Contrôle de la photopériode dans les troupeaux laitiers

Les producteurs laitiers cherchent constamment de nouvelles pratiques de gestion pour accroître l'efficacité et la rentabilité de leur production. On considère, depuis quelque temps, que le contrôle de la photopériode constitue une méthode économique pour augmenter la production des vaches en lactation. En effet, les vaches exposées à de longues périodes quotidiennes d'éclairage, soit de 16 à 18 heures de lumière suivies de 6 à 8 heures d'obscurité, ont augmenté leur production de lait de 2 litres/vache en moyenne, comparativement aux vaches qui étaient exposées à des photopériodes naturelles (5). Le présent article a pour objectif de démontrer que les vaches laitières réagissent aux jours longs et vise aussi à décrire les réactions physiologiques en cause ainsi qu'à discuter de la pertinence économique du contrôle de la photopériode.

Bien que presque toutes les espèces animales réagissent d'une certaine manière à la photopériode, cette dernière est habituellement associée à des événements ayant trait à la reproduction (17). En fait, les producteurs de volailles utilisent l'éclairage pour stimuler les pondeuses; les éleveurs de moutons et de chevaux font fluctuer l'exposition des animaux à la lumière pour modifier la période de reproduction. Bien que le mode de reproduction des bovins ne soit pas de type saisonnier, la photopériode peut influer sur leur reproduction. Ainsi, les photopériodes de jours longs stimulent la puberté des génisses comparativement aux photopériodes naturelles. On croit également que les jours longs accélèrent le retour au cycle normal après le vêlage, surtout en hiver (8). Toutefois, l'influence de ces facteurs sur la reproduction des bovins est moindre que sur la lactation.

L'effet des jours longs sur la production de lait fut d'abord constaté en 1978 par des chercheurs de l'université du Michigan (13). Des vaches ont été exposées à 16 heures de lumière suivies de 8 heures d'obscurité (16L:8O) ou exposées à la photopériode naturelle au vêlage. L'étude a été réalisée de septembre à mars, sous lumière naturelle. Au cours des 100 premiers jours suivant le vêlage, les vaches exposées à des jours longs ont produit 2,0 L/jour de plus de lait que celles qui étaient exposées à la photopériode naturelle. Au jour 100, les traitements ont été interchangés et la production de lait des vaches qui étaient antérieurement exposées à la photopériode naturelle a augmenté, alors que celle des vaches exposées à 16L:8O a diminué. Ces résultats suggèrent que l'exposition aux jours longs a fait augmenter la production de lait. Depuis cette première étude, au moins neuf autres recherches dans sept laboratoires d'Amérique du Nord et d'Europe ont confirmé cette réaction (résumée au tableau 1). Ces études suggèrent que les vaches exposées à des jours longs produisent en moyenne 2 litres de plus par jour que les vaches exposées à la photopériode naturelle.

Figure 1. Résumé des neuf études concernant l'effet des photopériodes de jours longs sur le rendement des vaches en lactation.

Figure 1. Résumé des neuf études concernant l'effet des photopériodes de jours longs sur le rendement des vaches en lactation.


Auteur : Geoffrey E. Dahl - Ph.D. Associate Professor/University of Illinois
Date de création : 23 mai 2007
Dernière révision : 30 septembre 2011

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