Ce qui arrive aux génisses en bas âge peut affecter leurs performances futures

Vos vaches auront la meilleure chance possible d'atteindre leur potentiel génétique de production laitière à vie si vous vous assurez de leur fournir abondamment une nutrition de haute qualité comme génisses, dans les premières semaines après leur naissance, selon la recherche.

Ces dernières années, la communauté des chercheurs en production laitière a souligné l'importance d'une alimentation laitière intensifiée. Des études ont traité entre autres, de la façon optimale de nourrir les veaux, de l'apport en éléments nutritifs et du sevrage. Les chercheurs en sont venus au consensus suivant : il faut un plus grand apport en éléments nutritifs du lait ou du lait de remplacement. Il existe aussi des arguments en faveur de l'amélioration du bien-être des animaux, qui dérivent du même concept.

Une alimentation améliorée implique de nourrir les veaux pour que leur gain quotidien soit beaucoup plus élevé que ce qui était auparavant envisagé.

Une recherche par des scientifiques de l'Université Cornell le confirme. Publiés plus tôt cette année dans le Dairy Science Journal, leurs résultats sont tirés de données provenant de 1 900 génisses et qui ont été recueillies sur 10 ans, de deux troupeaux différents.

Dans les deux troupeaux, les génisses ont reçu de grandes quantités de lait de remplacement de haute qualité. Les laits de remplacement utilisés pendant la période d'observation étaient tous deux disponibles dans le commerce, avec une teneur de 28 pour cent en protéines brutes de sources laitières et 15 ou 20 pour cent de gras. Le programme de nutrition des génisses des deux troupeaux avait comme objectif global de faire doubler le poids à la naissance des veaux, en les sevrant à un âge d'environ 56 jours.

Parmi les divers paramètres qui ont été enregistrés, notons: le poids à la naissance; la date de naissance; le gain moyen quotidien; l'état de santé; le traitement; le poids au sevrage; l'âge au premier vêlage; la production laitière à la première lactation et aux lactations subséquentes. L'analyse des données a tenu compte des conditions variables d'un troupeau à l'autre et d'un milieu de vie à l'autre, et des éléments qui ont changé avec le temps au sein d'un troupeau.

Dans l'un des troupeaux, le gain moyen quotidien avant le sevrage était de 820 grammes. L'analyse des données a montré que pour chaque kilogramme de gain moyen quotidien, les génisses ont en moyenne produit 850 kg de plus de lait à leur première lactation. Dans l'autre troupeau, pour chaque kg de gain moyen quotidien avant le sevrage, la production laitière a augmenté de 1,113 kg à la première lactation.

Ces résultats indiquent qu'un taux de croissance plus élevé améliore la mesure dans laquelle un animal atteindra son potentiel génétique. Plus de recherches sont nécessaires au sujet de ce mécanisme, mais une meilleure nutrition pendant les premières semaines de vie d'une génisse améliore à vie sa production de lait pendant la lactation.

Cette étude indique que la nutrition et la gestion du veau avant le sevrage constituent d'importants facteurs environnementaux qui influent sur l'expression de son potentiel génétique, du moins en ce qui a trait à sa production laitière. Des recherches précédentes avaient postulé que certains facteurs biologiquement actifs présents dans le lait entier pourraient être responsables du rendement amélioré. Une meilleure production de lait a été observée seulement chez les génisses alimentées au lait entier, mais non chez celles qui avaient reçu du lait de remplacement.

Dans l'étude de l'Université Cornell, les deux troupeaux ont reçu un lait de remplacement de haute qualité. On y a démontré une croissance améliorée du jeune animal qui consomme une plus grande quantité de lait de remplacement, ce qui améliorait aussi sa production laitière lors des lactations à venir.

Ce qui importe ici, c'est la densité du lait de remplacement et la qualité de ses éléments nutritifs. Les données de l'étude indiquent la digestibilité du lait de remplacement, la qualité des protéines et les proportions de celles-ci, ainsi que l'apport énergétique total, qui semblent tous des facteurs primordiaux pour générer la lactation.

Dans les deux fermes de l'étude, les génisses qui étaient nées pendant l'hiver ont produit, en moyenne, moins de lait à leur première lactation que celles qui étaient nées pendant l'été. Comme les génisses ont été constamment nourries des mêmes quantités de lait de remplacement toute l'année, ces observations sont peut-être reliées à un apport énergétique qui va au-delà de leurs besoins d'entretien.

C'est pourquoi il peut être avantageux pour vos génisses, dans les mois plus froids, que vous compensiez pour leurs besoins énergétiques plus grands. D'autres recherches ont montré que les génisses réagissent très bien quand elles reçoivent un volume plus élevé d'un lait de remplacement équilibré, qui leur fournit des calories provenant des protéines, du gras et de la lactose plutôt que d'un seul élément nutritif.

En minimisant tout ce qui réduit la capacité d'une génisse à atteindre un gain moyen quotidien supérieur, surtout avant le sevrage, vous pouvez améliorer son rendement futur. Cette étude démontre comment il peut être rentable pour vous de consacrer plus de temps et de ressources aux génisses à ce stade précoce de la vie, et vous en sortirez gagnant.

Pour influer positivement sur la production laitière à vie:

  • nourrir les veaux au lait de remplacement de haute qualité ou au lait complet;
  • leur donner du lait ou du lait de remplacement pour au moins cinq semaines;
  • avant le sevrage, les gains moyens quotidiens doivent être élevés, environ 820 g par jour;
  • pendant les mois d'hiver, les nourrir en plus grande quantité pour compenser les besoins énergétiques plus grands.

Mario S. Mongeon est spécialiste de l'élevage du bétail pour le MAAARO, au Centre de ressources d'Alfred, à Alfred, en Ontario. Référence: Pre-weaning milk replacer intake and effects on long-term productivity of dairy calves. J F. Soberon , E. Raffrenato , R. W. Everett ,1 and M. E. Van Amburgh. Journal of Dairy Science 95:783-793.

 


Auteur : Mario S. Mongeon - Spécialiste de l'élevage du bétail/MAAARO
Date de création : 01 août 2012
Dernière révision : 01 août 2012

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