Un nettoyage impeccable

Les robots de nettoyage sont des plus efficaces pour racler le fumier des caillebotis et des lattes dans les étables laitières

Les planchers à lattes offrent de bons avantages de manutention et d'entreposage du fumier, mais les méthodes conventionnelles pour garder les allées des vaches propres et sèches dans les étables aux planchers solides ne suffisent pas. Elles présentent des lacunes sur ce type de sol. Les robots racleurs d'étables ont démontré leur efficacité dans ce cas.

Les allées où circulent les vaches doivent être propres et sèches, que ce soit dans une étable avec des planchers solides ou de lattes, pour s'assurer que les animaux aient des sabots sains. En maintenant les allées propres, on évite aussi que les vaches transportent du fumier dans les logettes, ce qui protège la santé des pis.

Les racleurs automatiques conventionnels poussent le fumier au travers des lattes, mais ils sont munis de câbles ou de bras qui exigent de l'entretien. Pour ne pas nuire à la circulation des vaches, il faut installer des roues pour les coins ou d'autres mécanismes d'entraînement à l'extérieur de la zone des vaches, ce qui augmente la superficie de l'étable. Les robots racleurs d'étable ne nécessitent aucun de ces dispositifs d'entraînement.

Autre inconvénient des racleurs automatiques sur les lattes, ils n'éliminent pas le fumier des croisements et des zones de contention. Le raclage manuel reste la seule solution. Les robots racleurs sont efficaces dans les aires de croisement et les zones à aires ouvertes adjacentes aux systèmes de traite robotisée.

Dans les zones où le fumier s'accumule rapidement, près des murets des étables à stalles libres par exemple, le robot racleur peut être programmé pour nettoyer plus fréquemment. Les lattes, et de ce fait les vaches aussi, restent plus propres.

Les robots racleurs de fumier ne sont pas dérangeants. Ce sont des appareils silencieux qui influent peu sur le comportement des vaches. S'ils se butent à une vache allongée dans l'allée ou à un autre obstacle, ils tentent de le contourner ou de le pousser du chemin. Si la vache ou l'obstacle ne se déplace toujours pas, le robot tombe en arrêt et il attend votre intervention pour régler le problème.

En Ontario deux types de robots racloirs de fumier sont utilisés à l'heure actuelle, le JOZ-tech et le Lely Discovery. Un troisième, fabriqué par Royal De Boer, est disponible en Europe.

À l'aide d'une commande à distance, vous guidez le robot racloir JOZ-tech autour de l'étable pour configurer son itinéraire initial. Une antenne sur l'appareil détecte des signaux d'une série de transpondeurs situés dans le plancher, qui lui permettent de naviguer. Quand il passe au-dessus d'un transpondeur, l'appareil reçoit une commande programmée qui lui indique de virer, d'aller en ligne droite et ainsi de suite. De même, des capteurs dans les bords latéraux du racloir le guident le long des murets et des murs. Les roues arrière comptent les révolutions pour détecter la distance parcourue.

Si l'appareil JOZ-tech tombe en arrêt ou qu'il semble désorienté, vous le guidez vers son parcours programmé avec la commande à distance jusqu'au prochain transpondeur. Il reprend alors sa route à partir de ce dernier.

Le robot racleur d'étable Lely Discovery navigue grâce à la combinaison d'un gyroscope, d'un dispositif à ultrasons et du nombre de révolutions des roues. Le gyroscope guide son orientation. Les ultrasons déterminent la distance des murs et des murets, guidant l'appareil le long de ces derniers. Le nombre de révolutions des roues détermine la distance parcourue.

On a procédé en janvier 2010 dans une étable avec traite automatisée à l'essai du robot racleur Lely Discovery. On a mis le robot racleur à l'arrêt dans l'une des sections de l'étable pendant 24 heures. On a recueilli et pesé le fumier accumulé dans les allées. Plus important encore, on a mesuré l'effet de l'accumulation du fumier et de son transfert aux logettes par les sabots des vaches.

Pour déterminer la quantité de fumier déplacée dans la litière de la stalle, on a quadrillé un mètre carré (39 po sur 39 po) avec des carrés de 10 sur l0 disposés sur le plancher. La grille a été centrée sous une cloison de stalle et on a additionné les carrés montrant toute marque de fumier. Une deuxième grille d'un mètre carré a été déposée sur les lattes près du muret de stabulation libre, et aussi centrée par rapport à une cloison. Le fumier à l'intérieur des carrés a été ramassé et pesé. Des données provenant de quatre zones des quatre rangées intérieures ont été recueillies et on a calculé les moyennes de chaque prélèvement.

Le comportement des vaches a été capté par un dispositif photographique à déclenchement intermittent avant l'arrêt du robot, pendant qu'il était à l'arrêt puis de nouveau en marche.

Malgré des tendances observées dans l'étable lors de la collecte des données, les échantillons insuffisants n'ont pas permis d'établir de statistiques. On a signalé une exception un soir vers 18 h 30, quand le robot racleur était à l'arrêt et le jour suivant vers la même heure quand il était en marche, comme le démontre le graphique. Les carrés contenaient plus du double de la quantité de fumier quand le robot de nettoyage était à l'arrêt par rapport à quand il était en marche, ce qui suggère que les vaches transportaient vraiment plus de fumier dans les stalles.

Les stalles étaient nettoyées deux fois par jour, tôt le matin vers environ 7 h, puis tard le soir vers 23 h. C'est pourquoi l'accumulation de fumier à la surface des stalles n'augmentait pas après la collecte d'échantillons vers 18 h 30. Les vaches sont moins actives la nuit, la surface des stalles était encore propre vers 6 h 30 le matin suivant, même si la quantité de fumier avait beaucoup augmenté dans l'allée, passant de quatre à 10 kilogrammes le mètre carré.

L'accumulation de fumier dans les allées était assez visible après 24 heures et se poursuivait. Toutefois, les seuls quatre échantillons prélevés dans l'étable n'ont pas permis de refléter ce fait dans les données. De nouveau en marche, les robots racleurs ont effectué un nettoyage efficace du plancher.

Les photos prises par intermittence montraient le peu d'attention portée par les vaches au robot, à moins que ce dernier n'arrête pour une raison quelconque. Il devenait alors l'objet d'un intérêt spécial.

Le fumier s'accumule dans les allées, surtout près du muret des stalles, quand il n'est pas poussé par un racleur. Le fumier accumulé sur les lattes du plancher pose un risque plus élevé de contamination quand les vaches en entraînent dans les stalles avec leurs sabots et leur queue. Un robot racleur peut garder les planchers à lattes propres de façon efficace et il influe peu en temps normal sur le comportement des vaches.


Référence : House, H.K., 2010. The Why and How of Robotic Slat Cleaners, Proceedings of the First North American Conference on precision Dairy Management, Toronto, March 2-5, 2010

Le texte précédent est paru dans la rubrique Ruminations de la revue Milk Producer Magazine en janvier 2011.

 

On a procédé en janvier 2010 dans une étable avec traite automatisée à l'essai du robot racleur Lely Discovery.


Auteur : Harold K. House - Engineer, Dairy and Beef Housing and Equipment/MAAARO
Date de création : 02 décembre 2011
Dernière révision : 02 décembre 2011

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