Une occasion en or

La paille peut être bien autre chose qu'un simple matériau de litière. On a en effet démontré qu'elle pouvait être une source valable de fibres dans la ration des vaches taries et des vaches en lactation.

Les fibres sont extrêmement précieuses dans le régime alimentaire des troupeaux laitiers. Elles peuvent faire augmenter la teneur en matière grasse dans le lait et améliorer l'indice de conversion en contribuant à stabiliser le rumen de la vache de manière à ce que ce dernier utilise les autres éléments nutritifs de manière plus efficace.

Vous pouvez transformer la paille en or dans votre ration totale mélangée (RTM) si vous coupez cette source non conventionnelle de fibres à la bonne longueur et que vous l'ajoutez en bonne quantité à la ration.

Dans les rations pour vaches taries et vaches en transition, la paille permet à l'animal de maintenir son ingestion de matière sèche durant la période précédant le vêlage. Elle contribue au remplissage du système digestif (avec de l'eau et de résidus alimentaires), ce qui réduit les déplacements de caillette au vêlage. Les vaches peuvent manger tout ce qu'elles veulent, sans accumuler trop d'énergie.

Il pourrait être difficile d'offrir aux vaches en lactation une quantité adéquate de fibres en raison des prix élevés du maïs et du nombre croissant de superficies qui sont cultivées pour les grains au lieu du foin. Si la ration actuelle ne contient pas suffisamment de fibres efficaces ou si les sources de fibres sont rares, la paille peut contribuer à combler ces lacunes.

La paille peut fournir la fibre de détergent neutre (FDNpe) physiquement efficace qui stimule la mastication des vaches et qui accroît la masse flottante de particules dans le rumen. À titre de comparaison, la FDNpe de l'ensilage de maïs est de 34 % alors que celle de la paille est de 52 %.

Comparaison entre la paille et l'ensilage de maïs

Dans le cadre d'une étude récente, Mary Beth Hall, chercheuse pour le U.S. Dairy Forage Research Center au Wisconsin, a comparé la valeur en fibre de la paille coupée avec celle de l'ensilage de maïs dans l'alimentation des vaches laitières.

Elle a analysé quatre types de rations : paille de blé avec du maïs égrené à haute teneur en humidité; paille de blé avec du maïs sec broyé; tiges de maïs coupées et ensilées avec maïs égrené à haute teneur en humidité; tiges coupées et ensilées avec maïs sec broyé. La ration comprenait aussi de l'ensilage préfané de luzerne, de l'ensilage de maïs, du tourteau de soya, du soya torréfié, des écales de soya et un mélange de vitamines et de minéraux contenant du monensin.

Toutes les rations étaient équivalentes sur le plan nutritif, avec 31 % de FDN, 25 % de la matière sèche provenant des fourrages, 26 % provenant de l'amidon et 17,5 % de la protéine brute. Les vaches ont ingéré environ 22 kilogrammes de nourriture par jour, incluant 2,7 kg de paille ou d'ensilage de maïs. Tous les animaux ont ingéré les différentes rations, en rotation, au cours de l'essai de deux mois.

Au cours de cette période, les vaches ont consacré le même temps à manger et à ruminer quelle que soit la ration. La production de lait est aussi demeurée la même. La production était en moyenne de 37 kg de lait, à 3,8 pour cent de matière grasse et 2,9 pour cent de protéine.

Teneurs plus élevées en AUL

Selon les résultats obtenus par Mary Beth Hall, les rendements en lait et en protéine étaient légèrement supérieurs dans le cas des vaches qui avaient ingéré de l'ensilage de maïs. Les teneurs en azote uréique du lait étaient par ailleurs plus élevées dans le cas des animaux nourris avec des rations contenant de la paille de blé. Les rations contenant de l'ensilage de maïs ont semblé être digérées plus rapidement par les vaches. Les rations contenant de la paille de blé avaient tendance à demeurer plus longtemps dans le rumen, ce qui peut favoriser une digestion plus efficace des éléments nutritifs.

La paille est habituellement ajoutée aux rations à un taux de 2,5 à 5,5 kg par tête par jour. Si de la paille est ajoutée à la ration, toutefois, il ne faut pas se fier aux valeurs théoriques de sa valeur nutritive. Selon une étude sur les valeurs nutritives de la paille, les résultats des analyses se situaient entre 20 à 40 pour cent de digestibilité pour les FDN.

Effectuer des analyses avant de donner la paille aux vaches

Utilisez des méthodes d'analyse par chimie humide pour évaluer les teneurs en matière sèche, en protéine brute, en FDN, la digestibilité de la FDN ainsi que les teneurs en gras et en cendres, afin d'être en mesure de calculer l'énergie assimilable. La protéine brute de la paille sera habituellement inférieure à cinq pour cent, alors que la FDN sera supérieure à 75 pour cent et les unités nutritives totales seront inférieures à 45 pour cent.

Si la paille provient de blé contre-ensemencé et qu'elle contient beaucoup de luzerne ou de nouvelles pousses mélangées, sa valeur nutritive pourrait varier. Son contenu en protéine, en énergie et en potassium pourrait être beaucoup plus élevé que prévu.

Coupez la paille en longueurs de 5 cm (2 po) ou moins. Si on la coupe à une longueur de moins de 2,5 cm (1 po), on peut compromettre l'objectif de fournir une fibre efficace.

Par ailleurs, la RTM risque de ne pas être efficace si les vaches se mettent à trier la paille, car elles ne recevront pas la quantité de fibres calculées dans la ration. Dans une ration pour vache laitière, la matière sèche d'origine fourragère devrait représenter juste un peu plus de 20 pour cent de la FDN. En s'assurant que la RTM donnée chaque jour correspond à l'ingestion quotidienne, on peut réduire les conséquences du tri des ingrédients.

Il est également utile de veiller à ce que la RTM soit à un degré d'humidité adéquat. Il peut être nécessaire d'ajouter de l'eau pour que la paille adhère aux autres ingrédients.

L'utilité d'ajouter de la paille à la ration dépend de son prix et de sa disponibilité. L'ajout de paille peut représenter une occasion en or si le prix des grains est élevé et si la pression pour d'autres utilisations des superficies est élevée.

Cet article est d'abord paru, en version originale anglaise, dans la chronique Ruminations de la revue The Milk Producer en septembre 2011.


Auteur : Barry Potter - Livestock Specialist/MAAARO
Date de création : 09 décembre 2011
Dernière révision : 09 décembre 2011

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