Planifier en vue d'assurer que vous êtes prêt à gérer le stress thermique durant les mois d'été

Dr Geoffrey Dahl, professeur en sciences animales à l'Université de la Floride parler de ses projets de recherche portant sur l'impact du stress thermique dans les troupeaux laitiers.

Les vaches en lactation exposées à des conditions de température et d'humidité élevées mangent généralement moins que d'habitude et produisent moins de lait. La sévérité et la durée du stress thermique, associée ou non à un refroidissement nocturne, dicteront l'impact sur la production de lait et l'importance de la récupération une fois que la température aura baissé. Maintenant, est-ce que les vaches qui ne sont en lactation dans l'étable subissent aussi un stress thermique? La réponse est simple, oui, et dans une plus grande mesure que vous pourriez le croire.

Pendant la période de tarissement, le système mammaire connaît de nombreux changements. Les tissus se développent et le renouvellement cellulaire est important. Ce processus compense la perte cellulaire survenue pendant la lactation précédente. L'étendue du processus de régénération dicte le nombre de cellules productrices de lait et leur capacité de production. Il a été démontré que les facteurs environnementaux, tels que la photopériode et la température affectent la prochaine lactation.

Par exemple, les vaches exposées à des jours courts pendant la période de tarissement produisent plus de lait et possèdent des fonctions immunitaires améliorées comparativement à d'autres vaches taries exposées à une photopériode longue. La température et l'humidité sont d'autres facteurs environnementaux importants. Les vaches laitières préfèrent les températures fraîches. À mesure que la température se réchauffe, surtout si l'humidité relative est élevée, des signes de stress thermique peuvent se manifester, comme une diminution de la consommation de matière sèche et une réduction de la production de lait chez les animaux en lactation. Les vaches taries aussi peuvent subir des effets néfastes en raison de températures chaudes. De plus, les effets du stress thermique peuvent facilement se prolonger jusqu'à la lactation suivante. Les chercheurs de l'Université de la Floride à Gainesville ont constaté que le stress thermique pendant la période de tarissement compromet le développement mammaire. Cela diminue la production de lait à la prochaine lactation, même si le facteur de stress n'est plus présent.

La période de tarissement de la vache laitière est critique à bien des égards. Les conditions qui prévalent pendant ces deux mois influenceront le résultat de la lactation subséquente, la descendance et ses performances. Le stress thermique maternel vers la fin de la gestation peut réduire la période de gestation. Le fœtus se développe à un rythme rapide pendant les deux derniers mois de gestation. La naissance prématurée diminue le poids du nouveau-né, y compris son poids au sevrage et à la puberté. L'immunité passive du colostrum peut être compromise chez les veaux nés de vaches sous stress thermique, car les immunoglobulines transférées du colostrum dans la circulation sanguine sont plus faibles.

La progéniture de vaches exposées au stress thermique pendant la période de tarissement aura tendance à avoir des performances reproductives et un rendement en lait plus faibles, du moins au cours de la première lactation.

L'impact de l'environnement sur la santé et la productivité future des vaches taries sont plus importants qu'on ne l'avait pensé. L'effet sur la progéniture peut être très important. Ces résultats soulignent l'importance de réduire le stress thermique chez les vaches en lactation et les vaches taries. Il existe plusieurs façons d'atténuer les effets des températures plus chaudes pendant les mois d'été. De l'eau potable en abondance et facile d'accès pour les vaches taries est un excellent début. Un accès à l'ombre, ainsi qu'une bonne ventilation et circulation d'air sont d'autres moyens simples pour réduire l'impact de la chaleur dans votre troupeau. Il est maintenant temps d'examiner si vous devrez apporter des modifications à votre étable pour assurer le confort de vos vaches lorsque l'été reviendra.

Une autre mesure qui peut être utilisée pour réduire les effets de la chaleur sur les animaux est de les rafraîchir avec de l'eau. Les systèmes d'aspersion ou de brumisation sont assez courants dans les grands troupeaux en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. La plupart du temps, les systèmes d'aspersion sont associés à des ventilateurs. L'effet de refroidissement de l'eau est renforcé par l'évaporation induite par les ventilateurs. Ces systèmes sont habituellement installés là où les vaches se rassemblent ou au-dessus d'elles au lieu d'alimentation.


Auteur : Mario Mongeon - Spécialiste en production animale/MAAARO
Date de création : décembre 2015
Dernière révision : décembre 2015

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca