Une enquête auprès des producteurs laitiers de l'Ontario a démontré une augmentation du taux de traite robotisée dans la province

Les producteurs laitiers de l'Ontario ont commencé à utiliser des systèmes de traite robotisée (STR) en 1999. Bien qu'au début, l'adoption de cette technologie était lente, un nombre croissant de producteurs laitiers utilisent maintenant ces systèmes sur leurs fermes.

Au cours des trois dernières années, le nombre de troupeaux STR a augmenté de 400 pour cent. Aujourd'hui, plus de 200 fermes laitières de l'Ontario utilisent la traite robotisée. À l'été 2013, le ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario et l'Université de Guelph ont élaboré un questionnaire pour recueillir de l'information sur l'utilisation actuelle des STR en Ontario. L'information sera éventuellement partagée avec les producteurs qui utilisent actuellement un STR et ceux qui souhaitent en acquérir un. Les données serviront également de références et pourront servir comme pistes de recherche potentielles pour l'avenir.

En total, 33 troupeaux de l'Ontario possédant un système de traite Lely ou DeLaval ont participé à l'enquête. L'enquête comporte trois parties : un entretien avec chaque producteur afin de recueillir des renseignements sur la gestion et la production, la collecte d'échantillons d'aliments du bétail, de concentrés et d'eau de chaque ferme, ainsi que la collecte de différents rapports de production. Des échantillons d'eau, d'aliments de la ration partiellement mélangée (RPM) et des aliments servis au robot ont également été envoyés à un laboratoire pour analyse.

Les données de production du troupeau ont été obtenues du logiciel de gestion du robot de traite de la ferme. Post Lely Centre et Norwell Dairy Supply Systems Ltd. ont travaillé en collaboration pour développer un rapport de production électronique unique conçu spécialement pour ce projet. Le rapport était téléchargé la même journée que la visite à la ferme, et permettait d'obtenir les données de production, de gestion et de nutrition sélectionnées pour chaque vache. Pour les troupeaux utilisant les services CanWest DHI, ce qui représentait 79 pour cent des exploitations agricoles de l'étude, les contrôles laitiers DHI les plus proches de la date de visite ont été utilisés après avoir obtenu le consentement du producteur.

Pour les 33 fermes participantes, la moyenne de jours en lactation était de 173,9, comparativement à la moyenne provinciale de 181,8 jours. Le troupeau moyen comptait 88 vaches, ce qui dépassait légèrement la moyenne provinciale de 78 vaches. La production journalière moyenne de lait était de 31,5 litres par vache. Cela dépassait un peu la production journalière moyenne provinciale de 30,5 litres par vache. Les producteurs qui ont installé des robots de traite ont généralement enregistré une augmentation de la production de lait après l'installation. C'est particulièrement le cas des troupeaux où les vaches étaient traites deux fois par jour avant l'installation du robot de traite, et où elles se sont mises à visiter le robot de traite en moyenne 2,8 fois par jour. Des recherches antérieures dans ce domaine ont montré une augmentation typique de la production de lait de 1,5 à 3 kilogrammes. Les augmentations de lait supérieures à ces valeurs étaient dues à une meilleure gestion dans d'autres domaines, comme des changements sur le plan nutritionnel ou un plus grand confort de la vache.

Les chercheurs ont visité des étables qui ont été réaménagées pour accueillir un STR, ainsi que des étables construites spécifiquement pour un STR. Des faits anecdotiques montrent que les étables construites spécifiquement pour un STR ont un avantage sur les étables réaménagées, comme moins d'animaux à pousser. Cependant, l'échantillonnage d'étables réaménagées dans cette étude était trop petit pour faire une comparaison significative. Bien que les aménagements et les mesures de ces étables aient été enregistrés, il y avait trop de variations dans les aménagements pour faire une conclusion statistique claire.

L'enquête renfermait aussi des données sur les systèmes de circulation libre et de circulation forcée des vaches, avec deux étables pourvues des deux systèmes sous un même toit. Le système de circulation libre permet aux vaches d'accéder à tous les endroits de l'étable en tout temps. Toutefois, les vaches ont tendance à se rendre moins souvent au robot de traite et nécessitent un taux de déplacement manuel plus élevé par rapport au système de circulation forcée. Les deux seules raisons qui poussent une vache à se rendre au robot de traite sont le besoin d'être traite et le concentré qui est servi au robot. L'étude a révélé que ces types de systèmes sont les plus communs. Dans les systèmes de circulation forcée, les vaches doivent être traites avant d'accéder à la prochaine section de l'étable. Cette installation comporte une barrière à sens unique près du robot. Les producteurs laitiers utilisent deux systèmes de circulation forcée : l'alimentation en premier ou la traite en premier.

Les résultats de base de l'enquête

De toutes les fermes participantes, 38 pour cent possédaient un robot, 47 pour cent en possédaient deux et 15 pour cent en possédaient plus de deux. En moyenne, 48 vaches étaient traites par chaque robot. Cette moyenne correspondait aux moyennes recommandées par les deux systèmes de traite robotisée, Lely et DeLaval, même si le nombre de vaches allait d'un minimum de 31 vaches par unité à un maximum de 66 vaches par unité. Des recherches antérieures ont montré que les robots qui opéraient à une plus faible capacité recevaient un plus grand nombre de vaches par jour. Cela signifie que ces robots n'avaient pas atteint leur efficience maximale. Comme la popularité des robots ne cesse de croître, il n'est pas surprenant d'observer que plus de 50 pour cent des exploitations enquêtées possèdent des robots depuis moins de 24 mois.

Le taux de déplacement manuel était plus élevé au cours des premiers mois suivant l'installation d'un STR. Le déplacement manuel d'une vache se décrit comme étant l'obligation de conduire une vache au robot parce qu'elle refuse de s'y rendre d'elle-même. Le logiciel de gestion du STR avise le producteur quand une vache doit être déplacée manuellement après avoir analysé que l'intervalle de temps entre les traites s'est écoulé. Les producteurs peuvent définir des alarmes en fonction des besoins de leurs troupeaux.

L'enquête a révélé un taux de déplacement manuel de huit pour cent dans les troupeaux où les robots avaient été installés depuis moins de 24 mois, et un taux de déplacement manuel de six pour cent dans les troupeaux qui possédaient un STR depuis plus de 24 mois. En outre, 36 pour cent des exploitations visitées avaient un taux de déplacement manuel de moins de cinq pour cent la journée de la visite. Tous les troupeaux avec des taux supérieurs à 10 pour cent étaient relativement peu habitués aux STR et opéraient selon le système de circulation libre. Certaines vaches ont du mal à s'adapter à la traite robotisée et doivent être déplacées manuellement plus souvent au cours des premiers mois suivant l'installation d'un STR. Les producteurs voient généralement le taux de déplacement manuel diminuer au fil du temps, à mesure que leurs vaches et eux-mêmes deviennent plus à l'aise avec la technologie, ce qui peut prendre quelques mois à un an. Certains producteurs préfèrent réduire le taux de déplacement manuel en réformant les vaches qui ont constamment besoin d'être emmenées au robot.

Le comptage des cellules somatiques (CCS) variait beaucoup d'une ferme à l'autre. Le CCS maximal enregistré dans l'enquête était de 477 000 et le CCS minimum était de 92 000. Selon les tests effectués à la date la plus proche de la visite, le CCS moyen pour les 33 fermes était de 240 000. Pour les 26 producteurs utilisant CanWest DHI, leur consentement a permis de recueillir les rapports des tests les plus proches de la visite. Le CCS moyen de ces 26 troupeaux au moment de la visite était de 270 000. La moyenne provinciale pendant les trois mois de l'enquête était de 250 000.

Dix des 33 fermes visitées avaient un CCS supérieur à 300 000, selon le registre des données des réservoirs à lait du Dairy Farmers of Ontario, et 13 des 26 troupeaux qui utilisaient CanWest DHI avaient un résultat linéaire de 3,0 ou plus dans le rapport le plus proche du jour de la visite. Un résultat linéaire de 3,0 ou plus est généralement associé à un problème au sein du troupeau, plutôt qu'à un CCS élevé de vaches individuelles, ce qui peut fausser le CCS du troupeau. Les CCS de l'Ontario sont plus élevés en été comparativement au reste de l'année. Toutes les visites ont eu lieu à partir de la fin de juin, en juillet et en août.

Les troupeaux qui utilisent un STR diffèrent des troupeaux traditionnels de plusieurs façons. Dans l'ensemble, l'enquête a fourni une bonne base sur l'utilisation et l'état actuel des STR en Ontario. Le MAAARO et l'Université de Guelph continuent à suivre l'évolution de la gestion et de la production afin de déceler des tendances.

Cet article a été publié initialement dans l'édition d'août 2014 de la revue Milk Producer.


Auteur : Michelle Linington, Vanja Djukic, Vern Osborne, John Cant/Université de Guelph et Tom Wright/MAAARO
Date de création : 22 février 2016
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