Taux de salaire en vigueur dans les exploitations laitières

La rémunération des employés des exploitations laitières varie grandement. Un sondage récent a permis de constater dans quelle mesure les taux de rémunération moyens ont augmenté au sein de ces entreprises.

Selon un sondage récent, le taux horaire moyen déclaré par les exploitations laitières en Ontario a augmenté de 19 pour cent pour atteindre 14,24 $ au cours des six dernières années. Ce sont les préposés aux soins du bétail qui en ont le plus profité, avec une hausse de 38 pour cent durant cette période, portant leur salaire à 17,33 $ de l'heure.

Ces chiffres proviennent d'un sondage détaillé sur la main-d'œuvre effectué en janvier et février 2010 par les membres du Progressive Dairy Operators de l'Ontario. Au total, 117 exploitations ont répondu au sondage, ce qui représente 20 000 vaches et 675 personnes travaillant sur ces fermes. La taille des troupeaux variait de 40 à plus de 500 vaches, pour une moyenne de 174 vaches par ferme. Dix exploitations situées à l'extérieur de l'Ontario étaient incluses dans le sondage.

Le sondage a permis de recueillir des données sur les heures travaillées et les taux horaires, ainsi que des données sur le rendement de la main-d'œuvre, l'accent ayant été mis, à ce chapitre, sur le temps requis pour la manipulation et la livraison de la moulée. Ces résultats seront publiés dans un prochain numéro de la revue The Milk Producer.

La main-d'œuvre des exploitations ayant répondu au sondage était constituée en moyenne de 5,8 personnes. Ce nombre incluait 2,2 personnes ayant une participation financière dans l'entreprise comme les conjoints, des parents ou des enfants, ou un partenariat entre familles. Cette moyenne incluait aussi une exploitation où le membre de la famille n'était pas propriétaire et qui comptait 2,6 employés indépendants.

En moyenne, les employés non membres de la famille ont travaillé à la même exploitation pendant 4,1 ans. Parmi ces employés, 23 pour cent avaient travaillé à la même ferme pendant au moins 10 ans.

Qui fait quoi?

On a demandé aux participants au sondage de dresser la liste de toutes les tâches effectuées en production laitière par tous les employés, incluant les propriétaires, les membres de la famille et les employés. Étant donné que le sondage a été réalisé durant l'hiver, on a exclu le travail au champ lié aux cultures. D'autres travaux agricoles non reliés à la production laitière ont également été exclus, mais les emplois reliés à l'élevage des génisses étaient inclus.

On a indiqué que bon nombre de femmes faisaient de l'excellent travail dans le cadre de tâches qui demandent un contact étroit avec les animaux. Presque 17 pour cent des employés indépendants sur ces exploitations étaient des femmes.

Les préposés à la traite représentaient 46 pour cent de tous les employés. Environ 27 pour cent des travailleurs dont le titre du poste était " préposé à la traite " étaient des femmes. Hommes ou femmes, les préposés à la traite travaillaient le même nombre d'heures par semaine.

Dans le cas des autres postes, les femmes travaillaient habituellement 10 % moins d'heures par semaine que les hommes.

Afin d'établir une corrélation entre le salaire et les responsabilités, on a demandé aux participants de désigner les employés comme " préposés aux soins du bétail " si ces derniers étaient appelés à prendre des décisions dans le cadre de l'exécution de leurs tâches quotidiennes en matière de gestion du bétail, au besoin. Un " préposé au troupeau " correspondait à celui qui accomplit plusieurs tâches exigeant certaines habiletés, comme la traite, l'alimentation du bétail et les soins de santé. Les employés affectés à une tâche particulière exigeant certaines habiletés étaient désignés comme des "préposés à la traite " , " préposés à l'alimentation " ou "préposés à l'alimentation des veaux " et ceux qui exécutaient seulement des tâches ne demandant pas d'habiletés particulières étaient désignés comme des " travailleurs ".

Taux de rémunération

Bien que le salaire dépende de l'expérience des travailleurs, de leurs responsabilités et d'autres facteurs, le sondage a fourni un portrait valable des taux de rémunération qui sont actuellement versés par les producteurs laitiers de l'Ontario à leurs employés. La plupart des employés sont rémunérés selon une base horaire, bien que les préposés aux soins du bétail sont habituellement rémunérés à la semaine ou au mois et certains préposés à la traite sont payés en fonction du nombre de traites effectuées.

Dans le cadre du sondage, tous les taux de salaire ont été convertis en taux horaire pour les heures travaillées déclarées. Ainsi, les employés indépendants, dans les exploitations laitières, gagnent en moyenne 14,24 $ de l'heure.

Anciennement appelé Large Herd Operators, le groupe des Progressive Dairy Operators a réalisé des sondages semblables en 2004 et en 2007. Le salaire moyen déclaré a augmenté de 19 pour cent entre 2004 et 2010. Au cours de la même période, l'indice des prix à la consommation a augmenté de 12 pour cent.

Le taux horaire et le nombre moyen d'heures travaillées par semaine pour chacune des catégories sont présentés dans le tableau. Afin d'illustrer la variation des salaires, l'écart-type est indiqué à côté de chaque moyenne. L'écart-type signifie que les deux tiers des salaires déclarés se situent à l'intérieur de cette valeur de part et d'autre de la moyenne.

Salaire horaire moyen déclaré des employés indépendants de 117 fermes laitières
Fonction


Salaire horaire

en $

Heures/semaine

Valeur horaire moyenne

des avantages sociaux

Bouvier
$17,33± 2,88
48,2
1,01
Préposé au troupeau
$13,98 ± 2,91
34,5
,53
Préposé à la traite
$14,21 ± 3,15
24,1
,28
Préposé à l'alimentation
$14,55 ± 3,34
35,8
,75
Préposé à l'alimentation des veaux
$12,69 ± 2,82
26,1
,82
Ouvrier
$12,49 ± 3,02
25,7
,32
Tous les employés indépendants
$14,24 ± 3,30
29,9
,47

 

Ainsi, l'écart-type de tous les salaires déclarés était plus ou moins 3,30 $. Étant donné que le salaire moyen était de 14,24 $, les deux tiers des employés gagnaient donc entre 10,94 $ (3,30 $ de moins que la moyenne) et 17,54 $ (3,30 $ de plus que la moyenne) de l'heure.

Le taux de rémunération des préposés à la traite, des préposés aux soins du bétail et des préposés à l'alimentation du bétail a augmenté parallèlement à l'indice des prix à la consommation durant la période de six ans, avec des hausses salariales de 12 à 13 pour cent durant cette période.

Le taux de rémunération versé aux préposés aux soins du bétail a augmenté beaucoup plus rapidement. Le taux a en effet augmenté d'environ 38 pour cent pour atteindre 17,33 $ de l'heure dans le cadre du sondage 2010 comparativement à 12,48 $ de l'heure en 2004.

Le salaire moyen a augmenté de 19 pour cent ... l'indice des prix à la consommation a augmenté de 12 pour cent.

Avantages sociaux

Parmi les employés qui travaillent plus de 30 heures par semaine, 58 pour cent ont déclaré recevoir certains avantages sociaux. Ces derniers sont indiqués de manière distincte dans le tableau et s'ajoutent aux taux de rémunération. Les avantages sociaux ont été convertis en taux horaire aux fins de la présentation des données du sondage.

Vingt-six pour cent des employés ont déclaré avoir reçu de la viande, du lait ou les deux de la part de l'exploitation laitière, pour leur consommation personnelle ou familiale. Le logement était offert par la ferme dans huit pour cent des cas, incluant deux ou trois pour cent des travailleurs pour qui les frais des services publics étaient aussi payés.

Pour huit pour cent des travailleurs, les vêtements ou les bottes de travail étaient fournis ou faisaient l'objet d'une indemnité. Sept pour cent des travailleurs avaient droit à de l'essence pour leur véhicule privé et deux pour cent conduisaient un véhicule appartenant à la ferme. Trois pour cent pouvaient utiliser le matériel agricole à leur usage personnel.

Dix pour cent des employés touchaient une prime annuelle et sept pour cent avaient des vacances rémunérées. Sept exploitations sur les 117 qui ont répondu au sondage offraient une assurance-maladie.

Heures travaillées

Les fermes participant au sondage comptaient beaucoup d'employés à temps partiel. Les employés rémunérés travaillaient en moyenne 29,9 heures par semaine et les deux tiers travaillaient entre 11 et 49 heures. Parallèlement, les propriétaires des exploitations travaillaient en moyenne 47,6 heures par semaine. Ces chiffres excluent le travail additionnel requis durant les périodes de semis et de récolte.

Selon les données recueillies, un exploitant sur quatre travaillait 70 heures ou plus par semaine. Une personne a déclaré travailler 105 heures par semaine. Le travail est peut-être une vertu, mais à ce point, cela peut être nocif à long terme pour la santé et présenter des risques en matière de sécurité.

Cet article est paru dans la chronique « Ruminations » du Milk Producer Magazine, numéro d'août 2010.


Auteur : Brian Lang - spécialiste des systèmes de production laitière/MAAARO
Date de création : Septembre 2010
Dernière révision : Novembre 2010

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