À vos marques, prêts, partez

La préparation de génisses à la reproduction commence dès le jour de leur naissance.

Pour qu'une génisse vêle à 24 mois, il faut planifier dès le jour de sa naissance. Chaque étape d'élevage de la génisse, de sa naissance au sevrage, à la reproduction, influe sur le temps qu'il lui faudra pour s'intégrer à l'exploitation et générer des profits.

Dans un troupeau dont le taux de conception moyen des génisses est de 60 pour cent et dans lequel on procède à une bonne détection des chaleurs, il faut faire commencer le programme de reproduction à 13 mois pour atteindre l'objectif des 24 mois. On s'assure ainsi que la majorité des génisses sont gravides à 15 mois.

Deux principaux facteurs influent pour que la génisse soit prête à la reproduction à 13 mois : la nutrition et la santé, les 12 premiers mois de sa vie. De sa naissance jusqu'à ce qu'elle se joigne au groupe de reproduction, ces deux facteurs déterminent son aptitude à la reproduction et son rendement dans le programme.

De façon générale, une génisse doit avoir atteint 60 pour cent de son poids corporel à maturité au moment de la première saillie. On recommande pour une génisse Holstein de cet âge un poids de 395 kilogrammes (870 livres), et une taille de 127 centimètres (50 pouces). Le manque de nutrition adéquate ou la maladie dans les premiers mois de sa vie peut vraiment influer sur sa capacité à atteindre ou non ces objectifs.

Si vos génisses n'atteignent pas les objectifs de croissance quand elles doivent commencer la reproduction, il faut modifier les pratiques de conduite pour atteindre ces buts plus tôt que plus tard. Si on attend plus tard, les génisses sont intégrées dans le troupeau laitier plus tard, mais elles ne se retrouvent pas du bon côté de la ligne de production.

C'est difficile d'arriver à identifier régulièrement les génisses qui doivent se joindre au groupe de reproduction. Trop souvent, elles ne rejoignent pas ce groupe à temps. De plus, plusieurs éleveurs négligent de vérifier régulièrement si les génisses sont grosses, ce qui fait que leur état reproductif est inconnu. En ne vérifiant pas leur état, vous pouvez laisser certains animaux dépasser le cap des 15 mois.

Il faut un protocole visant à ce que les génisses s'intègrent régulièrement au groupe reproductif et qui permet de savoir quelles vaches sont saillies ou non à chaque visite sanitaire. Ces données doivent être consignées puis téléchargées au programme de contrôle de la production laitière de l'Ontario (DHI - Dairy Herd Improvement) lors des journées d'épreuve du troupeau. Le DHI fournit aussi une liste des génisses âgées de plus de 12 mois chaque jour d'épreuve, vous saurez ainsi quelles sont les génisses qui sont prêtes.

Le choix du géniteur est souvent l'élément négligé du programme de reproduction des génisses. Avec les génisses qui ont les meilleurs taux de conception du troupeau, et certaines nouvelles avancées génétiques, voici l'occasion idéale d'optimiser le gain génétique à un coût raisonnable. Lors du choix d'un géniteur pour les génisses, il faut penser à la facilité de vêlage. Les génisses qui en sont à leur première saillie sont plus à risque de vêlage difficile, il est alors primordial de choisir un géniteur qui offre des caractéristiques de facilité de vêlage pour la génisse en début de vie reproductrice et pour le veau qui en naîtra.

En Ontario on a trop tendance à recourir au reproducteur du troupeau. Bien sûr c'est un choix économique, mais ces géniteurs présentent aussi des coûts et des risques.

En procédant ainsi on n'a pas l'occasion d'optimiser le choix du géniteur, en plus d'augmenter le taux de consanguinité et d'obtenir des vaches moins productives. Plusieurs troupeaux avec un taureau reproducteur se retrouvent souvent avec 35 pour cent et plus du troupeau de la même descendance en très peu de temps. De plus, l'élément si important de la facilité de vêlage relève de plus en plus de l'inconnu. On peut réduire les vêlages difficiles et les pertes associées avec l'insémination artificielle et la sélection du géniteur.

Image de l'insémination d'une vache.

Si on considère que le programme de reproduction commence à l'âge de 13 mois pour se terminer à l'âge de 15 mois, on dispose de seulement trois cycles oestraux pour que les génisses soient gravides. La détection de l'oestrus est primordiale à tout protocole de reproduction. La détection visuelle des chaleurs exige d'observer les génisses pendant 30 minutes, deux fois par jour. Quand les génisses sont loin de la vue on ne les a pas non plus à l'esprit. Il est facile d'omettre la détection des chaleurs, surtout si la manœuvre dure une heure.

Ces dix dernières années, plusieurs outils ont été élaborés pour vous permettre de surmonter ce manque d'attention à la détection des chaleurs. L'exactitude de la surveillance électronique et l'efficacité des coûts ont progressé cette dernière décennie, ce qui en fait une possibilité attrayante à utiliser pour vos génisses. En étant au courant de l'état de vos génisses 24 heures par jour, vous pouvez remédier aux manques relatifs dans ce secteur. Il existe aussi des protocoles qui permettent de synchroniser l'oestrus et vous aident à faire face aux animaux sans cycle ou problématiques.

La surveillance est un élément primordial et négligé du programme d'élevage de génisses. Pour bien gérer les ressources de votre programme de reproduction, vous devez en surveiller les résultats.

On commence maintenant dans l'industrie à utiliser plus efficacement les taux de gestation dans la reproduction de génisses. Même s'il devient une mesure répandue pour évaluer la performance de lactation du troupeau, le taux de gestation n'est pas beaucoup utilisé dans le cas de la reproduction des génisses. Ce taux résume bien la performance des génisses en répondant aux deux questions :

  • vos génisses ont-elles été inséminées?
  • sont-elles en gestation par la suite?

Vos génisses peuvent atteindre un taux de gestation de 36 pour cent et plus. D'autres éléments clés à surveiller seraient notamment l'âge à la première saillie, l'âge au premier vêlage, le taux de conception au premier service, le taux de conception général et le pourcentage des vêlages à la première lactation qui finissent par une mortinatalité. La surveillance de ces données vous permet d'examiner ce qui va bien dans votre élevage et de trouver des occasions d'amélioration.

Cet article est déjà paru, en version originale anglaise, dans la chronique Ruminations de la revue The Milk Producer Magazine, décembre 2010.


Auteur : Mark E. Carson - analyste de la reproduction des troupeaux/Gencor
Date de création : 05 mai 2010
Dernière révision : 05 mai 2010

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