Fournir un éclairage supplémentaire après le vêlage augmente la production de lait

Une étude menée à l'université du Maryland apporte un éclairage différent à la recherche sur la photopériode réalisée antérieurement auprès de vaches en lactation. Le présent article résume les conclusions de l'étude et explore les moyens pratiques d'appliquer ces dernières.

De nombreuses études auprès des vaches en lactation ont porté sur les réactions de ces dernières à différentes durées quotidiennes d'exposition à la lumière. Ces études ont toutes démontré que la production de lait augmentait de 2 à 3 kilogrammes lorsque la durée d'exposition quotidienne à la lumière était prolongée en hiver jusqu'à 16 heures.

Résultats de l'étude

À la suite de l'étude, on a donc recommandé de manière générale que les vaches soient exposées chaque jour à 16 heures de lumière suivies de 8 heures d'obscurité, pour une production de lait optimale. Bon nombre de producteurs laitiers ont donc installé des minuteries dans les étables pour offrir aux vaches ce mode d'éclairage 365 jours par année.

Dans cette étude, les vaches provenaient du troupeau de l'université et ont été taries durant l'automne et l'hiver, 60 jours avant la date de vêlage prévue; elles ont été divisées en deux groupes selon les dates de tarissement et assignées au hasard à l'un des deux traitements de photopériode pour toute la durée du tarissement. Une vache de chaque groupe a été logée dans une étable où un éclairage fluorescent complétait la durée d'exposition à la lumière naturelle de manière à fournir une photopériode de 16 heures suivies de 8 heures d'obscurité. Les autres vaches ont été logées dans une étable identique, dont les fenêtres étaient voilées et où les lumières s'éteignaient en milieu d'après-midi de manière à ce que les vaches soient exposées à 8 heures de lumière suivies de 16 heures d'obscurité. Des rations identiques ont été servies aux vaches pendant la période de tarissement et après le vêlage.

Après le vêlage, toutes les vaches ont été logées et traites ensemble dans une étable où entrait la lumière naturelle hivernale (environ 10 heures de lumière suivies de 14 heures d'obscurité).

On a enregistré la production de lait pendant les 120 premiers jours de lactation. Les vaches exposées à 16 heures de lumière et 8 heures d'obscurité durant la période de tarissement ont produit en moyenne 34,9 kg de lait par jour. Cette production équivaut à 3,2 kg de moins que la moyenne de 38,1 kg produite par les vaches gardées dans l'obscurité pendant 16 heures par jour durant la période de tarissement. Les auteurs croient que l'augmentation de la production est attribuable à un accroissement de la longueur des jours plutôt qu'à la durée absolue de la période d'éclairage.

Lors d'essais antérieurs auprès de vaches en lactation, le traitement consistait toujours à prolonger la durée du jour des vaches, durant l'automne et l'hiver au moment où les jours raccourcissent naturellement. L'effet sur la production de lait était positif à n'importe quel stade de la lactation. Dans ces essais, on a allongé la durée du jour par l'apport d'éclairage additionnel pour les vaches en lactation. Dans l'essai au Maryland, la durée du jour durant la période de lactation a été allongée au moment du vêlage, mais par une diminution cette fois de la durée d'exposition à la lumière durant la période de tarissement.

L'augmentation de la production est attribuable à une augmentation de la longueur du jour. Il serait donc plus efficace de loger les vaches taries séparément des vaches en lactation. Il est ainsi possible de régler l'éclairage dans l'un ou l'autre groupe ou dans les deux. Vous souhaiterez peut-être donner aux vaches en lactation une durée d'éclairage toujours plus longue qu'aux vaches taries. On peut soit réduire la période d'éclairage dans l'étable des vaches taries ou l'augmenter dans l'étable des vaches en lactation.

À quel point l'étable doit-elle être obscure?

Les vaches peuvent trouver leur chemin dans l'obscurité. Cependant, un peu de lumière peut être requis à des fins de gestion. Les lumières rouges tamisées ne semblent pas affecter la perception de la vache de l'obscurité. Des lumières rouges de faible intensité (ampoules de 7,5 W) installées à 20-30 pieds d'intervalle et à 10 pieds au-dessus du sol fournissent un éclairage adéquat pour observer les vaches sans perturber leur réponse à la photopériode.

Combien de temps les vaches doivent-elles être exposées à des jours plus courts?

La recherche ne donne pas de réponse précise à cet égard, mais des études sur l'ampleur des réactions semblent indiquer que les vaches réagissent au prolongement des jours assez rapidement après le changement. Si seule une courte période est nécessaire, il pourrait être acceptable de loger les vaches taries dans la zone obscurcie seulement durant les deux ou trois dernières semaines avant le vêlage.

Vous devez toutefois tenir compte de l'aspect économique relatif à un changement de logement et de gestion. Bien que le fait d'obscurcir la zone de tarissement puisse coûter moins cher que l'éclairage supplémentaire des vaches en lactation, le retrait de l'éclairage dans une étable moderne à ventilation naturelle pourrait être difficile à réaliser à 16 heures au mois de juillet. Un autre défi se pose sur de nombreuses fermes, celui de trouver un logement séparé pour les vaches taries sans que cela crée de nouvelles contraintes dans l'alimentation, la manutention du fumier et ainsi de suite.

jours post-partum

Néanmoins, nous pouvons quand même faire quelques calculs. Le graphique de la production hebdomadaire de cet essai, avec une correction apportée au niveau de production en fonction de l'énergie (LC), suggère que la différence de production peut s'étendre au-delà de la période des 100 jours (les carrés noirs indiquent le groupe des jours courts et les carrés blancs indiquent le groupe des jours longs). Avec 3,2 kg de lait de plus par jour au cours des 120 premiers jours, on estime que la différence pour toute la lactation serait environ 650 kg par vache.

Si on évalue les profits du lait additionnel à environ 20 cents le kilogramme après avoir déduit les coûts d'alimentation, quota et autres frais variables, le bénéfice par vache se chiffrerait à 130 $. Compte tenu de ce qui précède, le troupeau laitier moyen de l'Ontario de 78 vaches pourrait investir jusqu'à 10 000 $ par an dans le travail supplémentaire, le logement ou l'éclairage et rentabiliser la manipulation de la photopériode.

Cette recherche a été menée par A.R.E. Miller, R.A. Erdman, L.W. Douglass et G.E. Dahl à l'université du Maryland, et publiée dans le Journal of Dairy Science, volume 83, numéro 5.


Auteur : Brian Lang - Chef du programme des systèmes de production laitière/MAAARO
Date de création : 23 mai 2007
Dernière révision : 23 octobre 2013

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