Logement des veaux laitiers : il n’y a pas que les huches

Bien que les huches individuelles soient recommandées depuis longtemps pour loger les veaux, les demandes de plans d’étables pour l’élevage des veaux ont considérablement augmenté au cours des deux dernières années. Le logement des veaux dans une étable exige beaucoup moins de main-d’œuvre que dans des huches.

Il y a très peu de recherches pratiques au sujet de l’effet de l’aménagement des étables sur la santé et la croissance des veaux. Une étude sur le terrain, réalisée récemment à l’université du Wisconsin dans 13 étables froides ventilées naturellement où logent des veaux, apporte toutefois un certain éclairage sur les enjeux qui se présentent en matière de conception et d’aménagement, lorsqu’on envisage la construction d'une étable où logeront des veaux. Parmi les auteurs de l’étude, on retrouve certains des spécialistes les plus réputés en la matière en Amérique du Nord.

Les étables qui ont fait l’objet de l’étude avaient des faîtières ouvertes, des rideaux sur les murs latéraux et des enclos individuels avec litières en paille ou en copeaux de bois. Les dimensions des enclos, le rapport entre leur superficie et celle des couloirs, le nombre de cloisons solides, la quantité de litière et le degré de ventilation variaient considérablement. Une cote de santé respiratoire a été attribuée aux veaux, selon une grille prenant en compte la température rectale, la présence de toux, les sécrétions nasales et la condition des yeux et des oreilles. Le nombre de bactéries dans l’air ambiant a été évalué dans les enclos et les couloirs.

Parmi les 225 veaux à l’étude, 14 pour cent présentaient des signes de maladie respiratoire, avec un taux d’incidence variant de 0 à 37 pour cent. L'incidence de la maladie était plus faible dans les étables où le nombre de bactéries de l’air était moins élevé dans les enclos, en présence de cloisons solides et lorsque le type de litière permettait aux veaux de se mettre à l’abri pour se reposer.

La présence de cloisons solides dans les enclos empêche les contacts entre les veaux et offre une certaine séparation de l’air ambiant, ce qui réduit logiquement les risques de propagation de la maladie.

L'importance de fournir une aire de repos aux veaux est peut-être moins reconnue, mais ce fut, dans le cadre de l’étude, l’un des plus importants facteurs de réduction des maladies respiratoires. Les veaux qui avaient accès à suffisamment de litière fraîche pour pouvoir s’y blottir profondément au point où leurs pattes n’étaient plus visibles présentaient beaucoup moins de problèmes respiratoires. Étant donné que l'étude s’est déroulée alors que la température de l’étable se situait autour de 40C, les veaux qui pouvaient se coucher dans la litière étaient mieux protégés des courants d’air et restaient donc plus au chaud.

La présence d’enclos de plus petite taille, l’utilisation de paille au lieu de copeaux et l’ajout de cloisons solides ailleurs que sur les côtés des enclos étaient associés à un comptage bactérien plus élevé dans les enclos et à une incidence supérieure de la maladie.

La superficie des enclos variait de 2,3 à 4,1 mètres carrés. Bien que la présence de paille fût associée à un plus grand nombre de bactéries dans l’air ambiant, l’incidence de maladie était moindre en présence d'une bonne épaisseur de paille. Les avantages associés au fait que les veaux pouvaient se blottir dans la paille par temps froid compensaient donc les effets néfastes d’une population plus importante de bactéries.

Les constatations sur l'ajout de cloisons solides mettent en lumière certaines lacunes dans l’aménagement actuel des étables. En effet, pour tenter de soustraire les veaux aux courants d’air, on ajoute souvent des cloisons solides à l'avant et à l’arrière des enclos individuels que l’on recouvre partiellement à l’occasion. La comparaison de la qualité de l’air dans les couloirs et les enclos, dans le cadre de l’étude, a permis de constater que les cloisons piègent les bactéries dans les enclos, ce qui en augmente la quantité dans l’air ambiant et accroît l’incidence de maladie.

L’intérêt de loger les veaux à l’intérieur d’une étable vient en partie de la réduction de main-d'œuvre qui y est associée et du confort accru pour l’exploitant en raison du travail qui s’effectue à l’intérieur; mais cet intérêt est également attribuable à la popularité croissante du logement en groupe et des systèmes d’alimentation automatisés. L'étude indique qu’il est préférable d’avoir recours à des enclos individuels, à l’intérieur d’une étable ventilée naturellement, et de séparer ces enclos par des cloisons latérales solides pour prévenir les contacts entre les veaux. L'étude en question, comme d’autres d'ailleurs, suggère que les contacts entre les veaux augmentent les risques de maladie. Cette observation confirme que la conception et l’aménagement des étables pour le logement en groupe demanderont encore plus de vigilance que dans le cas des enclos individuels.

Quel que soit le type d’installation, les résultats de l’étude démontrent clairement qu’il ne faut pas limiter la circulation d’air en recouvrant partiellement les enclos ou en plaçant une cloison solide à l’avant ou à l’arrière de ceux-ci. Selon l’étude, la meilleure façon de protéger les jeunes veaux du rhume est de leur procurer de grandes quantités de paille longue pour qu’ils puissent s’y blottir et se garder au chaud. La paille semble la meilleure litière à utiliser en hiver, mais puisqu’elle est associée à une population plus nombreuse de bactéries, il semble préférable d’avoir recours à des copeaux en été.

Les auteurs précisent toutefois, comme dans toute recherche, que certaines pratiques de gestion non mesurables ont pu avoir un effet sur les résultats, d’où la difficulté d’arriver à des conclusions très précises.

Source : A. Lago, S.M. McGuirk, T.B. Bennett, N.B. Cook, et K.V. Nordlund, 2006, «Calf Respiratory Disease and Pen Microenvironments in Naturally Ventilated Calf Barns in Winter.» Journal of Dairy Science 89:4014-4025.

Cet article a déjà été publié, en version originale anglaise, dans la chronique Ruminations de la revue The Milk Producer Magazine, janvier 2007.


Auteur : Jack Rodenburg - chef de programme, systèmes laitiers/MAAARO
Date de création : 6 septembre 2007
Dernière révision : 6 septembre 2007

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