Les chercheurs souhaitent développer de meilleurs programmes d'élevage des veaux à la ferme à la grandeur de l'industrie et réduire les taux globaux de morbidité et de mortalité

Les chercheurs du secteur laitier accordent de nouveau de l'importance au lait de transition. Le colostrum est le premier lait que la vache produit après le vêlage, le lait de transition, quant à lui, fait référence au lait produit dans les jours qui suivent le vêlage, mais avant qu'il ne devienne du lait entier. La production de colostrum par la vache se termine à la naissance, mais le lait de transition contient aussi des concentrations élevées d'immunoglobulines, d'hormones et de facteurs de croissance. La concentration de ces facteurs non nutritifs dans le lait de transition diminue rapidement au cours de la première semaine après le vêlage.

Pour des veaux forts et sains dès le départ, il est important qu'ils aient du colostrum dans les premières heures après la naissance. Les avantages du traitement thermique du colostrum avant de le servir aux veaux et le moment critique pour l'absorption des immunoglobulines par le veau ont été décrits dans l'article intitulé Healthier Calves dans la rubrique Ruminations d'août 2015.

Pourquoi cet intérêt pour le lait de transition? Quelques raisons ont motivé cet objectif. Premièrement, c'est le souhait de développer de meilleurs programmes d'élevage des veaux dans les fermes et de réduire les taux globaux de morbidité et de mortalité. Deuxièmement, c'est pour bien comprendre comment le lait de transition peut avoir un impact positif sur le développement de l'appareil digestif du veau. Troisièmement, c'est qu'il existe un désir de trouver des mesures qui permettraient de réduire l'utilisation des antibiotiques.

La recherche indique que le colostrum aide à activer de nombreux aspects importants du développement de l'estomac du veau, dont la croissance cellulaire, l'augmentation de la surface et, en particulier, la digestion du lactose et l'absorption du glucose.

Les immunoglobulines dans le lait de transition, même si elles ne peuvent pas être absorbées par les veaux au-delà de 24 heures après la naissance, peuvent encore créer des avantages immunitaires contre les agents pathogènes dans l'intestin. L'intestin permet aux grosses molécules d'immunoglobulines d'être absorbées dans les premières heures suivant la naissance, mais il doit rapidement se perméabiliser pour créer une barrière solide contre les agents pathogènes qui pourraient autrement être absorbés.

Récemment, une étude a été menée en Irlande par Muireann Conneely et ses collègues dans laquelle ils ont examiné les effets de servir différents volumes de colostrum et des repas de lait de transition subséquents sur l'état immunitaire et de santé des veaux laitiers.

Quatre-vingt-dix-neuf veaux ont reçu du colostrum dans les deux heures qui ont suivi la naissance. Ils ont d'abord reçu du colostrum selon un des trois taux suivants : 7 %, 8,5 % ou 10 % de leurs poids corporel, puis zéro, deux ou quatre repas supplémentaires de lait de transition.

Le lait entier a été servi aux veaux ne recevant pas de lait de transition, ou lorsque leur quantité assignée de lait de transition fut consommée. Les chercheurs ont équilibré les veaux de l'étude selon la race (Holstein-Friesian, Jersey croisé, Holstein-Friesian x Norwegian Red cross), le sexe et le poids corporel.

La recherche a utilisé des mélanges de colostrum et de lait de transition de vaches fraîchement vêlées et de deuxième traite pour le lait de transition. L'objectif était d'assurer l'uniformité des traitements. Le mélange de colostrum était réfrigéré et un mélange frais a été constitué après la première journée. Le mélange de lait de transition a été utilisé pendant un maximum de deux jours et conservé à température ambiante, qui était en moyenne de 6,9 degrés Celsius. Dans les conditions d'exploitation normales de l'Ontario, vous ne feriez pas cela puisque le lait est un milieu propice pour la prolifération des bactéries. L'état de santé global des veaux était bon, tel que déterminé par les résultats des immunoglobulines dans le sérum sanguin et les observations effectuées par un vétérinaire, lequel a assigné des notes pour l'état de santé du nez, des yeux, des oreilles, la toux et les matières fécales.

Les résultats des taux sériques d'immunoglobuline (IgG) ont indiqué qu'à 24, 48 et 72 heures, le groupe qui avait reçu 8,5 % de leur poids corporel en colostrum avait des valeurs sériques plus élevées que les groupes ayant reçu 7 % et 10 % de colostrum. Il était intéressant de noter que le groupe à 10 % n'était pas le meilleur, mais l'efficacité d'absorption et l'évacuation abomasale peuvent affecter l'absorption de l'immunoglobuline du veau. Les taux sériques d'IgG ont atteint un sommet à 24 heures et ont diminué à 48 et 72 heures pour tous les groupes.

Les mesures d'IgG les plus faibles ont été enregistrées à l'âge de quatre semaines, ce qui correspond à un moment de vulnérabilité qui survient entre la dissipation de l'immunité passive acquise avec le colostrum et la concentration croissante d'anticorps dans le système immunitaire du veau. Le sevrage autour de huit semaines permet d'éviter ce moment où le système immunitaire est fragile.

L'étude a démontré certains avantages à servir du lait de transition. Les veaux auxquels on a servi du lait de transition étaient moins portés à avoir une mauvaise note pour la santé du nez, des yeux et des oreilles. Le système de points utilisé dans cette étude pour évaluer l'état de santé a été développé à l'Université de Wisconsin-Madison.

Au Canada, le professeur Michael Steele, du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Sciences nutritionnelles de l'Université de l'Alberta, a entrepris un projet de recherche sur le développement intestinal avant le sevrage, afin d'approfondir notre compréhension de l'alimentation du lait de transition à des veaux présevrés.

Assurez-vous que la personne chargée de nourrir les veaux sur votre ferme tienne compte de l'importance du lait de transition avant de passer aux programmes d'alimentation de lait entier ou de lait de remplacement.

Article initialement publié en anglais dans la revue Milk Producer.


Auteur : Tom Wright, nutritionniste des bovins laitier/MAAARO
Date de création : 31 mai 2017
Dernière révision : 31 mai 2017

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca