La gestion de précision

De nouvelles technologies sont conçues et adaptées pour vous fournir plus rapidement de meilleures données sur la production laitière

La détection des perturbations métaboliques telles que la cétose chez les vaches laitières en période de transition relève toujours du défi. La mesure de la prise alimentaire et de la température des vaches, et l'utilisation d'analyses à la ferme sont devenues plus courantes, mais ces procédures exigent beaucoup de main-d'oeuvre et produisent parfois peu d'information.

Une meilleure solution pourrait bientôt voir le jour. Les spécialistes des sciences laitières étudient le potentiel d'un nouvel outil portatif conçu à l'origine pour les personnes atteintes du diabète. Ils tentent de déterminer si cet outil peut déceler la cétose subclinique chez les vaches.

Certains diabétiques sont plus à risque de développer l'acidocétose, une condition dont les caractéristiques sanguines s'apparentent à celles de la cétose chez les vaches. Ils utilisent des dispositifs communément appelés glucomètres pour mesurer le taux de cétone dans le sang. Un dispositif semblable est à l'essai chez les vaches laitières.

Le dispositif de mesure de la cétose n'est qu'un des outils de la prochaine génération d'innovations dans l'industrie laitière. Récemment, le secteur des services à l'industrie laitière a commencé à étudier l'application à la ferme de technologies de pointe qui n'ont pas été développées pour l'industrie laitière.

Celles-ci comprennent des outils, des logiciels et les technologies des détecteurs couplés à ce qu'on appelle la gestion laitière de précision, un nouveau modèle de gestion laitière plus rentable au niveau de la main-d'œuvre.

Un potentiel en forte croissance

Certaines technologies bien connues, telles que la traite robotisée et l'alimentation automatisée des veaux, réduisent déjà les besoins en main-d'œuvre des fermes laitières. L'application de nouvelles technologies pratiques à plusieurs autres activités de production laitière est sur le point de devenir réalité.

Des entreprises privées et des universités ont entrepris des essais comparatifs et des études sur le terrain dans le cadre de projets sur l'application de technologies de précision au contrôle de la santé et du bien-être des animaux. Elles touchent notamment la boiterie et les maladies chez les vaches en période de transition, le contrôle du niveau d'activité pour identifier les étapes clés de la reproduction et l'utilisation de détecteurs dans les lactoducs pour analyser la qualité du lait et évaluer la santé des glandes mammaires de la vache.

La gestion laitière de précision a aussi un rôle important à jouer sur le plan de la gestion de l'alimentation et de la nutrition. L'alimentation représente toujours de 50 à 70 pour cent du coût de production du lait et la technologie pourrait réduire « l'allocation » exprimée sous forme de rations excédant les besoins nutritifs réels de l'animal. Les coûts du producteur s'en trouveraient réduits.

Cette technologie permettrait de gérer l'inventaire d'aliments, de surveiller le programme d'alimentation, de contrôler les conditions ruminales telles que le niveau de pH et de mettre à profit les innovations qui individualisent l'alimentation des vaches.

Données améliorées

Le but de tous ces travaux de recherche et de fournir des renseignements plus fiables sur l'état de chaque animal, plus rapidement et à meilleur prix que les techniques traditionnelles à forte demande en main-d'œuvre.

C'est justement ce que pourrait faire un appareil de mesure qui détecte la cétose subclinique. Des chercheurs allemands ont récemment publié deux études qui démontrent le bien-fondé de procéder à la validation de ces appareils très prometteurs.

Chez les vaches adultes en début de lactation, la cétose subclinique est courante et se manifeste par une faible prise alimentaire et la dépression. Cette affection est souvent associée à une baisse d'énergie. Laissée sans traitement, elle empêche le foie de la vache de mobiliser les réserves adipeuses tout en produisant le glucose nécessaire à la sécrétion de lait.

Chez une vache cétosique, les taux d'acides gras non estérifiés, de cétone acétone, d'acétoacétate et de -hydroxybutyrate (BHBA) dans le sang sont typiquement élevés, et le taux de glucose est bas. À l'heure actuelle, on réalise des analyses à la ferme à l'aide de bandelettes réactives, de poudres ou de comprimés, et d'échantillons de lait ou d'urine. La couleur de l'échantillon change en fonction de sa teneur en cétone.

La meilleure façon de détecter la cétose consiste néanmoins à faire mesurer le BHBA dans un échantillon de sérum ou de plasma sanguin par un laboratoire. Un certain niveau de BHBA permet d'identifier les vaches souffrant de cétose subclinique. Les délais pour obtenir ces résultats d'analyse peuvent cependant être longs.

Les chercheurs allemands ont utilisé des appareils portatifs pour mesurer les niveaux de BHBA chez les vaches. La précision du diagnostic obtenu à l'aide des appareils de mesure du BHBA s'est avérée meilleure que celle des diagnostics fondés sur des analyses chimiques effectuées à la ferme.

Les chercheurs ont signalé qu'il faudrait réaliser davantage d'essais pour identifier les facteurs pouvant avoir une incidence sur les résultats. Une fois que ces facteurs auront été identifiés, producteurs et vétérinaires pourraient disposer d'un outil plus précis pour déceler rapidement la cétose subclinique en prélevant une seule goutte du sang de la vache.

La conférence sur la gestion laitière de précision (Precision Dairy Management Conference) qui s'est déroulée à Toronto du 2 au 5 mars mettait en vedette certaines de ces innovations technologiques.

Bibliographie :

M. Iwersen, U. Falkenberg, R. Voigtsberger, D. Forderung et W Heuwieser. 2009. Evaluation of an electronic cowside test to detect subclinical ketosis in dairy cows. J. Dairy Sci. 92:2618-2624.

Cet article est paru dans la rubrique Ruminations de la revue Ontario Milk Producer en septembre 2009.


Auteur : Tom Wright - spécialiste de la nutrition des bovins laitiers/MAAARO
Date de création : 25 mai 2010
Dernière révision : 17 février 2016

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