L'élevage de veaux de boucherie croisés peut favoriser la rentabilité de votre ferme et libérer de l'espace dans votre étable

Avez-vous déjà pensé élever des veaux en tant que bœufs laitiers? Une nouvelle fiche d'information du Beef Farmers of Ontario traite des possibilités de produire du bœuf laitier en Ontario. Produire du bœuf laitier consiste à élever des veaux laitiers plus vieux avec un poids supérieur à 1 400 livres, comparativement à la taille d'un veau lourd typique. Ce produit de bœuf peut être très uniforme et de grande qualité.

Pourquoi le moment est-il approprié pour le bœuf laitier en Ontario? D'abord, la production de bœuf est insuffisante dans la province. La diminution de l'offre en Amérique du Nord fait augmenter le prix à la livre. Cette demande mondiale croissante de protéines de haute qualité indique que ces prix devraient continuer leur tendance à la hausse. C'est peut-être le bon moment pour profiter de la valeur ajoutée de votre exploitation laitière tout en contribuant à l'industrie du bœuf.

Une autre raison pour laquelle cela fonctionne est le coût croissant associé à l'élevage des génisses laitières en vue d'en faire des vaches laitières. Selon le style de gestion, le coût pour élever une génisse jusqu'au vêlage peut varier de 2 000 $ à 2 500 $. En général, les producteurs gardent toutes les femelles, c'est-à-dire, environ la moitié des veaux élevés dans une année pour produire les génisses de remplacement. Cela signifie qu'une exploitation laitière de 100 vaches compte en tout temps 100 génisses d'un âge moyen au premier vêlage de deux ans ou plus. Cela exige de l'espace, de la nourriture et du travail pour garder toutes ces génisses dans le troupeau laitier.

Les nouvelles technologies, telles que la semence sexuée et la génomique, permettent d'assurer que les meilleures vaches aient des veaux femelles de taureaux possédant d'excellents caractères génétiques pour le rendement en lait. Il ne sera donc plus nécessaire de garder autant de femelles pour remplacer le troupeau laitier. Certaines vaches moins productives en lait seront disponibles pour fournir des veaux pour le marché du bœuf en pleine expansion.

Si les éleveurs laitiers n'ont besoin que de la moitié de leurs génisses actuelles, ils peuvent éliminer la moitié des coûts nécessaires pour élever des génisses, des économies d'environ 50 000 $ à 60 000 $ pour un troupeau de 100 vaches, et ils peuvent tirer profit des veaux restants élevés pour le secteur de la viande.

Au Canada, les veaux laitiers mâles sont commercialisés en tant que viande de veau. Aux États-Unis, les veaux laitiers atteignent habituellement un poids de carcasse plus important, afin de pouvoir entrer dans le marché traditionnel de la viande bovine.

Veaux laitiers croisés

Un animal laitier croisé vaut-il plus qu'un bovin d'un parc engraissement? La recherche dans différentes parties du monde indique que les veaux laitiers issus d'un croisement avec une race bovine donneraient un poids carcasse quotidien accru de 10 pour cent. Le rapport muscle-os est typiquement indexé de 105 à 108 chez les bovins croisés avec une race laitière comparativement à des vaches Holstein de race pure.

Les individus issus de croisements bovins X laitiers se développent plus vite et comportent une carcasse avec de meilleurs attributs. Y a-t-il des inconvénients à croiser des taureaux de boucherie avec des vaches laitières? Les mêmes études indiquent que les vaches laitières croisées avec des taureaux de boucherie avaient une production de lait légèrement inférieure, ainsi qu'un retour des chaleurs légèrement plus long. La grande partie de ces inconvénients semblerait provenir du fait que les veaux issus de ces croisements seraient plus gros à la naissance.

Les veaux laitiers croisés avaient également consommé plus d'aliments que les bouvillons laitiers de race pure. Cependant, l'indice de consommation des veaux croisés était plus faible en raison de leur taux de croissance plus élevé.

Comment surmonter les impacts négatifs du croisement? En utilisant la génomique et les tests d'ADN, vous êtes en mesure de sélectionner des taureaux qui donneront des veaux plus légers à la naissance et qui grandiront rapidement. Cela aidera à atténuer l'intervalle du retour des chaleurs et la perte en rendement laitier chez les vaches laitières qui ont donné naissance à des veaux de race croisée. La beauté de la génétique Holstein est son incroyable uniformité due à une sélection génétique serrée. Cette uniformité est idéale pour un programme de bœuf de marque.

Pour qu'un système de production de bœuf laitier fonctionne en Ontario, l'industrie laitière devrait utiliser davantage la semence sexuée pour inséminer les vaches qui sont en fin de production en vue de produire les génisses. Les producteurs laitiers doivent changer leur point de vue, en ne gardant des sujets de remplacements laitiers que pour combler les besoins. Une gamme de semences sexuées provenant de taureaux de boucherie dotés d'attributs génétiques qui s'inscrivent dans un bon programme de croisement devrait être favorisée.

Des changements de gestion sont également nécessaires pour relever les défis de l'élevage des veaux laitiers et les veaux de boucherie. Les maladies respiratoires causent des ravages chez les jeunes veaux. Un récent sondage mené auprès des producteurs laitiers de l'Ontario a révélé que moins de la moitié d'entre eux avaient recours à une stratégie de vaccination pour protéger leurs veaux des maladies respiratoires et des diarrhées. De nouveaux vaccins par vaporisation nasale destinés aux veaux nouveau-nés peuvent être efficaces, ainsi qu'une stratégie de vaccination à long terme. Les producteurs doivent travailler avec leur vétérinaire pour concevoir un programme qui correspond à leurs besoins. Le bien-être des bovins laitiers est parfois négligé lorsque des veaux mâles laitiers de faible valeur sont vendus à la ferme. L'industrie peut faire mieux, en coordonnant le mouvement des veaux d'une ferme à l'autre en temps opportun.

Un nouveau système où les veaux d'une semaine seraient déplacés pour laisser la place aux veaux de 500 livres prêts à intégrer un parc d'engraissement traditionnel devrait être mis en place. Il pourrait s'agir de producteurs de veaux actuels qui ont déjà les compétences de gestion pour manutentionner de jeunes veaux. Les producteurs laitiers pourraient garder ces veaux et développer un programme de commercialisation local de produits du congélateur ou un programme de commercialisation de bœuf de marque. Ces animaux pourraient passer du sevrage au pâturage où ils seraient vérifiés avant d'être soumis à une alimentation de finition à haute teneur en grain.

Une autre technologie qui peut être bénéfique à un programme de croisement bœufs X laitiers est le programme qui favorise une forte croissance et qui augmente le rapport muscle-os de la carcasse.

Faites vos recherches

La nouvelle fiche d'information présente des chiffres concrets pour les trois phases de l'élevage du bœuf laitier. En plus de ces chiffres, les producteurs peuvent écrire leurs propres coûts de production sur la copie papier ou télécharger la feuille de calcul Excel du site Web du Beef Farmers of Ontario à www.ontariobeef.com.

Le bœuf laitier peut-il prospérer en Ontario de nos jours? L'industrie laitière peut-elle constituer une source importante d'animaux d'engraissement en Ontario? Dans la province, la taille des cheptels laitiers et de bovins de boucherie est à peu près la même. L'utilisation de nouvelles technologies, comme la semence sexuée et la sélection génomique, permettrait à ce qu'une plus grande part des veaux laitiers produits devienne un secteur à valeur ajoutée de l'industrie de la viande de l'Ontario. Cela pourrait grandement améliorer le revenu de votre ferme.

Article initialement publié en anglais dans la revue « Milk Producer ».


Auteur : Barry Potter - spécialiste de l'élevage/MAAARO
Date de création : octobre 2015
Dernière révision : octobre 2015

Pour plus de renseignements :
Sans frais : 1 877 424-1300
Local : 519 826-4047
Courriel : ag.info.omafra@ontario.ca