La priorité irait vraisemblablement aux groupes des vaches âgées de forte et faible productions. Les productrices moyennes formeraient le troisième groupe.

Un groupe à part comprenant les taures de premier vêlage de tout âge est conseillé. Pour prévenir le stress, c'est mieux d'éviter que ces jeunes taures peu dominatrices soient mêlées à des vaches d'agressivité plus élevée. On diminue ainsi le niveau de domination dans tous les groupes de lactation. Les taures doivent consommer davantage pour parfaire leur croissance et, considérant que leur courbe de lactation est plane, l'aspect nutritionnel sera mieux géré. Compte tenu que les taures sont en général de plus petite taille que les vaches matures, un groupement séparé et des stalles libres de format différent se traduirait par une propreté accrue des animaux.

Revue Ontario Milk Producer, Janvier 2003


Auteur : Jack Rodenburg - MAAARO
Date de création : Janvier 2003
Dernière révision : Janvier 2003

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